‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 314 sur 380 · La Vierge, tenant le corps de son divin Fils dans · texte numérisé non relu

La Vierge, tenant le corps de son divin Fils dans

ses bras, lève les yeux au ciel avec une admirable expression

e douleur. La Madeleine agenouillée baise les pieds du

Sauveur. Cette Pietà est attribuée à Augustin Carrache. Panneau de bois. H. 18 cent. L. 13 cent. Voy. le pen-

dant n° 2364.

2364.— Le cordon de saint François. Un pécheur, revêtu

du froc de saint François, implore l’entrée du paradis et

montre à saint Pierre qu'il a l'humble ceinture de corde

ui ouvre le ciel aux pécheurs qui la ceignent sur l’habit

des Franciscains. Attribué à Aug. Carrache. Panneau de

bois. H. 18 cent. L. 13 cent. Pendant du n° 2363.

2365 et 2366. — Volets en bois d’un tableau d'église, Sur

l'un sont figurés le donateur et ses cinq fils; sur l’autre, sa

femme avec ses quatre filles. Au revers, les patrons de ces

deux personnages; sur le panneau du mari, saint Philippe,

reconnais

ble à la longue croix qu'il tient à la main; sur le panneau de la femme, saint Martin à cheval, partageant

son manteau avec un pauy

Les donateurs sont peints

de couleurs de l’école flamande. Les aille. H.96 cent. L.

Ces panneaux, remarquables par leur belle exécution et

avec la riche

revers sont en gri 43 cent.

par leur conservation qui est parfaite, accusent nettement le

ècle et la manière de Porbus,

style flamand de la fin du xvr's

auquel on peut les attribuer sans témérité. Plus heureux

cette fois que pour certaines armoiri ssen£ sur

qui par

d'autres objets de la collection et qui m'ont fait compulser

inutilement de volumineux in-folio, j'ai réussi e aux

armoiries qui paraissent ici sur la cotte d'armes du seigneur,

à découvrir les noms des personnages représentés ici. Le

mari se nommait Philippe de Maldeghem; la femme Martine

de Boneem. On peut voir dans la Æandria illustrata, de

Sanderus, t. I“, p. 326, une vue du château de Maldeghem enrichie d'un écusson sur lequel paraît la croix cantonnée

de merlettes qui est répétée sur les cottes d'armes du père

de famille et de ses cinq fils. La maison de Maldeghem était une des plus anciennes et des plus riches de la Flandre;

cependant dès 1631, elle ne possédait plus le château dont

elle portait le nom. D'après Sanderus, ce château avait

en effet, dans le nobiliaire

passé à la maison de Noyelle ;

des Pays-Bas, Philippe de Maldeghem est qualifié seigneur

MONUMENTS DE

la même auto-

de Ley

chot, et non de Maldeghem ; d’après

rité (t. I, p. 531) il fut maitre d'hôtel et gentilhomme de

la chambre de l'électeur de Cologne, fut créé chevalier

le 21 mai 1605 et mourut en 1611. Sa femme, Martine de

Boneem, dame d'Averleghem, mourut en 1607. Nos volets, qu'il est temps de décrire, complètent ces renseignements en nous apprenant qu'elle donna au moins neuf enfants à son mari, puisque nous voyons ici cinq fils et quatre filles agenouillés pieusement derrière le prie-Dieu de leurs parents. Je crois qu'il subsiste des rejetons de cette nombreuse postérité, mais ce qui est certain, c’est qu'en 1685, l'arrièrepetit-f

de Maldeghem, baron et seigneur de Le

de notre Philippe de Maldeghem, Eug.-Ambroise

chot, célèbre gé-

néral de cavalerie au

ice du roi d'Espagne, fut créé comte de Steenuffel par le roi Charles IT, et qu’en 1717

il ÿ avait un comte de Maldeghem conseiller d'État de

Brabant,

Revenons à notre description : Philippe de Maldeghem,

seigneur de Leyschot, chevalier, est représenté revêtu de

son armure ; il porte une cotte à ses armes, d’or à la croix

de gueules, cantonnée de douze merlettes de même mises

en orle. À sa ceinture, sur le flanc droit, est suspendue

une clef dorée de maître d'hôtel et gentilhomme de la cham-

bre. Il est agenouillé devant un prie-Dieu, au pied duquel sont son casque, ses gantelets et son chien; derrière lui,

ses cinq fi

aussi agenouillés, vêtus comme leur père,

sauf qu’ils portent les armoiries de la maison différenciées, le deuxième fils par un lambel, un autre par l’écu des armes maternelles, de Boneem, d’or au chevron de sable ; les autres par diverses brisures. L'aîné seul parait porter

les

Philippe debout, peint en grisaille. Sur le second volet,

armes pleines. Au revers, comme je l'ai dit, paraît saint

on voit Martine de Boneem, agenouillée comme son mari devant un prie-Dieu; elle est vêtue d’une robe noire, par-

dessus laquelle paraït un riche manteau doublé d’hermine

à ses armes et à celles de son mari. A son cou paraît une croix suspendue à une riche chaîne ; sa ceinture est formée ar une autre chaîne d’or à laquelle pend un joyau analogue

à celui conservé dans la collection, sous le n° 1816, et qu'on

eut voir gravé pl. XXIX. A ses pieds, un chien griffon. Ses

quatre filles, agenouillées derrière elle, sont également

arées de ma

nifiques joyaux. Au revers du panneau, le atron de la

me de Leyschot, saint Martin.

Philippe de Maldeghem, maître d'hôtel et gentilhomme de a chambre d'Ernest de Bavière, comte palatin du Rhin, électeur de Cologne et évèque-prince de Liége, avait épousé

Martine de Boneem, i

sue comme lui d’une noble maison du

Franc de Bruges, dont il eut au moins les neuf enfants qui

araissent sur notre panneau. Ce seigneur, qui passa sa vie

dans ses terres, à la cour de l'électeur de Cologne, ou à Bruges, ne fut pas seulement un courtisan, il voulut ajouter

a gloire des lettres à celle des armes qui avait fait, dès

e x siècle, l'illustration de sa famille ; on trouve un

Philippe de Maldeghem fait prisonnier à Bovines avec le

comte de Flandre. Notre Philippe utilisa les loisirs que lui

firent, non pas la paix, mais bien au contraire, comme il l'a dit lui-même, les troubles qui désolèrent la Belgique pendant les dernières années du xiv° siècle, en cultivant les lettres. Il a donné une traduction en vers français de Pétrarque, dont la première édition, conservée à la Biblio-

thèque impériale, est datée de 1600, et a été imprimé Bruxelles chez Rutger Velpius. Le titre est le Petrarque traduit par Philippe de Maldeghem. L'épitre dédicatoire, adres-

en rime françoise avecq ses commentaire

et datée

sée à Maximilien, comte palatin du Rhin, ete

de Bruges, août 1597, est curieuse par le style et les

détails qu’elle fournit sur la vie de ce poëte oublié par

les biographies!, J'en citerai quelques pa « Les

« troubles l'ayant privé, par l’espace de quatorze ans, « de la jouissance du meilleur et principal de son patri- « moine, et ensemble du déduit et de la hantise de la « campagne, deux points dépendant de la conduite et de

« la vie des

entilshommes vivant noblement,.…. pour se

ésoudre de choisir le hasard

« distraire, n'ayant pu « de la guerre, de ce diverti par ma consorte, et un « grand nombre de petit peuple domestique, l’usure du « sacré mariage, » (les neuf enfants du tableau) « il

« est advenu que ses humeurs

tant naturellement qu'ac-

« cidentellement mélancoliques, ont choi

; pour vaincre

réation et exercice de la

« la mortifère tristesse, la réc

« poésie franç , jusques là que d’oser embrasser

« la traduction en rime française des œuvres vulgaires

« du trè

moral, très-honneste et vertueusement amoureux « Pétrarque. »

Dans l’e

cuse du /ranslateur aux poètes français, il nomme ses charges de cour, et, quelque part, il parle de sa charge de maïtre d'hôtel et de la clef dorée que nous lui voyons au côté dans le tableau.

CRAN EN ANT Ser

« Où du prince me fut lors la charge donnée

« De son maitre d'hôtel avec la clef dorée. »

Cette traduction de Pétrarque, dont le style est un peu trop

flamand pour plaire aux oreilles françaises, eut assez de

succès pour être réimprimée à Douai en 1606 (voy. l’an-

cien Catalogue imprimé de la Bibl. imp. de Paris); ce-

pendant, Marsand, qui a publié une Bébliotheca Petra-

chesca, n’a connu ni l'un ni l’autre de cc

ouvrages. Pour

compléter les renseignements que j'ai pu réunir

sur ce

personnage, il me reste à dire qu'il fut inhumé, ainsi que

sa femme, dans l’ég

ise des Frères-Prêcheurs, à Bru

dans la chapelle de Saint-Philippe, son patron, qu'il avait

fondée. Près de l'autel principal, nous apprend la deuxième

1. 11 y avait longtemps que cet article était écrit lorsque parut le £. XXXII de la

biographie publiée par MM. Didot, sous la direction de M. Hoefer. Le dernier article

de ce volume est consacré à Philippe de Maldeghem.

article, exact malgré sa

brièveté, me permet d'ajouter ici la date de la naissance de notre

ntilhomme-poëte.

Il était né | Br

décembre 4

, et avait par conséquent 64 ans lorsqu'il mourut à s, le 24 février, en 4641

LO

édition de Sauderus, tome I, pag. 109 et 110, on voyait

la chapelle de la famille de Maldeghem, où est peint Phi-

lippe de Maldeghem avec sa femme. Ces portraits, signalés

par la Ælandria illustrata, sont probablement ceux-là

mêmes qui ont donné lieu à cet article. L'église des Frères-

Prècheurs n'existe plus.

2367. — Le Cerf forcé, par Wouwermans. « Riche et

age de site montueux : on voit, au milieu, un

te pa reste de ferme à colombier; la base est dégarnie de pierres et de briques, et descend sur le bord d’une rivière formant torrent, et dont les eaux se frayent un passage à tra-

vers les rochers; des voyageurs, accompagnés de dame

observent les effets pittoresques et le mouvement des eaux, tandis que d’intrépides chasseurs, suivis de leurs chiens, poursuivent un cerf et sont prêts de l’atteindre. » (Extrait du Catalogue des tableaux de l'Élysée-Bourbon.) H. 2 m. 8 c. L° 2m. 67.c.

M. Louis Fould avait acquis ce magnifique et important

tableau à la vente de madame la duchesse de Ber

2368. — Intérieur de cabaret, par David Teniers. Quatre personnages ; deux assis, dont l’un bourre sa pipe tandis que l’autre se chauffe; les deux autres sont debout : l’un,

adossé au manteau de la cheminée, fume sa pipe; le

nier s'est éloigné et est tourné discrètement vers le mur. Signature : D. Tenters. f. H. 21 cent. L. 17 cent. La gravure de ce tableau, dont la composition rappelle beaucoup celui si connu sous le nom de l'Æomme à la chemise blanche qui figurait dans la collection de madame la duchesse de Berry, ne se trouve pas dans l’œuvre de Teniers à la

Bibliothèque impériale.

2369. — L'Ouie, par Teniers. Ce tableau, ainsi que le n° 2370, fait partie d’une suite des cinq sens grav Ph. Lebas en 1736

suite faisait partie du beau cabinet de la fameuse comtesse

ée par

de la grandeur de l'original. Cette

de Verrue. À sa vente, en 1737, les cinq tableaux furent vendus 395 livres. (Voyez, Trésor de la curiosité, par

M. Ch. Blanc.) Le sens de l’ouïe est fi

suré par un vieux F. Le T dans le D.

joueur de vielle. Signature D.

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