‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 3)Chapitre 16 sur 38 · DIANE , statue · texte numérisé non relu

DIANE , statue

Le mouvement de cette figure est gracieux. La déesse semble attacher sa chlamyde de chasse. Les répétitions que l’on connaît de cette statue font foi de la célébrité de l’original. On la voit gravée au simple trait dans les Monumenti Gabini y n.° 32.

Le bas-relief encastré au-dessus de la niche est un ouvrage grec du genre des Monumens choragiques . On y voit le Temple consacré à Apollon Pythien dans la ville d’Athènes 5 où l’on célébrait les concours des chœurs. Voyez le n.° 124. Des personnages du chœur paraissent sous les attributs d’Apollon , de Diane et de Latone. La Victoire verse une libation pour le sacrifice d’action de grâces , et le trépied , prix de cette victoire , est élevé au sommet d’une colonne près de l’enceinte extérieure du temple.

Au pied de la même niche est placé le cippe sépulcral de Précilia Aphrodite y orné de son portrait : sa coiffure annonce la fin du premier siècle de Père vulgaire.

DES antiques. 81

02 LE TIBRE , groupe colossal .

La figure principale est demi-couchée : le dieu du fleuve appuie son bras droit sur l’urne auprès de laquelle repose la louve de Mars avec ses nourrissons, les fondateurs de Rome. L’aviron que le Tibre a dans sa main gauche , est un symbole des rivières navigables : les bas-reliefs qui ornent trois côtés de la plinthe , prise dans le bloc , représentent l’arrivée d’Énée aux bouches du Tibre , la truie avec ses petits , désignée par l’oracle dont parle Virgile y et la navigation de ce fleuve , qui arrosait et approvisionnait la capitale de l’ancien monde.

Ce groupe et celui du Nil qui est au Vatican, furent découverts , à la fin du quinzième siècle , dans l’endroit où était jadis le temple d’Isis et de Sérapis , près de la Via Lata 5 ils faisaient l’ornement de deux fontaines qui embellissaient l’avenue de ce temple. On les voit gravés dans le premier volume du Museo Pio Clementino.

La décoration d’architecture dont ce groupe est entouré est composée de plusieurs monumens antiques. Le soubassement qui est derrière le Tibre porte une inscription latine gravée sur un entablement qui surmontait, dans le municipe de Gabies , la porte d’un temple consacré à la mémoire de l’Impératrice Domitia , fille de Corbulon, et à l’honneur de ses ancêtres. Cette inscription a été publiée et expliquée dans les Mofiumenti Gabini , pag. 107. Les quatre

statues posées dessus sont du genre des caria tides, et représentent des faunes porteurs 5 sculptures d’ornement exécutées dans un style grandiose.

L’entablement qu’ils supportent est orné d’une frise sur laquelle on voit représentés des emblèmes de sacerdoces et de sacrifices. On y distingue l 'apex ou bonnet des pontifes , le lituus ou bâton augurai , le goupillon ( aspergillum) 9 la cassolette des parfums ( acerra ) , le couteau , le vase des libations, etc. , et deux bucranes.

Le bas-relief en demi-cercle qui forme l’amortissement de cette décoration , représente Esculape et Hygie , divinités de la Médecine et de la Santé , avec deux grands serpens à leurs pieds.

Enfin deux Sphinx égyptiens de dimensions colossales sont placés des deux côtés du groupe principal.

2o3 julia mamméa , statue .

La mère d’Alexandre Sévère est représentée sous le caractère de Vénus Pudique. Cette statue est remarquable par la beauté des draperies. Les attributs de Cérès qu’elle tient dans la main droite sont modernes.

Le bas-relief encastré au-dessus de la niche représente Méléagre mourant. Auprès de lui sont ses sœurs, et Atalante qui pleure.

Au pied de la même niche est placé le cippe .sépulcral d’une Cornelia Eutychia . On y voit sculptée une brebis , emblème de son caractère doux et modeste.

Arcade qui mène à la Salle clu IIé?'os combattant .

Quatre colonnes sont élevées près des deux niches , et supportent des bustes antiques : celles qui sont à gauche , hautes d’environ onze pieds , sont d’albâtre oriental fleuri $ les deux autres , à droite, de la même hauteur, sont d’une brèche orientale que les marbriers, à cause de la variété des couleurs , appellent brèche arlequine.

204 ANTINOUS , statue .

Le jeune Bithynien déifié reçoit sur les médailles et les marbres les caractères et les attributs de différentes divinités. Cette statue le représente sous les emblèmes d’Aristée, héros thessalien, mis au rang des demi-dieux, et qui présidait à la culture des oliviers , au soin des abeilles et des troupeaux. Virgile l’invoque au commencement de ses Géorgiques. Le chapeau, la tunique qui laisse nus l’épaule et le bras du côté droit (brachio exserto) , la houe, et les bottes appelées péronés , donnent à cette figure le costume d’un paysan , ou plutôt d’une divinité des champs.

Le sujet du bas-relief placé au-dessus de la niche est fort curieux. On y voit représentée la naissance de Bacchus. La Terre, au sein de laquelle Jupiter avait confié son fils tiré du flanc de Sémélé, se voit ici personnifiée et couronné©

de crénaux : elle remet l’enfant qu’elle a conduit à maturité aux deux nymplies que Jupiter lui a destinées pour nourrices. Ce dieu semble tourner 3a tête vers son fils.

20 5 MARS VAINQUEUR, statue .

La comparaison d’autres monumens fait reconnaître dans cette statue le dieu Mars : ses joues sont revêtues d’une barbe naissante.

Le bas-relief placé au-dessus de la niclie vient de la Grèce. On y voit une procession de supplians, précédée de quelques magistrats, s’acheminer vers une déesse qu’aucun symbole ne distingue. Suivant un usage assez suivi par les sculpteurs grecs , la déesse , les magistrats et le peuple, sont représentés dans des dimensions différentes , suivant la dignité de leur nature et celle de leurs fonctions.

SALLE DU HÉROS COMBATTAIT dit le GLADIATEUR.

20 6 HÉROS, dit le Gladiateur combattant.

Le héros est nu et dans l’action de combattre contre un ennemi qui serait à cheval. De son bras gauche il lève le bouclier pour parer le coup qui le menace , tandis que de sa main droite armée , et étendue en arrière, il va blesser son adversaire de

toute sa force. La pose de cette statue est admirablement calculée pour cette double action 5 et chaque partie des membres , chaque articulation , chaque muscle porte l’empreinte du mouvement et de la vie plus peut-être que dans aucune autre statue qui soit sortie de la main d’un artiste grec. L’auteur de ce chef-d’œuvre est Agasias d’Ephèse : il a gravé son nom sur le tronc qui sert de support à la figure.

Cette statue fut trouvée au commencement du dix-septième siècle* à Antium ( Capo d’Anzo) y où était un palais des Empereurs Romains. L’Apollon du Belvedère avait été découvert plus d’un siècle auparavant dans les mêmes ruines.

Dans le temps où la critique prenait peu de part aux recherches des antiquaires , on a donné à cette statue la dénomination vulgaire de Gladiateur y malgré l’énorme différence qu’on découvre entre le caractère de la figure et le caractère et les accessoires d’un grand nombre d’images certaines de gladiateurs. On la voit gravée dans les Statue di Borna de P. A. Maffei > et dans le second volume de l’ Histoire de l’Art , par Winckelmann, édition de Rome, et ailleurs.

Les bas-reliefs modernes qui ornent le piédestal représentent des exercices de gymnastique.

2 O J MERCURE, statue .

Le Dieu du Commerce est caractérisé par la bourse, attribut qui s’est conservé intact dans la main droite de cette statue. La tête est moderne.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente deux époux qui se donnent la main. Leur costume est grec.

12o8 CUPIDON en Hercule, statue .

Lu Vainqueur des hommes et des dieux paraît ici dans le costume d’Hercule , auquel il a enlevé la massue et la dépouille du lion de Némée.

Le cippe sépulcral d’ Hostilia AttkisyOTnè d’une couronne et d’un aigle , sert de piédestal à la petite statue. L’inscription a été publiée par Keinesius > Synt. Inscript. , cl. xvn, n.° i54-

209 CLODIUS ALBINUS, buste.

Ce buste d’un travail excellent est le portrait de Clodius Albinus , collègue et ensuite ennemi de Sep limé Sévère. U perdit la vie dans une bataille décisive donnée près de Lyon.

Ce buste appartenait à la, collection Albanie et a été acquis par ordre du Roi.

2 1 O ÉLÏUS VÉRUS , statue.

Le César qu’ Adrien avait choisi pour son successeur est représenté ici presque nu , dans ce costume héroïque, dont on a fait souvent usage pour les statues des Empereurs Romains.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente Esculape et Hygie.

211 MARC-AURÈLE, buste.

Cet excellent portrait a été découvert avec

d’autres bustes du même Empereur dans la ferme d 'Acqua Traversa . Voyez le n.° 111.

212 MORT de MÉLÉAGRE , sarcophage ,

Les bas-reliefs qui ornent la façade de ce sarcophage ont pour sujet la mort de Méléagre. A la droite du spectateur on voit le combat de ce chasseur contre ses oncles, les fils de Thestius, pour recouvrer la dépouille du sanglier de Calydon qu’ils lui avaient enlevée : un des Thestiades est déjà blessé à mort. A la gauche, Althée, la mère de Méléagre, pour venger ses frères, fait brûler t le tison auquel les Parques avaient attaché la durée de la vie de son fils. Une d’elles écrit sur un rouleau l’heure fatale de Méléagre. Au milieu le héros près d’expirer est couché sur un lit; ses sœurs , OEnée son père , sa maîtresse Atalante pleurent sa perte prématurée. Des sphinx, gardiens du tombeau , sont sculptés sur les côtés.

213 PERSONNAGES romains dans le costume de

Vénus et de Mars, groupe.

Les antiquaires du dix-séptième siècle , qui aimaient à voir dans les monumens des sujets de l’histoire romaine , prétendaient reconnaître dans ce groupe Coriolan, appaisé par Volumnia sa femme. La coiffure de la femme et la barbe du mari annoncent le siècle des Antonins. Les payens de ce temps , et particulièrement les Romains , conservaient encore l’usage introduit depuis quelques

siècles de se faire représenter sons les formes des divinités.

Le petit bas-relief encastré dans le socle représente la saison de l’Automne , personnifiée en figure de femme demi-couchée , ayant à ses pieds un génie cpui lui présente un panier de fruits.

Au haut de l’enfoncement où le groupe est placé, on voit un bouclier de marbre sculpté en arabesques , et ayant au centre un portrait qui a beaucoup de ressemblance avec ceux de Claudius Drusus. Les portraits qu’on plaçait ainsi étaient nommés imagines clypeatœ,

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