‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 3)Chapitre 20 sur 38 · SALLE DE LA PALLAS · texte numérisé non relu

SALLE DE LA PALLAS

Douze colonnes orientales , ayant onze pieds ou plus de haut , surmontées de bustes antiques , font la décoration de la salle. Les quatre qui sont placées au-dessous des arcades sont d’ordre ionique et de granit rose : les huit autres ? sans chapiteaux , sont de vert antique , que les anciens appelaient marbre de Thessalonique.

, ADORANTE restaurée en Euterpe.

Des artistes grecs avaient exécuté plusieurs statues de femmes dans l’action de prier les dieux , en levant leurs mains vers le ciel; on les désignait par la dénomination d’ Adorantes. La comparaison de quelques figures pareilles doit faire placer celle - ci dans la même catégorie 5 mais ces observations avaient échappé au sculpteur qui a restauré les mains. En lui donnant deux flûtes à tenir y il en a fait la muse Euterpe. Le travail de la draperie est très-remarquable.

Un bas-relief choragique a été encastré dans le piédestal ( Voyez le n.° 124 ) 5 la figure qui accompagne Diane a été restaurée en Bacchus. Winckelmann a publié ce bas-relief , Monum * inedi ti y n.° 23„

23 1 CÉRÊS y statue.

La couronne d’épis fait reconnaître dans cette statue la déesse d’Eleusis.

232 GÉNIE de Bacchus, statue .

L’outre sur laquelle cet enfant s’appuie le caractérise pour un génie de Bacchus. Il décorait probablement une fontaine.

La petite statue est supportée par un cippe richement orné de sculptures ; on y remarque des masques d’Ammon , celui d’une nymphe entre deux cygnes , un groupe d’une Néréide et de trois génies , des aigles et des guirlandes d’un travail exquis. Le cartouche qui devait renfermer l’inscription sépulcrale est resté vide.

233 TRAJAN, buste.

Ce buste nu, d’une belle conservation, est un portrait certain de cet Empereur , qui mérita le titre du meilleur des Princes.

23^ NERVA, buste.

Ce vénérable vieillard qui, en adoptant Trajaa, pourvut au bonheur de l’Empire romain , est représenté nu comme les Augustes déifiés.

Ce buste, qui appartenait à la collection Albanie a été acheté par ordre du Roi.

235 POLYMNIE, statue.

La pose de cette figure qui s’enveloppe dans sa draperie et s’ajipuie sur un rocher , est la même que celle de la muse Polymnie sur plusieurs basreliefs : ses draperies sont traitées avec le goût

et la finesse la plus exquise. Pour faire valoir ce qui restait de la statue antique , on a restauré toute la partie supérieure. C’est un ouvrage de l’artiste romain Augustin Penna .

236 LES MUSES, sarcophage .

Ce sarcophage , d’une parfaite conservation , est décoré de bas-reliefs sur trois faces et sur les bords du couvercle. Le principal de ces basreliefs représente les neuf Muses , et chacune d’elles y paraît caractérisée par ses attributs distinctifs. Calliope , la muse du poëme épique, en compagnie d’Homère , et Erato , la muse de la Philosophie , en conversation avec Socrate , sont les sujets des deux bas-reliefs qui ornent les faces latérales. Des bacchantes , des silènes et des faunes , dans l’ivresse d’un festin , sont sculptés sur le front du couvercle , terminé aux coins par deux grands masques.

Ce tombeau , de marbre pentélique , fut découvert au commencement du siècle dernier , k une lieue de Rome , dans un monument bâti sur le grand chemin d’Ostie , et appartenant à la famille des Atius . Il était placé au Musée du Capitole. ^

237 ATHLÈTE, buste .

La tête de ce buste nu qui est d’un fini parfait , offre cette physionomie idéale que les artistes grecs ont donnée aux statues athlétiques , et par fois à celles dç Mercure.

238 TIBÈRE, buste.

Ce buste nu , et remarquable par le mouvement de la tête , appartenait à la collection Albani . Il a été acheté par ordre du Roi.

239 MINERVE, dite la PALLAS de Velletri,

statue colossale .

La fille de Jupiter est représentée avec la beauté majestueuse qui convient au caractère de la sagesse , au génie des talens et des arts ; rien de plus noble ni de mieux imaginé que l’ample péplum qui , formant une riche draperie autour de ses membres , retombe jusqu’à ses pieds, et dont les plis , artistement variés , sont distribués toutà-fait dans le goût de l’ancienne Ecole grecque* La déesse est coiffée de son casque, armée de son égide , et elle devait avoir une lance à la main 5 mais son air doux et son regard tranquille semblent indiquer que les études et les ornemens de la paix ne lui sont pas moins chers que les combats.

Cet ouvrage, en marbre de Paros, fut trouvé en 1797 à dix lieues de Rome, dans le territoire de Velletri, parmi les débris d’une maison de plaisance romaine.

Le piédestal présente deux figures sculptées en bas-relief et rapportées sur un fond de marbre noir : ce sont des fragmens qu’on a réunis dans le même cadre pour mieux les conserver. Une des deux se fait reconnaître à sa pose pour la Muse Polymnie. Le volume qu’elle tient dans la main

droite a rapport aux ouvrages de mythologie ou de rhétorique.

24° ANTINOUS EN DIVINITÉ ÉGYPTIENNE , buste .

Quoique la coiffure de ce portrait soit propre aux figures égyptiennes, le style est grec, et la physionomie est celle d’Antinoiis, que tant de monumens nous ont rendu familière. Le costume de l’Egypte lui convient très-bien 5 il termina ses jours dans cette contrée, où la ville à? A/itinoopolis perpétua son nom.

24 1 ANTINOUS, buste.

C’est le même portrait que le précédent 5 mais celui - ci est encore plus remarquable par l’excellence du ciseau.

242 JOUEUSE de lyre, statue .

La coiffure de cette femme jouant de la lyre annonce l’époque de Trajan et d’Adrien. La statue est donc le portrait d’une musicienne alors célèbre , dont le nom ne nous est pas parvenu.

243 ACTÉON, sarcophage .

L’histoire mythologique du malheureux fils d’Aristée et d’Autonoé forme quatre compositions distinctes. Trois Nymphes , d’une proportion plus forte que le reste des figures , soutiennent des guirlandes qui encadrent et séparent les deux compositions exécutées sur la face du monument.

On voit à la droite du spectateur Diane qui se baigne à la fontaine de Gargaphie , et le chasseur Thébain qui èn la regardant est changé en cerf. On vo.U ^ la gauche le héros imprudent devenu la proie des ses propres chiens. Actéon, comme sur le théâtre grec , n’a de cerf que le bois.

244 ÉPICURE , buste .

Les succès de la secte épicurienne , à Rome , furent sans doute une des causes de la multiplicité des portraits qui nous restent de ce philosophe.

245 ADRIEN, buste .

Ce buste héroïque d’un Empereur , ami des arts et de la paix, a été trouvé dans les ruines de Gabies. ( Monumenti Gabùii , n.° 29. )

246 NÉMÉSIS, statue .

La déesse de la Justice distributive se dis-* tingue dans ses images par l’attitude caractéristique du bras droit. Il présente la coudée, mesure la plus usitée dans l’antiquité, et prise allégoriquement pour la proportion du mérite et de la récompense. La corne d’abondance désigne dans la main de Némésis les biens que les dieux distribuent aux mortels qui sont l’objet de leur bienveillance.

247 HERCULE ENFANT, statue .

Le fils de Jupiter étrangle les serpens que Junon, sa marâtre 5 avait envoyés vers son betceau.

La petite statue est placée sur le cippe sépulcral à1 Antonius Antéros et de Cassia Mélitène sa sœur; il est orné de têtes de béliers, de griffons , de guirlandes et d’autres sculptures. Le Dauphin , ainsi que la Néréïde de l’autre cippe, n.°232, a rapport au séjour des bienheureux dans les îles de l’Océan. Gruter , qui a publié l’inscription de ce tombeau , page 652 , n.° 7 , la donne avec deux lignes de plus , que Keinesius avait justement regardées comme une imposture.

248 URANIE ou L’ESPÉRANCE , statue.

Le nom d’Uranie donné jusqu’ici à cette statue, n’est guères fondé que sur la couronne étoilée qui orne sa tête , et sur le volume qu’elle tient de la main droite j additions qui ont été faites par Girardon lorsqu’il restaura cette figure. Sa pose et le mouvement qu’elle fait en relevant de la main gauche le pan de sa tunique , pourraient faire conjecturer qu’elle représentait l’Espérance , que les anciens ont constamment figurée dans cette attitude.

Cette statue est tirée de la galerie de Versailles. Le mouvement du bras gauche est assez indiqué par les plis de la draperie qui est traitée avec beaucoup de goût.

Le bas-relief qui orne le piédestal représente Prométhée formant les hommes : Minerve leur donne la vie sous l’emblème d’un papillon.

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249 LA PROVIDENCE , statue .

Cette figure de femme tenant un globe delà main droite a un air plus majestueux et plus sévère qu’il ne conviendrait à une des filles de Mémoire. Des figures pareilles sur les médailles impériales sont désignées par les légendes comme des imagés de la Providence.

Le bas-relief encastré dans le piédestal porte le nom latin de l’ancien artiste Diaduménus . On y voit Jupiter assis qui , s’entretenant avecTliétis , est surpris par Junon.

249 CïPPE d’AMEMPTUS.

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Cet autel sépulcral, richement orné de symboles bachiques , centaures , masques , festons flambeaux, plantes, oiseaux, etc. , d’un excellent travail, a couvert autrefois les cendres d’Amemp-, tus, affranchi de Livie.

Au-dessus du cippe est placé un groupe représentant Bacchus en compagnie de Silène 5 mais cette réunion de deux petites figures antiques est due à un artiste moderne qui a cru par ce moyen en augmenter l’importance.

250 caracalla, bustes .

L’un des bustes est un portrait de cet Empereur dans son costume civil ; l’autre le représente dans son costume militaire.

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