‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 194 sur 380 · FRAGMENTS DE VASES · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE VASES

des premiers temps du christianisme, décorés de figures et d'inscriptions sur or.

Ce n’est guère que dans les musées de l'Italie qu’on peut

étudier av

fruit les précieux monuments de la classe lacée dans notre catalogue à la fin des monuments de l’antiquité. Rares même à Rome, où la piété érudite de l'Église es a toujours entourés d’une vénération particulière, les fr.

sur or, sont pour ainsi dire inconnus à Paris. On n'en a d'ail-

s de verre chrétièns, à figures de

oments de ve ssinées

eurs jamais trouvé hors des cimetières de Rome, ce quia fait conjecturer, non sans raison, au R. P. Raphaël Garrucei

que cet art fut essentiellement romain, et qu'il naquit, se

erfectionna et mourut dans la capitale du monde chrétien.

Le musée du

Louvre ne possède que trois de ces fragments;

on peut les voir figurés sur les magnifiques planches de

‘ouvrage publié aux frais du gouvernement français, par M. Louis Perret, sous ce titre : Les Catacombes de Rome,

Voyez t. IV, pl. XXXIIL, n° 405, 111 et 112;

ce nombre en est-il un, le n° 111 de M. Perret, qui a été

encore dans

depuis publié comme faux, avec l'assentiment du savant

conservateur des antiques du Louvre, par le R. P. Gar-

rucci, dans le bel ouvrage qu'il a consacré à ce point

intéressant de l'archéologie religieuse. Voyez p. 83 et

n° 6, pl. XL, du curieux livre intitulé : Vetré ornatt di

figure in oro trovati neï cimiteri di Roma, raccolti e spiegati da Raffaele Garrucci, D. C. D. G.

8, fe.

Le musée des Thermes et de l'hôtel de Cluny ne possède

Roma,

pas un seul de ces verr

ornés d’or, et on n’en compte que trois dans la collection du Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque impériale. Ces derniers sont décrits sous es n° 3471, 3472 73, dans le Cataloque des Camées, etc, de la Bibliothèque impériale, par M. Chabouillet; deux de ces précieux monuments, les n° 3471 et 3473, ont été ubliés; voyez les Catacombes de Rome, de M. Louis Perret, . IV, pl. XXVI, n° 44 et 47, et p. 124 du tome VI i contient le texte. Le R. P. Garrucci a publié de nou-

qui

veau cette série, mais complète, dans l'ouvrage cité plus saut, p. 42 et 58, et pl. XIX, n° 2; XXVIII, n° 7, et XXIX, note

La collection de M, Louis Fould possède huit vert

ornati di figure in oro dont deux ont été publiés par le

P. Garrucci; ce sont les n° 1656 et 165

qu'on trouvera décrits dans son ouvrage, p. 57 et 81, pl. XXVIIL, 5, et XXXVIIE, n° 9 & et 9 D. Par une inadvertance fort excu— sable, le R. P. a donné notre n° 1657 comme faisant partie du Cabinet des médailles et antiques. Si je signale cette erreur qui n'a pas d'importance scientifique, c'est qu'en ma qualité de gardien des trésors de l’État, j'ai eu bien des occasions de constater les inconvénients de ces attributions fautives.

Le procédé employé pour fabriquer ces curieux dessins

d'or était fort simple. Philippe Buonarotti l’a décrit dès

l'année 1716 dans ses Osservaziont sopra aleuni fram-

menti di vasi antichi di vetro ornati di figure trovati ne’ cimileri di Roma, et depuis, on s'accorde à convenir qu’il l'avait fort bien compris et expliqué. On dessinait à la pointe sèche le sujet ou l'inscription sur une feuille d'or battu qu’on fixait sur une lame de verre arrondie. Cette lame ainsi préparée était ajustée au fond du vase et recouverte d'une seconde plaque; puis on soumettait le vase à l’action du feu qui soudait le tout. (Voyez aussi la préface du

R. P. Garrucei qui entre à ce sujet dans de curieux dé-

veloppements.) Ce procédé protégeait si bien cette sorte de peinture sur or que les fragments qui arrivent jusqu'à

nous ont conservé la même fraîcheur qu'au moment où

ils ont été déposés dans les cimetières de la primitive É,

titre de l’ouvr

ise. Je dis les fragments, et on a déjà vu ce mot dans le

age de Buonarotti qui a traité l’un des premiers ce sujet intéressant, parce qu’en effet on ne connait pour ainsi dire pas de ces vases entiers, L'un des fragments, conservés dans la collection L, Fould, le n° 1656, est particulièrement intéressant, car ce n'est pas seulement une lame de verre, c'est le fond d'un vase: aussi figure-t-il,

comme je l'ai dit, dans les planches du P. Garrucci. Un vase

entier parait dans les planches de l'ouvrage de M. L. Per-

rel; mais celui-là n’a pas de sujet, il porte seulement une

inse

ription sur les parois de la panse.

Sur les huit monuments dont se compose cette série dans la collection L. Fould, trois sont suspects et paraissent dus à l'œuvre de faussaires d’une époque déjà ancienne. Je ne les exclus pas cependant de ce travail, attendu d'abord que peut-être sont-ils des copies d'originaux perdus, et qu'en suite, la comparaison du travail de ces monuments avec celui de ceux jugés authentiques est fort instructive. Le P. Garrucci semble avoir pensé comme moi à ce sujet,

puisqu'il n’a pas reculé devant la publication de f

agments déclarés faux par lui-même, Je signalerai l'analogie que les dessins du savant jésuite font ressortir entre le travail des 4 et 6 de la

pl. XL et n°3 de la pl. XLI de son ouvrage, et nos n° 1660,

fragments faux qu’on peut voir sous les n°3,

1661 et 1662. Cette analogie peut faire supposer qu'ils

sortent de la même fabrique.

1656. — Fragment de vase à côtes, en verre blanc irisé,

on plutôt opalisé. Au fond, entre deux couches de verre,

on lit en lettres d’or l'inscription suivante :

IVNIO SVPESTI (sec.) TIVITA À Junius Superstes, vie ! H. 37 mill. Diam. 4 cent. C’est le n° 158 du catalogue de la vente de M. le vicomte Beu-

gnot, rédigé par M. le baron de Witte. Comme on l’a dit

plus haut, ce précieux et rare f de vase a été

sur les verres ; pl XXXVII,

n® 9 a et 9 4. Je renvoie pour plus de détails, pour ce

publié par le P. Garrucei dans son ouvrage chrétiens. Voyez Préface, p. vur et p. 8 vase comme pour les suivants, à la brève notice qui précède

cette section du présent catalogue.

1657.— Autre fragment de v.

. Deux époux chrétiens, vus de face à mi-corps. Il ne reste de l'homme que la partie supérieure de la tête ; la figure de la femme est, au contraire, presque entière; elle tient des deux mains un volumen, et est coiffée d’un reticulum, On lit ces vestiges

de l'inscription :

IBA 1?

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