‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 241 sur 380 · LEONE MARCHIO. E · texte numérisé non relu

LEONE MARCHIO. E

FERRARIE, REGII. ET

ENSIS D. MVTIN

ce. r. Ar. Lionel, marquis d'Este, duc de Ferrare, de

Reggio et de Modène..…. Revers : nte

un génie ailé pré à un lion une banderole portant des ordres dont le roi

des animaux semble prendre connaissance. Derrière le

lion, une colonne carrée sur laquelle est sculptée l’erpresa

du duc de Ferrare : un mât avec une voile enflée par le vent. Plus bas, la date MCCCCXLIII. À gauche, un aigle posé sur un rocher. Dans le champ, à droite, la signature de l’auteur de la médaille : opvs. pisant. picrons. Ouvrage de Pisano, peintre. Bronze. Module : 10 cent.

Cette belle médaille a été gravée dans les Famiglie celebri d'Italia, du comte Litta. Malheureusement, je ne

rencontre pas dans ce savant ouvrage l'explication des ini-

tiales Ge. R. ARM. qui indiquent peut-être des seigneuries

de moindre importance que celles énumérées au commen-

cement de la légende. On trouvera aussi cette médaille gravée dans le Z'résor de numismatique, pl. II, n° 3, p. 3 de la première partie des Médailles italiennes. Les ARM. une

explication qui ne nous satisfait pas aujourd’hui. Lionel

e ont donné des lettres GE. R.

auteurs du tex

d’Este, duc de Ferrare, naquit en 1407 et mourut en 1450.

1955. — Cécile de Gonzaga. Buste de profil avec cos-

tume d’une grande simplicité et sans joyaux. Légende : VIRGO.

FILIA. IOHA

CICIL FRANC PRIMI. MARCHIONIS.

Manrve. Cécile, vierge, fille de Jean Françor ; 2)

premier

marquis de Mantoue. Revers : une jeune fille à demi-nue,

ise sur des rochers aup d’une licorne accroupie sur

ant.

la tête de laquelle elle pose la main, Au ciel, le croiss Sur MeccoxLvi, Ouvrage de Pisano, peintre. 1447. Bronze. Diam. 8 cent. 1/2.

une base €

rrée, on lit OPVS. PISANI. PICTORIS.

On sait que la licorne ne se laisse approcher que par

les vierges; le type de ce revers est donc une allusion à

la chasteté de la pieuse princesse à laquelle on a donné la qualification de vierge dans la légende de la face. Le croissant de Diane, la chaste déesse des nuits, est encore une allusion à la pureté de Cécile de Gonzague qui vécut en effet dans la virginité et prit l’habit de saint François dans le monastère de Sainte-Paule fondé par sa mère Paola Malatesta. Elle mourut en 1450 et est célèbre par sa sainteté sous le nom de la bienheureuse Claire. Cécile de Gonzague était fille de Jean François de Gonzague, marquis

de Mantoue.

1956.— Jeanne Albizzi, femme de Laurent Tornabuoni.

Buste de profil de cette jeune femme, la tête nue, portant

un joyau suspendu au cou. Légende : 10ANNA. ALBIZZI. VXOR.

LAVRENTIT DE TORNABONIS. Jeanne Ab femme de Lau-

rent des Tornabuoni.

Revers : Groupe de trois femmes nues, personnifiant les

vertus et les qualités de Jeanne Albizzi, la charité, la

beauté, l'amour conjugal, ainsi désignées par la légende :

GASTITAS. PVLGHRITYDO, AMOR. Bronze. module : 77 mill.

Ce revers est imité du groupe antique des trois Grâces, l'un des plus célèbres monuments de la sculpture antique, que la nudité des figures a fait cacher dans les magasins du musée du Vatican et qui a inspiré tant d'artistes en y comprenant Raphaël lui-même. (Voyez Clarac, Musée de sculpture, pl. DCXXXIT, n° 1427, €. IV, p. 130.) Magni-

fique épreuve d’une médaille e

lèbre qui provient de la vente de feu M.

Préaux, si connu pour la perfection et

la beauté des monuments qu’il admettait dans sa collec-

tion. Cette médaille a été publiée souvent; on la trouve, mais sans son revers, dans la S/oria della seultura de Cicognara, t. I, pl. XLII; dans le Z'résor de numisma-

tige et de glyptique, médailles italiennes, n° partie,

MONUMENTS DE

pl. XLIV, n°2, page 39, et dans les Famiglie celebri d'Italia du comte P. Litta. Jeanne Albi fille de Tho-

mas Albizzi, épousa en 1486 Laurent Tornabuoni, riche

patricien de Florence, dont Ange Politien loue en maints

1957. — Buste de profil d’une femme inconnue, belle,

mais avec des traits accentués. Ses cheveux abondants,

tre:

avec symétrie, sont enroulés dans une longue queue

qui descend sur] les épaules. La légende de la face, vinrvre

endroits le goût pour les lettres et auquel il dédia deux de

ses OUVr:

s. Laurent Tornabuoni fut décapité en 1497 à l'âge de trente-deux ans, comme ayant trempé dans une conspiration dont le but était de donner l'autorité souveraine dans Florence, à Pierre de Médicis, son proche parent. La date de notre médaille doit donc être placée entre les années 1486 et 1497, puisque Jeanne Albizzi n’est pas qua-

lifiée de veuve dans la légende. Elle donna à son mari

No 1056

PYLCRIOR, parait signifier que cette dame, dont la médaille ne révèle pas le nom, était plus belle encore par sa vertu se de ses trai

que par la nobl s. L’énigme proposée par F 8

le revers est encore moins facile à résoudre que celle de la face. On y voit une femme, vêtue d’une robe de religieuse, courbée par les ans, qui s’avance un chapelet à la main, en s'appuyant sur un long bâton. La légende vs. Quel est le sens de cette singulière

est : ETIAM IN DETEI

une fille et deux fils, dont l'un, Léonard, fut évêque d’Ajaccio; on peut voir dans l'ouvrage du comte Litta, cité

plus haut, une médaille du mari de Jeanne Albizzi, due

évidemment à la main habile, mais inconnue, qui a exécuté celle que nous venons de décrire. Au revers on voit Mercure. La représentation du dieu du commerce et de l’éloquence était un emblème fort convenable pour Laurent Tornabuoni qui fut l'associé de ses parents, les

Médi

qui, comme eux, aimait et protégeait les savants et les

, dans leurs grandes opérations commerciales, et

artistes.

No 1957

Revers.

devise? Malgré la différence de costume, on peut reconnaître dans la triste vieille du revers la belle jeune femme de la face; mais comment traduire et expliquer ceci. Faut-il y voir une leçon d'une moralité bien banale, à savoir que les ans ne détruisent pas la beauté de la vertu, et que même dans le pire côté de la carrière humaine efiam in detertus, la personne dont il s’agit sera toujours belle par sa vertu.

Médaille de bronze. Module, 6 cent.

On a donné jadis, dans un catalogue de vente, le nom de Lucrèce Borgia à la femme représentée ici; mais c’est

une erreur évidente que démontre facilement lexamen des portraits et des médailles à légendes explicites de la célèbre duchesse de Ferrare. Après de longues recherches , j'ai renoncé à l'espoir de résoudre ce problème. Tout ce que je puis dire, c'est que cette belle personne a dû faire partie de cette cour d’Urbin, si célèbre dans

les fastes de l'Italie et dont l'éclat fut au plus haut point

à la fin du xv° siècle et au commencement du xvi. Que

lon compare les médailles d'Éléonore de Gonzague

duchesse d'Urbin et d'Émilie Pia de Montefeltro, sa belle-

sœur, publiées dans le 7résor de numismatique, Méd. Ital. W° partie, pl. XXIV, .n* 3 et 4, p. 22,

notre anonyme, et l'on sera frappé non-seulement de

avec

l'analogie de style qui fait penser qu'on doit ces trois

médailles à la

même main, mais de la ressemblance

absolue de la singulière c

iffure qui vient d’être décrite.

Quelque érudit Italien nous révélera peut-être un jour ce nom qui doit être écrit à plusieurs reprises dans le

Cortegiano de Balthasar Castiglione.

1958. — Combat entre un guerrier à pied, coiffé d’un

casque et couvert d’un bouclier, et un cavalier entière

ment nu. Ce médaillon du xv le provient de la décoration de quelque meuble, ou n’est que le revers d’une

Module

médaille*

6 cent.

1959. — Jacoba de Correggio.

Buste de profil d'une jeune femme coiffée d'une résille, et portant au cou deux

chaïnes d’or auxquelles sont suspendus des joyaux. Dans

le champ, une tige de lis. Légende : 1aco8a. corricna.

FORME. AC. MORVM. DomINA. Jacoba de Correggio, dame

de beauté et de vertu.

Revers : l’Amour enchaîné à un arbre; du dicu. Lé

Ces mots doivent être supposés prononcés par

‘are etle carquois

ende

sont placés aupr c DEA MILT

TISTAT.

Amour; celui qui a écrit cette légende doit avoir par

ignorance mal disposé les lettres, au lieu de z#/itatistat,

il faut lire, af militasti. — J'ai cédé, déesse, mais j'ai PM.

combattu. Dans le champ, les lettres Bronze.

Diam. 5 cent.

1960. — Jérôme Cornaro et sa femme. Buste de pro-

fil, la tête nue, avec une barbe frisée, vêtu à l'antique.

Légende : &RoLAMO corneLio — Jérôme Cornaro.

Revers : buste de profil d’une femme. Légende : HELENA sva MoGue. Âélène sa femme. Bronze. Diam. 47 mill. Le personnage dont le nom parait ici latinisé sous la

forme Cornelio doit être un membre de l'illustre fa-

mille Cornaro de Venise. Une généalogie complète de

rens

cette famille pourrait seule fournir quelques

gnements sur sa vie qui fut sans doute obscure. Jérôme

Cornaro doit avoir

vécu au xvl siè Le travail de

cette médaille, qui est d'excellente conservation, accuse le commencement de cette époque si brillante pour les

arts.

LOUIS

FOULD

1961. — Altobello Averoldo. Buste de profil, coiffé

bonnet. Légende

d’un ALTOBE

VS .AVEROLDVS BRIXIENSIS

Page 1