‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 2)Chapitre 18 sur 34 · SIÈGE CONSACRÉ A CÉRÈS · texte numérisé non relu

SIÈGE CONSACRÉ A CÉRÈS

Ce siège est de marbre de I^uni. Les sphinx antiques qui en soutiennent les bras ont été regardés par les anciens comme l'emblème des mystères. C'est de là cju'on a pris l'occasion de restaurer ce siège , en l'ornant des flambeaux , du panier , des serpens et des autres symboles de Cérès p déesse à laquelle on attribuait l'instîuution des mystères à'' Eleusis , les plus révérés des mystères du paganisme.

Il est gravé dans le VII. *^ vol. du Museo Pio Chmentijio p à la planche 45.

DES Aî^TIQUES. 79

201 BÏANE^ Statue.

Le mouvement de cette figure est gracieux. La déesse semble attacher sa clilamyde de chasse. Les répétitions que l'on connaît de cette statue font foi de la célébrité de l'original. On la voit gravée au simple trait dans les NLonumenti Gahini , n.o 3rî.

Le bas-relief encastré au-dessus de la niche est un ouvrage grec du genre des Monumens choragiques. On y voit le Temple consacré à Apollon Pythien dans la ville d'Athènes , où l'on «célébrait les concours des chœurs. Voyez le n.o 124. Des personnages du chœur paraissent sous les attributs d'Apollon , de Diane et de Latone. La Victoire verse une libation pour le sacrifice d'action de grâces , et le trépied , prix de cette victoire , est élevé au sommet d'une colonne près de l'enceinte extérieure du temple.

Au pied de la même niche est placé le cippe sépulcral de Précilia Aphrodite ^ orné de son portrait : sa coiffure annonce la fin du premier siècle de l'ère vulgaire.

202 LE TIBRE , groupe colossal.

La figure principale est demi-couchée : le dieu du fleuve appuie son bras droit sur l'urne auprès de laquelle repose la louve de Mars avec ses nourrissons, les fondateurs de Rome. L'aviron que le Tibre a dans sa. main gauche , est un symbole des rivières navigables : les bas-reliefs qui ornent

8o DESCRIPTION

trois côtés de la plinthe , prise daps le bloc , représentent l'arrivée d'Énée aux bouches du Tibre , la truie avec ses petits , désignée par l'oracle dont parle Virgile , et la navigation de ce fleuve, qui arrosait et approvisionnait la capitale de l'ancien monde.

Ce groupe et celui du Nil qui est au Vatican, furent découverts , à la fin du quinzième siècle , dans l'endroit où était jadis le temple d'Isis et de Sérapis, près de la Via Lata -^ ils faisaient l'ornement de deux fontaines qui embellissaient l'avenue de ce temple. On les voit gravés dans le premier volume du Museo Pio Clementiiio .

La décoration d'architecture dont ce groupe est entouré est composée de plusieurs monumens antiques. Le soubassement qui est derrière le Tibre porte une inscription latine gravée sur un entablement qui surmontait, dans le inunicipe de Gabies , la porte d'un temple consacré à la mémoire de l'Impératrice Domitia , fille de Corbulon, et à l'honneur de ses ancêtres. Cette inscription a été publiée et expliquée dans les Monumenti Gahiiii^ pag. 107. Les quatre statues posées dessus sont du genre des cariatides, et représentent des faunes porteurs 5 sculptures d'ornement exécutées dans un style grandiose.

L'entablement qu'ils supportent est oj'né d'une frise sur laquelle on voit représentés des emblèmes de sacerdoces et de sacrifices. On y distingue Vapex ou bonnet des pontifes , le lituus ou

DES ANTIQUES. 8l

bâton augurai, le goupillon {aspergillum) , la cassolette des parfums (acerra)^ le couteau, le vase des libations, etc. , et deux bucranes.

Le bas-relief en demi-cercle qui forme l'amortissement de cette décoration , représente Esculape et Hygie , divinités de la Médecine et de la Santé , avec deux grands serpens à leurs pieds.

Enfin deux Sphinx égyptiens de dimensions colossales sont placés des deux côtés du groupe principal.

203 JULIA MAMMÉA , statue,

La mère d'Alexandre Sévère est représentée sous le caractère de Vénus Pudique. Cette statue est reniarquable par la beauté des draperies. Les attributs de Cérès qu'elle tient dans la main droite sont modernes.

Le bas-relief encastré au-dessus de la niche représente Méléagre mourant. Auprès de lui sont ses sœurs, et Atalante qui pleure.

Au pied de la même niche est placé le cippe sépulcral d'une Cornelia Eutychia. On y voit sculptée une brebis , emblème de son caractère doux et modeste.

Arcade qui mène à la Salle du Héros combattant.

Quatre colonnes sont élevées près des deux niches , et supportent des bustes antiques : celles qui sont à gauche , hautes d'environ onze pieds , sont d'albâtre oriental fleuri ; les deux autres , à droite, de la même hauteur, sont d'une brèche orientale que les marbriers, à cause de la variété des couleurs , appellent brèche arlequine.

204 ANTINOUS, statue.

Le jeune Bithynien déifié reçoit sur les médailles et les marbres les caractères et les attributs de différentes divinités. Cette statue le représente sous les emblèmes d'Aristée , héros thessalien, mis au rang des demi-dieux, et qui présidait à la culture des oliviers , aii soin des abeilles et des troupeaux. Virgile l'invoque au commencement de ses Géorgiques. Le chapeau, la tunique qui laisse nus l'épaule et le bras du côté droit (brackio exserto) y la houe, et les bottes appelées perones y donnent à cette figure le costume d'un paysan , ou plutôt d'une divinité des champs.

Le sujet du bas-relief placé au-dessus de la niche est fort curieux. On y voit représentée la naissance de Bacchus. La Terre, au sein de

laquelle Jupiter avait confié son fils tiré du flanc de Sémélé, se voit ici personnifiée et couronnée de crénaux : elle remet Penfant qu'elle a conduit a maturité aux deux nymphes que Jupiter lui a destinées pour nourrices. Ce dieu semble tourner la tête vers son fils.

206 MARS VAINQUEUR, statue.

La comparaison d'autres monumens fait reconnaître dans cette statue le dieu Mars : ses joues sont revêtues d'une barbe naissante.

Le bas-relief placé au-dessus de la niche vient de la Grèce. On y voit une procession de supplians, précédée de quelques magistrats, s'acheminer vers une déesse qu'aucun symbole ne distingue. Suivant un usage assez suivi par les sculpteurs grecs , la déesse , les magistrats et le peuple, sont représentés dans des dimensions différentes, suivant la dignité de leur nature et celle de leurs fonctions.

Page 1