SALLE DES CARIATIDES
Cette Salle a été bâtie pendant le règne de Henri II , sur les dessins de Pierre Lescot , architecte, et de Jean Goujon, sculpteur , pour servir de salle des gardes dans le palais du Louvre. Elle s’étend en longueur jusqu’à cent quarante pieds sur quarante-un pieds de largeur. La voûte de cette grande Salle , ornée de sculptures , est soutenue par des colonnes cannelées , d’un ordre composite qui tient du dorique et du corinthien. A l’un des bouts elle est décorée d’une tribune supportée par quatre cariatides de ronde bosse , ouvrage de Jean Goujon , et l’une des plus belles productions de l’art chez les modernes. Le grand bas-relief de bronze en demi-cercle , qui a été placé au-dessus de la tribune, a été exécuté sous François I.er, par Benvenuto Cellini > artiste /florentin 5 il l’avait destiné , comme il le dit lui-même dans sa vie , à l’ornement d’une grande porte dans le château de Fontainebleau. La nymphe de la fontaine y est représentée, la main gauche appuyée sur l’urne qui verse les eaux , et la droite passée sur le cou d’un cerf. Des animaux de chasse et des chiens remplissent le champ du bas-relief , et font allusion à la forêt de Fontainebleau.
Les deux statues de Bacchus et de Cérès , adossées au mur de la cheminée , à l’autre bout
de la salle , sont encore des ouvrages de Jean Goujon.
Outre les statues , les têtes antiques et les autres monumens qui sont placés dans cette salle , et qu’on trouve décrits sous les numéros qui les désignent ^ on y remarque dix colonnes de porphyre de neuf pieds de haut , dont huit supportent des busses antiques, et deux présentent au-dessus de la moitié du fût les bustes des deux Philippes, pris dans le bloc et presque détachés. Ces deux colonnes étaient autrefois à Rome , dans le palais Altœmps.
302 autel TRIANGULAIRE.
Les bas-reliefs des trois pans représentent des vierges lacédémoniennes la tête couronnée de * feuilles de palmiers , et dansant dans les fêtes de Diane Thyréatique.
Le vase de jaspe placé au-dessus est un ouvrage moderne.
303 HIPPOCRATE , kermès.
Le portrait de l’oracle des médecins se reconnaît dans cet hermès par la comparaison d’une médaille unique frappée à Cos en son honneur , et appartenant au cabinet de la bibliothèque du Roi. Voyez V Iconographie grecque , pl. 3s.
304 CUPIDON , statue.
Le jeune dieu est couronné de lierre. Deux carquois sont à ses pieds 5 l’un cache ses flèches inévitables \ l’autre est probablement un trophée
d’Apollon vaincu. La couronne deCupidon , tissu e de feuilles de lierre , est un emblème de ses triomphes sur Bacchus.
3o5 SOCRATE, liennès .
Le Sage d’Athènes , aussi célèbre par sa vertu que par sa fin tragique, se reconnaît dans cet hermès. Les preuves de l’authenticité de oe portrait sont exposées dans V Iconographie grecque ,
pi. 18.
006 HERMAPHRODITE , statue .
Cette figure couchée , dont il existe plusieurs répétitions antiques , est la plus belle de toutes les statues semblables. On est fondé à croire que ce sont des imitations de l’hermaphrodite en bronze, ouvrage célèbre de Polyclès. Cette statue fut découverte au commencement du dix-septième siècle, près des thermes de Dioclétien 5 on la voit gravée dans les Statues de P. A . Maffei } dans le Musée Français , et ailleurs.
Le matelas sur lequel l’hermaphrodite est couché, a été sculpté par le Bernin dans sa jeunesse.
Un vase cinéraire, orné de masques et de feuillages, est placé sur un autel sépulcral de forme cylindrique , resté sans inscription.
307 HOMÈRE , hermès.
Cet hermès, en marbre pentélique, est tiré du Musée du Capitole. Il avait été autrefois employé , en guise de pierre $ dans les murs du jardin du palais
Caëtani} près de Sainte- Marie- Majeure. Quoique le véritable portrait d’Homère ait été regardé comme incertain , même du temps des anciens , on ne peut douter que des têtes pareilles à celle-ci n’aient passé cIiqz les Grecs pour le portrait du prince des poètes. Voyez V Iconographie grecque , pl. 1.
308 CUPIDON dans l’attitude d’un joueur de