PIERRES GNOSTIQUES
1116. — Abraxas-Soleil, sous les traits d’Apollon, le fouet à la main, debout dans un quadrige. Autour, les douze signes du zodiaque. Revers : un Éon ailé, nu, debout sur le globe du monde, les bras étendus. Jaspe vert. H. 40 mill. L. 32 mill.
On dé gravées qui portent l'empreinte des
gne souvent sous le nom impropre d'abrazas les
pierres superstitions
gnostiques. Abraxas est le nom du dieu suprême des gnostiques et non pas celui des amulettes ou talismans sur lesquels on le lit souvent. Ce n’est pas ici le lieu d'entrer dans de longs développements sur l’histoire de ces sectes et sur leurs idées. Il suffit de rappeler que les superstitions gnostiques naquirent en Orient presque en même temps que le christianisme, et qu’on y trouve un mélange superstitieux des doctrines chrétiennes et des religions de l'Asie et surtout de l'Égypte et de la Judée.
Les pierres décrites ici sous les n° 1116, 1117, 1118 et 119 para
première, bien qu'il n'y ait pas de légende, on ne peut
ssent émaner de la secte des Basilidiens. Sur la
méconnaître le dieu suprême, Abraxas, divinité essentielle-
ment solaire, dans l'Apollon dirigeant un quadrige qui
arait sur le côté principal. On sait que les sept lettres du nom d’Abraxas, nombre mystique, donnent pour total trois cent soixante-cinq si on les additionne selon leur valeur numérique dans le système grec. Or, trois cent soixante cinq c’est le nombre des jours de l’année solaire
complète; c’est également le nombre des trois cent
ante-cinq Éons créateurs, enfin c'est le nombre qui forme le Plérôme gnostique ou le Dieu suprême.
La seconde pierre porte le nom de Ja, forme gnostique du nom de Jéhovah, et le premier des six génies ou Éons émanés du démiurge Jaldabaoth selon les Basilidiens, et le nom de Sabbaoth, le second de ces six Éons, Sabbaoth est un terme emprunté à l'Écriture sainte ; ce n’est pas le nom de Dieu, mais une épithète dont le sens littéral est qui fait la guerre et qu'on rend par Dieu des armées.
La troisième et la quatrième pierre appartiennent probablement aussi à la secte des Basilidiens. La cinquième pierre, n° 1120, pourrait être attribuée à la secte des Ophites qui tiraient leur nom de l’adoration du serpent,
ophis, car on y trouve la représentation du serpent
agatho-démon sous le nom de Chnouphis emprunté à la mythologie de l'Égy pte. Mais c’est peut-être tout simplement un talisman fabriqué selon la formule de certains médecins pour guérir telles ou telles maladies. (V. le commentaire du n° 1120.) Ces talismans procédaient des idées gnostiques, mais il semblerait qu'ils furent adoptés même
par les gens étrangers au gnosticisme. La Bibliothèque
impériale possède un certain nombre de pierres gnostiques. On peut en lire la description dans le Catalogue des camées, pierres gravées, etc., du Cabinet des médailles,
par M. Chabouillet. Voyez n° 2168 à 2254.
AIT. — Jad sous les traits d’un être monstrueux, à tête
de coq, à corps humain se terminant par deux serpen
il tient le fouet de la main droite et de la gauche une sorte de bouclier rond au milieu duquel on distingue son nom IAQ entre deux lignes de caractères mal formés. En bas, le pentalpha. Au revers, on lit: CABAQGOG ABPACAE,
Jaspe sanguin. H. 20 mill. L. 15 mill. Les noms de Jaô, de Sabaoth et enfin du dieu suprême Abrasax ou Abraxas se lisent clairement sur cette pierre; il ne reste d’incertain que les deux lignes qui encadrent le nom de Jaô. Voyez le commentaire du n° 1116.
1118. — Anubis, debout, nu, sauf la schenti, tenant une longue palme de la main droite, et de la gauche un vase ou sorte de seau. Devant lui, à droite, une étoile. La légende doit donner le nom de ce génie; mais au lieu d'être
écrits en caractères grecs, ce sont des signes connus des
seuls initiés. Revers : deux lignes de troi
signes cabalistiques entre deux étoiles. Sur le rebord de la pierre, on lit le nom du génie Sabaoth. GABAQO. Jaspe jaune. I. 20 mill. L. 15 mill.
La collection du Cabinet des médailles possède une hématite sur laquelle on voit, comme sur la nôtre, Anubis portant une palme. (Voyez n° 2214, Catalogue général des camée etc) AE
ci-dessus le commentaire du
pierres
ne 1116.
gra
sur ses
— Cornaline façonnée en forme de cœur, chargée quatre faces de symboles gnostiques gravés en creux : 1° dans une sorte de cartouche on lit : Abraæas, le
nom révéré des gnostiques écrit ainsi : ABPAXAC, autour
d'un symbole incertain, peut-être le éat des Égyptiens ; 2 dans un autre cartouche dont la forme rappelle le scarabée, on voit Anubis ithyphallique debont, tenant d'une main une palme et de l’autre un objet incertain; 3° dans un cartouche semblable au premier, on lit le nom d’un Éon,
EMAMAPOC, disposé comme celui d'Abraxas autour d'un
symbole semblable, En bas, un sistre. Enfin, dans un quatrième cartouche figure Jaô sous la même forme que sur l'intaille n 1117, avec un fouet à la main droite, et au bras . H. 25 mill.
gauche un bouclier sur lequel on lit : 1A Nn21416:
1120.— Chnouphis, sous la forme du serpent à tête de
lion, radié. Le nom de l’Éon est écrit : XNOYMICG. Revers : Trois serpents ou S traversés par une barre. Autour, légende barbare : ATITANTOPHKT. Jaspe vert en cabochon. H. 20 mill. L.
Le signe
5 mill.
placé au revers de cette pierre est très-fréquent
sur les pierres dites gnostiques; mais il serait possible que
certaines de c
s pierres fussent tout simplement des talismans ou plutôt de véritables remèdes, car on en trouve la
formule dans des livres de médecine. Marcellus Empiric
e Bordeaux, qui écrivait au iv siècle de notre ère, dit,
dans son Traité dés médicaments : « Gravez sur une pierre
« de jaspe (ils
pierre) «et suspendez-la au cou d’un malade souffrant
phrygien imitant l'air, le signe indiqué plus bas »
it d'un signe semblable à celui qu'on voit à notre
« du côté, vous obtiendrez des effets merveilleux. » Voyez de Medicamentis, cap. xxm, p. 169, édition de Bâle, 1536. Du reste, la pierre qui nous occupe était doublement précieuse, car si le revers, grâce aux trois S, devait guérir le
mal du côté, la face sur laquelle paraït Chnouphis avait
la propriété de guérir les maux d’estomac. Le même Marcellus Empiricus nous dit en effet, dans le chapitre xx de l'ouvrage déjà cité, que, pour guérir le mal d'estomac, il faut faire graver sur un jaspe un dragon radié, à sept rais, faire monter en or cette pierre et la porter au cou. (V. le commentaire du n° 1116.)