‹ Description des antiques du Musée Royal (volume 3)Chapitre 5 sur 38 · VÉNUS GENITRIX · texte numérisé non relu

VÉNUS GENITRIX

Les images de Vénus avec le surnom de Geni trix , que nous voyons gravées sur les médailles impériales , nous présentent cette déesse , regardée par les Romains comme la mère de leurs ancêtres, précisément dans la même attitude que cette belle statue. Elle y paraît habillée d’une tunique transparente qui se détache à peine des contours gracieux de ses membres , et elle a dans sa main la pomme de Paris. On remarque que les oreilles de Vénus sont percées. Les anciens étaient dans l’usage de suspendre des boucles précieuses aux oreilles des statues qui représentaient des déesses. Cette statue , de marbre de Paros , ornait les jardins de Versailles,

L’inscription encastrée dans le piédestal est tirée du cippe sépulcral d’un Mindius Evhodianus .

36 COMMODE, buste.

La physionomie effarée de cet indigne fils de Marc-Aurèle semble annoncer l’égarement d’esprit où ses vices et ses flatteurs l’avaient fait tomber.

Dans l’embrasure de la croisée est placé un bas-relief qui formait autrefois le devant d’un sarcophage. On y voit sculptés des génies, des guirlandes et des masques $ et au milieu , dans un médaillon , le buste d’une femme coiffée suivant la mode du troisième siècle.

3 7 COMBATTANT BLESSÉ, statue .

La pose de cette figure est remarquable : le héros blessé , un genou à terre , ne semble pas encore vaincu.

38 HERCULE jeune , buste .

Le fils d’Alcmène est représenté sans barbe. Le bandeau qui lui ceint la tête est celui que les Grecs ont donné souvent aux images des héros déifiés.

39 ANTINOUS, buste.

La couronne de lierre qui ceint la tête d’Antinoiis lui donne le caractère de Bacchus ou d’Osiris.

40 PLAUTILLE, buste .

Ce portrait certain de la femme de Caracalla est d’une exécution et d’une conservation également parfaites.

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4i BACCHANTE, statue .

Elle est couronnée de pampres et vêtue de deux tuniques sans manches , d’inégale longueur , par-dessus lesquelles est une peau de chèvre ( nebride ) jetée négligemment. Le reste de ses attributs a été ajouté par le restaurateur. L’inscription encastrée dans le piédestal appartenait à un autel qu’un officier romain , Scythe de nation , avait consacré à Jupiter sous la dénomination inconnue et barbare de Jovi Baimarcodi,

4a ÉNÉE, buste.

Ce guerrier , dont la tête est couverte d’un casque, et qui semble tourner vers le ciel ses tristes regards , a été pris pour Diomède blessé , implorant la protection de Minerve 5 mais l’absence de tout indice de blessure et la forme recourbée du sommet du casque qui semble imiter le bonnet phrygien , pourraient faire penser que ce héros est un troyen probablement Enée qui , sur le rivage d’Afrique où l’a jeté la tempête, invoque les secours de la déesse sa mère.

43 DIEU Egyptien, statue d9 albâtre.

Les monumens égyptiens sculptés en albâtre, sont d’une grande rareté. Cette figure assise, d’une très- forte dimension et de travail égyptien , est , par sa matière et par son antiquité , extrêmement précieuse. Le siège est couvert d’hiéroglyphes. Il est à croire que cette statue faisait l’ornement d’un temple d’Orus dans quelque ville de l’Egypte ,

peut - être dans celle que les anciens géographes ont nommée la Ville des Albâtres . On sait que les Egyptiens avaient l’usage de sculpter les images de ce Dieu de la lumière sur des pierres blanches.

Ce morceau , qui appartenait à la collection Albani y a été acheté par ordre du Roi. La moitié supérieure de la figure est une restauration.

Les trois bas-reliefs encastrés dans le piédestal représentent , i .° deux Génies de la lutte 5 2.0 un déménagement de villageois 5 3.° un sujet sépulcral, où l’on voit le Sommeil portant des pavots. Ce bas-relief ornait le tombeau de Claudia Fa bulla : Gruter a publié l’inscription, pag. 865 , n.° 12.

44 VÉNUS DE GNIDE, buste.

La tête antique de la déesse est d’une beauté divine , et elle appartenait à une répétition de la Vénus deGnide, chef-d’œuvre de Praxitèle. Le buste drapé est un ouvrage du dix-septième siècle.

Dans l’embrasure de la croisée est placé un petit autel consacré à Sylvain par Puteolanusy esclave de l’Empereur , et au-dessus de l’autel est posée l’urne cinéraire de Furia Secunda , élégamment ornée de sculptures qui font allusion au voyage des âmes vers les îles Fortunées de l’Océan.

45 EUTERPE , statue .

Cette figure , à laquelle les deux flûtes donnent le caractère de la Muse qui préside aux musi-

ciens , est remarquable par le jet et l’ajustement peu communs des draperies.

L’inscription sépulcrale du piédestal appartenait à Fonteïus Eutychianus. Gruter l’a publiée-, p. 684, n.o 7.

46 BACCHANTE, buste.

L’arrangement de la clievelure fait ressembler la tête de ce buste à celles de quelques statues de Bacchantes qui décoraient la niche du Bacchus dit le Sardanapale.

Dans l’embrasure est placé un bas-relief qui faisait autrefois le devant du sarcophage d’un jeune romain dont le buste est sculpté dans un médaillon supporté par deux Génies. L’enlèvement de Ganymède représenté au-dessous du médaillon , fait allusion à la mort prématurée du personnage. Les deux fleuves personnifiés sont le Scamandre et le Simoïs.

47 MUSE , buste .

Des plumes arrachées aux Sirènes ornent la tête de cette Muse , dont la bouche semble s’ouvrir pour chanter sa victoire.

48 EURIPIDE, statue.

Là table de marbre adossée au siège sur lequel le poète est assis , augmente le prix de ce monument. On y a gravé le catalogue de ses pièces. Ce catalogue , quoique mutilé, intéresse l’histoire de la littérature grecque. La plinthe offre le nom

N Euripide , et on a pu heureusement rétablir d’après d’autres monumens la tête et les symboles de la figure qui étaient perdus.

Cette petite statue, autrefois à la Villa Albani x a été achetée par ordre du Roi. Winckelmann l’a publiée. ( Monum . inediti > n.° 168. )

4 9 PORTRAIT INCONNU DE FEMME, buste .

Aucun renseignement ne nous indique le sujet de ce portrait , désigné autrefois , mais trop légèrement, par le nom de Piautille.

5 0 DÉESSE, buste.

Ce buste, d’un style grandiose, semble avoir été exécuté pour représenter une déesse qu’aucun attribut ne caractérise.

5 1 CAR AC ALLA , buste .

Le regard farouche et le mouvement de la tête vers le côté gauche font ressembler parfaitement ce portrait à celui que nous présentent les médailles de Caracalîa, qui avait la folle ambition de paraître terrible , et voulait imiter Alexandre-le- Grand dans sa manière de porter la tête.

5l SIÈGE DE BAIN.

Ce siège , exécuté en rouge antique et décoré de quelques ornemens en sculpture d’un goût excellent , était destiné pour l’usage des bains , comme on le voit par les cavités pratiquées au milieu de la foulée.

Les trois héros sculptés dans le bas-relief grec

qui orne le piédestal du siège , représentent probablement Achille assis avec Patrocle , son ami , et Automédon qui conduisait son char de guerre.

53 DÉDALE ET PASIPHAÉ , bas-relief.

Le délire de la fille du Soleil , éprise d’un taureau , fait le sujet de cette composition , ainsi que d’un morceau inimitable de la sixième églogue de Virgile. La fable est distribuée en trois actes. On voit à la gauche du spectateur Pasiphaé assise et triste 5 Cupidon est à ses genoux. L’héroïne semble s’entretenir de sa passion fatale avec un des pâtres de Minos son mari. Une vache de bois , mobile sur des roulettes, est construite par Dédale et par ses ouvriers dans le second acte. Dans le troisième , l’amante égarée est conduite par Cupidon , ministre de la colère de Vénus , vers la vache de bois , déjà achevée , dont l’intérieur est accessible par une espèce de marche-pied à plusieurs degrés. Winckelmann a publié le premier ce monument , Monumenti ine diti , n.° 93.

Des fragmens de frises antiques sont placés audessus du bas-relief $ une autre frise , exécutée dans le quinzième siècle , est encastrée au-dessous. Des génies, des guirlandes, un masque de Méduse et des mufles de lions en font l’ornement.

54 VITELLIUS , huste.

Ce portrait este elui du rival d’Othon , et semble annoncer , par ^embonpoint que l’artiste lui a

donné , la vie crapuleuse de ce Prince. Il est encore douteux si ce buste , exécuté d’ailleurs dans une belle et grande manière , n’est pas du à quelque excellent ciseau du seizième siècle.

55 NYMPHE, statue.

Elle est dans l’attitude de s’approcher d’une source pour y puiser de l’eau $ de la main droite elle relève sa tunique pour ne la pas mouiller , tandis que son pied , s’avançant vers l’extrémité du bord , parait s’appuyer sur une boule ; le bras gauche levé soutient l’urne qu’elle s’apprête à remplir.

De pareilles statues existent dans plusieurs collections, et prouvent la célébrité de leur commun original. Il y en avait une dans la villa d’ Este , à Tivoli , qui portait écrit sur la plinthe , le nom de la nymphe Anchirrhoë . La boule est dans celle-ci quelque chose de singulier. On peut croire que cet accessoire n’est qu’une allusion aux jeux des nymphes , que la poésie grecque peint toujours folâtrant sur les bords des rivières et des fontaines.

Cette statue, de marbre de Paros, a été tirée des jardins de Versailles.

L’inscription sépulcrale de Claudius Mono ratus , encastrée dans le piédestal , a été publiée par Fabretli , c. 1 , n.° 264.

56 BACCHUS , statue.

Le Dieu de l’automne demi-couché sur la dépouille d’une panthère, et caractérisé par sa cou-

ronne de pampres et par la corne remplie de raisins qu’il tient dans sa main gauche , semble caresser un enfant, probablement Un de ses génies , s'il ne figure plutôt l’ame de la personne dont le tombeau avait ce groupe pour couronnement.

57 LES NÉRÉIDES , sarcophage .

Les bas-reliefs d’excellente sculpture qui ornent la face de ce sarcophage , représentent un chœur de quatre Néréïdes , portées sur des Tritons et sur des monstres marins , et escortant , à travers les flots de l’Océan , des Génies , symboles des âmes humaines , qui font route vers les îles Fortunées, séjour des bienheureux.

Ce monument est gravé dans P Admirando., dans PA. E. deMontfaucon et dans le Musée Français .

Le sarcophage est posé sur deux supports de porphyre qui ont formé autrefois les pieds de la cuve précieuse placée maintenant à Rome sous le maître-autel de Sainte-Marie-Majeure.

58 JULIE, fille d’Auguste, en Cerès, statue .

La Déesse de l’agriculture, ayant sur la tête une couronne et dans la main un bouquet de ces précieux épis dont elle fit présent au genre humain , est ici représentée couverte d’un ample manteau orné de franges, qui l’enveloppe entièrement. La tête paraît être le portrait de Julie, fille d’Auguste.

L’inscription de Claudia Hedonê , encastrée

dans le piédestal , se fait remarquer par les expressions qui annoncent le désespoir de cette mère malheureuse. Gruter l’a publiée , p. 676 , n.° 1 1 .

MITHRAS , bas-relief.

Ce bas-relief mithriaque est le plus considérable de tous les monumens qui nous restent de ces superstitions venues de l’Orient. L’antre deMithras s’ouvre dans le milieu de la composition : on y voit ce Génie du soleil en habit persan accomplir' le sacrifice mystique du taureau. Suivant l’opinion de plusieurs savans , c’est une allégorie cosmologique : le taureau immolé est le symbole de la lune $ sa blessure , d’où le sang s’écoule , signifie les influences de cette planète 5 le serpent est l’emblème de Sabazius , divinité que le paganisme confondait avecBacclius , et qui était censée présider à ce qu’on appelait l’élément humide. Ce serpent semble vouloir lécher la blessure du taureau. Le chien est le symbole de la canicule , le scorpion de l’automne 5 la chouette , au haut de la grotte , est consacrée à Minerve, divinité dont l’air le plus pur était le domaine. Les deux figures dans le même costume , dont l’une soulève , l’autre renverse un flambeau , sont les génies du Jour et de la Nuit. Au-dessus de l’antre, on voit la terre revêtue de ses productions, et éclairée par le Soleil et la Lune courant sur leurs chars opposés.

Ce monument, que des inscriptions antiques rendent plus remarquable , et qu’on voit gravé

dans plusieurs ouvrages , avait été consacré à Rome dans le chemin souterrain qui ouvrait le passage du Champ de Mars au Forum , à travers la montagne du Capitole.

Au-dessous est placée une inscription qui se lisait autrefois à Gabies sur la façade d’un temple de Venus, élevé l’an 168 de Père vulgaire par un marchand de soieries. Ce marbre a été publié dans les Monumenti Gabini } 147.

60 PUPIEN, buste.

Le collègue de Balbin est représenté dans ce buste d’une manière parfaitement conforme à son effigie empreinte sur les médailles impériales.

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