‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 3)Chapitre 27 sur 38 · IO · texte numérisé non relu

IO

264 ISIS , buste.

On distingue la déesse de l’Égypte à sa coiffure distribuée en boucles parallèles. Cet ouvrage de marbre noir antique n’appartient pas aux arts primitifs de cette contrée célèbre ; le style de la sculpture se ressent de l’Ecole grecque.

265 ADORANTE, statue .

Cette figure , exécutée en porphyre avec un art et une finesse qui étonnent , avait , suivant l’usage de la sculpture polychrome , la tête et les extrémités d’une autre matière. On les a restituées en marbre statuaire 5 la tête qu’on a rapportée est antique. La draperie de pourpre indiquée par le porphyre peut faire conjecturer que cetce statue était originairement le portrait d’une Impératrice. Les épouses des Césars aimaient à se faire représenter sous les emblèmes de la Piété. ( Voyez cidessus n.° a3o. )

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente un sacrifice bachique , célébré par un faune et par un silène.

266 LE NIL , buste.

Des épis de blé entrelassés avec des fleurs de lotus et d’autres plantes marécageuses forment la couronne du Fleuve 5 et des dauphins demi-cachés dans sa barbe ondoyante, le caractérisent pour le Nil que ces poissons remontent , et que les anciens avaient l’usage de représenter en sculpture sur des marbres et des pierres de couleur brune. La tête

ic8

qui est seule antique , est en effet d’un granit noir d’Egypte ; mais le style est grec.

267 MELPOMÈNE , statue colossale .

Cette figure de douze pieds , une des plus fortes de toutes celles que les siècles ont respectées , représente la Muse de la Tragédie , vêtue de la même tunique à longues manches, et ceinte de la même ceinture que la Melpomène sculptée sur le basrelief des neuf Muses , n.° 236. Elle a de plus un petit manteau rejeté sur le dos et rattaché à la ceinture d’une manière tout-à-fait pittoresque. Ce manteau portait le nom de chlamyde, et faisait partie du costume théâtral. On est étonné , quand on examine ce colosse , de la grâce que l’habile artiste a su donner à la physionomie de cette fille de Mémoire. Le masque d’Hercule est moderne.

Cette statue avait orné probablement le théâtre de Pompée : elle était restée dans la cour du palais du cardinal Biario > bâti sur les dessins du Bramante, dans l’emplacement de ce théâtre , et devenu ensuite l’hôtel de la Chancellerie apostolique. On l’a gravée dans le deuxième volume du Museo Pio Clementino , et dans le Musée Français.

Le fragment de bas-relief encastré dans le piédestal de la Melpomène , semble avoir appartenu â un arc de triomphe élevé en l’honneur de Trajan. Le barbare qui se bat est entièrement dans le

costume des Daces sculptés sur les bas-reliefs de la colonne Trajane.

Deux sphinx de basalte, dont les plinthes offrent des lignes d’hiéroglyphes, sont placés aux deux côtés de la grande niche.

268 SÉRAPIS , buste .

Les images de ce dieu d’Alexandrie que l’on confondait avec Jupiter et avec Pluton , étaient exécutées en matières de couleurs brunes. Ce buste colossal d’une belle conservation est de marbre noir antique. Le modius ou boisseau est un attribut de Sérapis et un symbole de richesse. Le nom grec de Pluton dérive des richesses que ce dieu souterrein cache dans les entrailles de la terre.

269 ISIS , statue .

Cette figure, du style de l’Ecole grecque, a été exécutée en marbre noir pour les draperies ; la tête , les bras et les bouts des pieds qui étaient perdus , ont été restaurés en marbre statuaire : dans l’antique ces parties étaient probablement de la même matière. Les draperies noires étaient propres à Isis 5 mais ce qui caractérise encore mieux cette déesse , suivant une remarque de Winckelmann , c’est le nœud qui réunit sur la poitrine les bouts du manteau égyptien à franges , appelé calasiris .

L’autel sur lequel on a placé cette statue est consacré à Diane. Maffei a publié l’inscription , Muséum Veronense , page 266. Cet autel , et celui du n.° 271 , découverts probablement en même

lio DESCRIPTION

temps , ornaient autrefois les jardins de Sixte- Quint,

0 NÈGRE statue .

Les esclaves nègres faisaient partie du luxe des Romains , et ont été représentés par les anciens statuaires. On ne peut que louer le sculpteur moderne qui , en restaurant ce fragment précieux d’albâtre fleuri , appartenant à une statue du genre de la sculpture poly chrême ,ena fait par la restauration un nègre richement habillé. Les cheveux bouclés sont imités de ceux d’une statua antique qui était jadis dans les jardins de Sixte- Quint à Rome.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente trois Nymphes.

1 DIEU égyptien , demi-figure .

Le petit serpent qu’on remarque sur la coiffure de cette figure , était en Egypte un symbole des divinités, et fait voir que le sujet de ce beau fragment de basalte noir n’est pas un prêtre, mais un dieu de cette contrée, vraisemblablement Osiris.

Cette demi-figure est placée sur un autel dont les côtés sont ornés de bas - reliefs relatifs à la chasse. L’inscription qu’on lit sur le devant porte que cet autel était consacré aux Forces ( Viribus). Gruter l’a publiée , page 89 , n.° 9.

ISIS NEÏTH , buste.

Cette déesse adorée à Sais , sous le nom de Neïth } était confondue par les Grecs ayec leur

Page 1