‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 2)Chapitre 1 sur 34 · Description des antiques du Musée Royal · texte numérisé non relu

Description des antiques du Musée Royal

Le médaillon en bas - relief , exécuté sur la voûte de l'arcade qui ouvre l'entrée du Musée royal, est un ouvrage de M. Chaudet , et représente le Génie des Arts.

Le sujet du plafond , peint à l'huile par M. Benhélemy , fait allusion à l'origine de la Sculpture , et représente l'homme formé par Prométhée et animé par Minerve.

Les quatre médaillons exécutés en bas-relief ^ sur les pendentifs , ont pour sujet les quatre écoles

o ^ de l'art Statuaire. La France montrant le Milon

du Pujet , l'Italie le Moïse de Michel-Ange , ont ^ été exécutés par M. Lorta : l'Egypte incliquant

<3. la statue colossale de Memnon , et la Grèce l'A-

^ « pollon Pythien , sont des ouvrages de M. Lancre,

s I Deux colonnes de marbre de Caryste , le clii-

0 \ poUin vert des modernes , sont placées aux deux 3 l C(^.tés de la porte , et ont pour amortissement deux

1 j petites statues de Cybèle assise , dont le tympanum 5 ^ et les lions sont les attributs.

1 PROVINCE VAINCUE, buste colossal.

L'air triste et le désordre de la chevelure font retrouver dans ce buste le caractère que les Romains donnaient aux images des provinces conquises*

2 GORDIEN PIE, en habit de guerrier^ demi^

fgure.'

Ce n'est pas un fragment de statue, comme pourraient le faire supposer les bras qu'on ne voit pas ordinairement dans les bustes antiques. Le marbre est fouillé par derrière , comme on le pratiquait dans ce genre d'ouvrages pour les rendre moins lourds.

Ce monument a été trouvé dans les ruines de Gabies , ville très-ancienne du Latium , à quatre lieues de Rome. Il a été publié dans l'ouvrage italien intitulé , Alonumenti Gabijii ( Monumens de Gabies) n.» \\.

Le petit autel qui sert de piédestal à la demifigure , avait été consacré à Isis par Astra^ gains ) gardien de son temple. Sur l'un des côtés on voit représentée la déesse avec ses attributs 5 sur le côté opposé Astragaliis offre sur l'autel d'Isis une colombe.

3 BACCHUS ET ARIADNE, Bas-relief.

Eacclius et son épouse, couronnés de pampres et tenant des tliyrses dans leurs mains, sont portés sur deux chars attelés de centaures. Parmi les figures accessoires exécutées avec un travail

t)ES ANTIQUES. 3

ttès-î-eclierché, on remarque le petit faune monté sur la croupe d'un centaure, et auquel ce monstre ■verse à boire d'une corne ou rhyton. Le médaillon du milieu renferme les bustes de deux Homains dont les cendres reposoient dans ce tombeau. La coiffure de la femme est dans le costume du troisième siècle de l'ère chrétienne,

4 DOMITIEN, buste colossal,

L'Empereur en cuirasse est couronné de laurier. Les portraits de Domitien sont très -rares 5 le sénat ayant j^roscrit sa mémoire et fait abattre ses statues.

^ Ce buste , qui appartenait autrefois à la collection Albanie a été acquis par ordre du Roi.

5 ALEXANDRE SÉVÈRE , buste colossal.

On reconnaît dans ce buste quelques traits do la physionomie du fils de Mammée. La draperie qui couvre sa cuirasse, et qui s'appelait /?a///damentum, est d'un style excellent. Il porte la couronne civique,

6 PRISONNIERS B^BAREs, statues.

On voit , par le costume de ces figures colossales, dont les draperies sont exécutées en- porphyre, qu'elles représentent des Princes barbares qui avaient orné les triomphes de quelque Empereur romain du troisième siècle 5 car le style de Pajt les renvoie à cette époque. Les têtes «t

les mains , de marbre blanc , sont des restaura»* tions exécutées dans le dix-septième siècle.

Dans les piédestaux de ces statues, on voit deux petits bas-reliefs : sur l'un, qui ornait le tombeau d'un fabricant de lits ( clinopêgos) ^ sont représentés plusieurs outils de menuiserie ; on voit sur l'autre un jeune homme avec son chien.

7 LUCIUS VERUS, buste colossal.

La tête de l'Empereur est couverte d'un des pans de la toge , et couronnée d'épis de blé , suivant le costume àes Frères Arv aies dans les rites des sacrifices. On donnait ce nom à une corporation sacerdotale dont on attribuait l'institution à Romulus , et dont les douze membres étaient choisis parmi les premiers personnages de l'état.

8 ANTONIN PIE , buste colossal.

Cet Empereur est dans le même costume que son fils par adoption. ( Voy. le n.o j. )

9 JUPITER SÉRAPIS , tête colossale.

Le paganisme confondait cette divinité tantôt avec le Soleil, tantôt avec Pluton. L'air de la tête est celui de Jupiter 5 le modius ou boisseau qui la surmonte est un symbole des divinités bienfaisantes , et un attribut de Sérapis,

10 TRAJAN, tête colossale.

La couronne , tissue de feuilles de chêne , est celle que l'on nommait couronne civique.

1 1 ESCULAPE , huste colossal.

Le dieu de la médecine est coiffe d'une espèce de turban formé d'une bande d'étoffe qui est roulée autour de sa tête 5 coiffure singulière qu'on voit dans plusieurs images antiques de ce dieu, et dans quelques portraits d'anciens médecins. Les traits , ainsi que la barbe et la clievelure d'Esculape , c[uoique ressemblans à ceux de Jupiter , sont cependant bien éloignés de cette majesté imposante qui distingue le plus puissant des Dieux..

Ce buste , qui semble avoir fait partie d'une statue plus grande que nature , est posé sur un ctppe sépulcral qui porte le nom de Calpurnia Grapté. L'inscription se trouve dans le Trésor de Muratori ^ pag. i65o, n.o 4'

12 PHÈDRE ET HIPPOLYTE, bas-relief.

Ce bas-relief a fait autrefois le devant d'un tombeau. La fable d'Hippolyte y est représentée en deux actes. A gauche , on voit le fils de Thésée rejeter les séductions de Phèdre et de sa nourrice. Le temple cle Diane, sculpté dans \e fond , fait allusion à l'amour d'Hippolyte pour la chasse et à la pureté de ses mœurs. A droite , le même héros est à la chasse du sanglier de Phlius, dont Sénèque le tragique a fait mention.

j. 3 BACCHUS A LONGUE BARBE , huste colossal.

On représentait sous ces formes le conquérant mythologique des Indes.

l4 VASE en forme de cratère , orné de masques, de silènes et de faunes , et d'autres emblèmes bachiques d'une exécution excellente. Il est grayé parmi les phases du Chevalier Piranesi , pi. 24.

L'autel qui le supporte a six faces , trois plus grandes qui sont concaves , et trois plus petites qui alternent avec les premières. Sur l'une des premières on voit un prêtre couronné et en costume grec faire des offrandes sur un petit autel placé au milieu de deux lauriers. C'est probablement un quindccinivlr : on donnait ce nom chez les E.om?.ins à un collège de quinze prêtres qui conservaient les oracles de la Sibylle et étaient attachés au culte d'Apollon. Ils étaient habillés à la grecque. Le trépied de ce dieu, surmonté de son couvercle ( cortina) ^ sur lequel pose un. corbeau, était un des attributs du même sacerdoce. La couronne d'épis de blé est un symbole •de celui des Frères Arvalcs, Ces deux prêtrises étaient probablement réunies dans le même personnage. Ce morceau est remarquable par la finesse et la richesse des sculptures autant que par une parfaite conservation.

' Arcade par laquelle on entre dans la salle des Empereurs.

Le Médaillon sculpté en bas-relief sur la voûte , et représentant le groupe des trois Arts du des-

sin , SOUS la figure allégorique de trois femmes , est un ouvrage de M. Chaudet.

Quatre colonnes ioniques de granit rose oriental sont placées aux deux côtés de Parcade,

j 5 Le SAUROCTONE , statue.

Praxitèle avait exécuté en bronze un Apollon jeune , lançant de près une flèche contre un lézard rampant. Le nom de Sauroctone ou de tueur des lézards qu'on donna , suivant Pline , à la statue , en exprime l'action. Plusieurs imitations de cet ouvrage célèbre sont parvenues jusqu'à nous. Aucune ne surpasse celle-ci dans Pintégrité 5 elle est de marbre de Paros.

La statue du Sauroctone , ainsi qu'un grand nombre d'autres monumens antiques de ce Musée , faisaient partie de la collection de la villa Bor~ ghèse à Rome. Cette immense collection a passe toute entière dans le Musée royal. «^

Le bas - relief encastré dans le piédestal représente une Bacchante jouant des cymbales,

16 Les danseuses , bas-relief.

Cinq jeunes femmes , se tenant par la main , dansent autour d'un temple d'architecture corinthienne. Elles donnent une idée de ces chœurs où le chant des hymnes et la danse s'unissaient pour embellir les fêtes du paganisme.

17 OFFPvANDES, bas-reliçf.

Deux figures de femmes , du même style de sculpture que celles que l'on volt sous le n.» 16 y

sont représentées dans l'action d'orner de guirlandes un autel en forme de candélabre , qui brûle devant \in temple , tandis qu'une troisième y apporte les premiers fruits de la campagne.

Les satyres sculptés sur la base du candélabre, doivent faire conclure que ces offrandes sont consacrées à Eacclius. Ce bas-relief, ainsi que son pendant , a été gravé dans VAdmirajida.

18 GÉNIE DU REPOS ÉTERNEL, statue.

Debout , couronné de fleurs , les bras élevés et .posés sur sa tête , et le dos appuyé contre un pin, ce Génie semble expriijier par son attitude le repos des morts ou le sommeil éternel

Les bas-reliefs des tombeaux offrent souvent des figures semblables 5 mais celle-ci est la seule de ronde bosse qui nous soit parvenue.

Le bas -relief encastré dans le piédestal représente Bacchus.

Page 1