SALLE DU CENTAURE
Les fresques du plafond exécutées par Romanelli représentent des Vertus et leurs Génies ; et comme cet appartement était destiné pour la Reine Anne d'Autriche, le même artiste a peint sur les tympans des héroïnes de l'Histoire Sainte, Esther et Judith.
Cette, salle ayant de nos jours été agrandie , on y a ajouté d'autres peintures. L'Hercule Français , symbole de la force , est un ouvrage de M- Hennequin ^ l'Etude et la Renommée sont de M. Peyron 5 la Victoire et les Génies dçs arts, de M. le Thière. Deux génies , dont l'un tient la couronne de l'immortalité ont été exécutés par M. Guérin 5 deux autres génies dans le compartiment opposé, par IS/l. Prudhon.
Quatre colonnes de granit , hautes de onze pieds, et portant des bustes , sont placées devant les pieds droits qui séparent les différens trumeaux de la salle.
102 PERSONNAGE romain, statue.
Statue d'un personnage romain sans aucun vêtement, à la manière des figuies héroïques. La coiffure, parfaitement semblable à celle des portraits d'Othon , a fait penser qu'on y pourrait bien reconnaître cet Empereur. Cependant la physionomie ne répond pas à celle d'Othon qui nous est connue par ses médailles 5 et d'ailleurs la courte durée de son règne n'a pu suffire pour l'exécution d'un ouvrage si soigné. Il est plus vrajsemblable que cette statue représente un romain qui a vécu à la même époque. Elle e&t d'une grande intégrité , et a été trouvée près de Terracine pendant les travaux entrepris pour le dessèchement des marais Pontins.
On lit dans le piédestal l'inscription sépulcrale ^ Aurélius Anatellon ., affranchi d'un Empereur, publiée par Grutcr., P^g^ 608, n.o 3. Voyez plus haut le ii.f» 98.
103 héroïne, buste.
Cette tête d^un grand style sembje représenter une héroïne en détresse c[ul lève tristement ses regards vers le ciel. L'absence de tout symbole nous laisse dans l'incertitude si c'est Niobé ou Danaé , ou Aiidromaque , ou Déjanîre , ou qiiclqu'autre héroïne de la mythologie, dont Hésiode avait décrit les aventures et les désastres, etPindarc composé les complaintes.
104 ALEXANDRE-LE-GRAND, hermès.
L'inscription grecque gravée au liaut de la gaine , présente le nom à'' Alexaiidre-le- Macédonien f Jils de Philippe. Cet liermès de marbre pentélique (*), dont le temps a corrodé la superficie , est le portrait le plus authentique d'Aiiexandre-le-Grand cjui nous soit parvenu. Le cou est tant soit peu penché vers l'épaule gauche : cette attitude était familière à Alexandre ; ses biographes l'ont remarquée.
Ce monument, trouvé à Tivoli (l'ancien Tihur) en 1779, fut donné au Musée par feu le chevalier Azara, ministre du Roi d'Espagne. Il a été gravé dans V Iconographie grecque .^ pi. Sç.
105 APOLLON, buste.
Cette tête colossale d'Apollon nous présente le fils de Latone avec une coiffure cpie nous retrouvons dans les i'mages les plus anciennes de ce dieu. C'est probablement une imitation antique d'un ouA^'age de cette époque reculée.
106 CENTAUR:^, ^/o///:»e. ♦
Le Génie qui est porté sur la croupe du monstre est iingéniedeBacchus et un emblème de l'ivresse : les feuilles de lierre dont il est couronné le font
('.*) Le marbre Pe|ilélique est ainsi nommé du mont Penteles de l'Altique, où e'taient les carrières qui le fournissaient en abondance. II se reconnaît à certaines couches qui en séfu^rent les masses, et qui ont fuit donner à ce marbre le nom de ChipolUn statuaire., sous lequel il est connu à Rome.
reconnaître. Le petit dieu a vaincu le centaure et lui a attaché les mains sur le dos. La tête et le mouvement du torse rappellent le Laocoon. Cet ouvrage du temps d'Adrien est une répétition antique d'un des centaures sculptés par Aristéas et Papias , natifs à'^Jphrodisias en Carie. Ces artistes ont marcjué leurs noms et leur patrie sur deux centaures d'une plus* petite dimension-, qu'on voit à Rome dans le Musée du Capitole, et cette répétition est due probablement à leur propre ciseau.
107 APOLLON, tête colossale.
La physionomie de convention que . les anciens statuaires ont donnée aux têtes d'Apollon , fait reconnaître le fils de Latone dans cet excellent ouvrage.
108 DIANE, buste colossal.
L'arrangement de la chevelure, cjui se réunit en un seul nœud au sommet de la tête , a été souvent donné par les artistes anciens aux images de la sœur d'Apollon, et contribue à nous la faire reconnaître dans ce Uuste, dont les parties antiques sont d'un très-beau style.
Dans l'embrasure de la croisée est placé le cippe sépulcral de Bœhius Félioc^ , dont l'inscription a été publiée dans le Trésor de G ru ter ^ p. 763, n.o 3. Ce cippe est surmonté par l'urne cinérai/e dQ Lorania Cipare , orné de sculptures. On y voit cette femme du second siècle de l'ère chréûenne
couchée sur sort lit devant une petite table couverte de diffërens mets.
109 MARC-AURÈLE, tête colossale.
Le buste désigné sous ce numéro a toujours fait le pendant de celui de Lucius Vérus, li.» 1 1 1 , et a été trouvé dans la même fouille. L'exécution de cet ouvrage de sculpture est belle, mais toutefois au-dessous de celle du pendant.
110 ÉPICURE ET MÉTRODORE, hermès.
Cet Kermès à deux têtes est le portrait du philosophe de Gargette et de son ami Métrodore de Lampsaque. Les Epicuriens solennisaient, le 20 de chaque mois , la mémoire de ces deux philosophes. Un pareil hermès trouvé à Rome , avec les noms , a fait connaître ces deux portraits.
1 1 1 LUCIUS VÉRUS, tête colossale.
Le Portrait de ce Prince , qui tirait vanité de la noblesse de sa figure , est un chef-d'œuvre de goût et de finesse d'exécution. Il a été découvert, avec plusieurs autres bustes du même Empereur et de Marc-Aurèle c|ui l'avait adopté pour frère , à une lieue de Rome sur la voie Cassienne , dans la ferme à^Acqua Traversa, où Lucius Vérus avait une maison de plaisance.
1 1 2 GEPlMANICUS , statue.
Le neveu de Tibère , c|ue son caractère noble et doux , fit tant regretter des Romains , est représenté dans cette statue : ses médailles nous
le font reconnaître 5 et la statue de l'Empereur Claude son frère , trouvée en même temps , et qui en fait le pendant , met cette découverte hors de doute. Germanicus est représenté presque nu , à la manière héroïque. Les deux statues avaient été élevées dans la Basilique de Gabies , et furent retrouvées en 1792 parmi les ruines de cet édifice. On les voit gravées dans les Monumejiti Gahini, n.os rj ^x 5.
Dans le piédestal du Germanicus on a encastré Tinscription sépulcrale de Calais , affranchi d'Aponus, publiée par 6;»07Z , Miscellanea^sect. VI i
ll3 CLAUDE, statue.
Cette statue, du faible successeur de Caligula, trouvée dans les ruines deGabies en 1792, avec celle de Germanicus son frère , se reconnaît facilement par la comparaison des médailles frappées sous son règne et avec son effigie. Le costume est le même dans les deux statues 5 mais Ikxécution de l'autre a été mieux soignée.
On a encastré dans le piédestal l'inscription sépulcrale à^Ungonius Diâdumenus,
1 14 SEPTIME SÉVÈRE, buste.
L'Empereur est revêtu de la chlamyde impériale , appelée paludamentum,
\ 1 5 ACHILLE , statue.
Le jeune héros, sans aucun vêtement , a la tête couverte d'un casque , et un anneau ou
épispJiyrlon au-dessus de la malléole de la ïambe droite. On. conjecture que cet accessoire a été placé comme une défense sur cette j^artie du corps d'Achille, qui seule, suivant une tradition mythologique , n'était pas invulnérable : d'ailleurs la beauté de la tèt^e et l'air guerrier de la figure , conviennent particulièrement au iils indomptable de Thétisj et on peut croire que cette statue est une imitation antique de l'Achille en bronze d'Alcamène.
1 1 6 LUCÎUS VERUS , huste.
L'Empereur est représenté en habit militaire : la parfaite conservation de ce ifeorceau répond à la beauté de l'exécution.
117 MARC-AURÈLE, huste.
Ce Portrait d'un Empereur philosophe est de la même finesse et de la même conservation que le buste du n.o précédent.
118 BACCHUS en repos, statue.
Le Dieu des vendanges paraît ici debout et sans vêtemens , à l'exception d'une nébride ou peau de chevreuil qui descend en écharpe de son épaule gauche : son front, ceint du diadème dont il fut l'inventeur, est couronné de -lierre. j ses cheveux tombent en boucles sur sa poitrine; il appuie le bras gauche sur un tronc d'orme , autour duquel serpente uiie vigne dont il saisit une grappe , et son bras droit est nonchalamment ployé sur sa tête , attitude consacrée par
les anciens pour e:?fprimer la nlollesse et le repos : l'ensemble de ses formes arrondies, mais vigoureuses , caractérise parfaitement un dieu qui était à-la-fois voluptueux et gtierrier.
Cette statue, de marbre pentélique, et aussi précieuse par l'excellence du travail que par sa conservation, est tirée de la galerie de Versailles. Elle a été gravée par Mellan.