FAUNE AVEC UN FAUNISQUE
GROUPE EN MARBRE DE PAROS, DÉCOUVERT EN 1782 DANS LES RUINES DE LA VILLA D'HADRIEN, À TIVOLI.
Hauteur du Faune : 4 mètre 24 centimètres; hauteur du Faunisque : 52 centimètres,
Gravé sous deux aspects, pl. IV et V.
869.—Faune adolescent, debout, le corps incliné à gauche avec une grâce nonchalante, la tête légèrement penchée du même côté, les jambes croisées, la gauche sur la droite dans une attitude de repos. Il est nu, sauf la nébride qui couvre l'épaule gauche et le haut du buste. Sous la cou-
ronne de lierre qui ceint le front, on distingue deux petites
cornes. Les cheveux sont courts et frisés. Les oreilles ne
sont pas caprines. L'expression des traits est riante et ma-
du corps tient une grappe de raisins et le pedum ou lago-
euse, La main gauche qui pend négligemment le long
bolon ; la main droite et partie de l’avant-bras droit sont de restauration et ont élé faites en Italie à la fin du siècle
dernier. C'est la seule restauration de ce groupe. La cas-
sure est très-nette ; le fragment antique n’a pas été retrouvé au moment de la découverte. Ce qui reste du bras indique un mouvement en avant, soit pour saisir, soit pour offrir quelque objet. Un tenon de travail antique réunit la partie antique du bras au corps. La tête qui a été trouvé séparée du corps, comme il arrive presque toujours, nous est heu-
reus!
ement parvenue intacte; elle a son nez, circonstance
rarissime. Il a suffi de quelques heures pour la sceller sans la moindre restauration dans sa pose originelle. On a
loyalement laissé paraître les traces légères de la solution
de continuité ; le ciment les dissimule à peine. A la chute
1 Un
opération de ses mains.
sculpteur distingué, M. Mezzara, n'a pas dédaigné de faire celle délicate
des reins, on voit les rudiments de la petite queue qui
caractérise les Satyres et les Faunes; ici, cet appendic est à peine marqué à cause de l'extrême jeunesse du personnage. À côté du Faune, un Faunisque aussi debout, adossé à un tronc d'arbre qui sert de support à la statue. Cette petite figure fait saillie sur le tronc d'arbre, mais y it traitée
adhère presque complétement; bien qu’elle avec la même habileté que la statue, il semble cependant
qu'elle n’a dû naissance qu’à la nécessité de dissimuler le
tronc d'arbre; aussi, quoiqu'il y ait en réalité deux per-
sonnages, la dénomination de groupe, dont on s’est servi
pour désigner ce monument, ne lui convient-elle qu'à
demi. En effet, on ne donne pas le nom de groupe à la
Vénus de Médicis malgré la présence du dauphin et des
deux petits amours placés à ses pieds. Comme le Faune, le Faunisque est armé d’un pedum dont le bout recourbé
pose à terre; il n’a pas de raisins; d’un geste amical,
il semble vouloir étreindre le Faune, mais sa taille, celle
d’un enfant d’environ trois ans, ne lui permet que de glisser
naïvement sa petite main entre les cuisses de son compagnon dont les traits, la taille et les formes n’annoncent pas plus de quatorze ou quinze ans. La base antique n'existe
qu'en partie; le groupe repose sur une plinthe de forme
ovale en marbre blanc, de travail moderne. Mais malgré les
regrets que fait naître la disparition de la base antique
sur laquelle on aurait peut-être trouvé une signature, il ne m'en reste pas moins à signaler la conservation exception-
nelle de ce marbre. L’admiration n’est pas, en effet, le seul
sentiment qu'on éprouve devant le Faune ; il s’y mêle une’
satisfaction mêlée d’étonnement ; on ne peut croire qu’on a sous les yeux un marbre âgé de près de deux mille ans! on pense aux chances de destruction auxquelles il a merveilleusement échappé pendant cette succession de siècles ; on compte les blessures plus ou moins bien guéries de tant
de statues dont s’enorgueillissent les Musées de l'Europe;
on songe à l’état dans lequel on est encore trop heureux de les posséder, et l'on reste confondu en voyant celui dans lequel le Faune est arrivé jusqu'à nous. Le marbre de Paros a conservé le poli antique ; nulle part de vestiges d'érosion; l'épiderme a conservé sa fraicheur primitive. Les traits ont
gardé toute la finesse du sourire qui se joue dans les yeux
etsur les lèvres. Latète est incontestablement celle de la sta-
tue. D’éminents antiquaires, d'habiles et célèbres sculpteurs,
qui, avant qu'on la replaçât, ont étudié avec nous cette ques-
se sont tous
tion qui se pose toujours en pareille occurrence accordés à reconnaitre qu'évidemment cette tête a toujours appartenu au cou qu'elle couronne et auquel elle s'adapte parfaitement. Chacun, d’ailleurs, peut se convaincre facilement de la vérité de cette assertion ; il suffit d’un coup
d'œil pour constater la précision avec laquelle les lignes
musculaires et les ondulations du cou se rejoignent.
D'ailleurs, c'est le même marbre et surtout le même faire.
De là vient qu'on ne ressent pas devant le Faune cette
hésitation qui trouble l'esprit en présence des statues aux
cent pièces de rapport dont on parlait tout à l'heure ; on
admire celle-ci avec pleine sécurité ; on a sous les yeux une œuvre de l'antiquité sans mélange de travail moderne. Le Faune nous apparaît avec toute son élégance première, tel qu’il sortit des mains de son auteur ; ilest intact ; le ciscau et la râpe de l'artiste qui le créa y ont seuls laissé leur empreinte.
Le Faune n’est pas seulement un monument inédit, c’est encore un monument fout nouveau pour les archéologues;
car, bien qu’il ait été retiré des ruines de la villa d'Ha
drien depuis près de quatre-vingts ans, jamais il n’a
été cité dans un ouvrage d'archéologie ou de voyag
Les amis de M. François Duval ont seuls pu le voir dans le salon de cet amateur, à Genève, où il a été conservé dans une sorte d’obseurité pendant un demi-siècle; et comme il n’a été transporté à Paris que depuis quatre années, c’est la publication des deux belles planches de
M. Amédée Varin qui lui fera prendre enfin le rang qui
lui appartient parmi les statues célèbres qui décorent les Musées de l'Europe.
Les journaux de Paris ont annoncé en 1856 l’acqui-
sition du Faune et son arrivée à Par avec des
détails inexacts. Aussi peut-on dire que jusqu'à ce jour la
seule mention imprimée que l'on connaisse de cette statue
se trouve dans un article du Journal de Genève du 18 no-
vembre {1 M. F. Duval, exprimait de vifs
à la ville de Genève; l'écrivain s’étendait particuliè
, qui, en annonçant la vente de la collection de
regrets de la voir enlevée
ement sur le Faune au repos, « ce chef-d'œuvre de l’art grec, d’une conservation parfaite. » Ces regrets étaient
légitimes, car la ville de Genève est loin d'être riche en
monuments de celte importance. Le Faune ne vint pas seul à Paris; il y arriva escorté de dix autres antiques de marbre et d’une figure de bronze qui décoraient le salon de l’hôtel de la place Saint-Antoine, et que les héritiers de M. F. Duval cédèrent en même temps à M. Louis Fould1.
Joaillier de l’empereur et de la cour de Russie, estimé des plus grands seigneurs qui appréciaient ses talents et
sa probité, M. Duval, qui aimait les arts avec une véritable
passion, avait profité de ses relations pour former, pendant
son séjour à Saint-Pétersbourg, une belle collection de
camées et de pierres gravées, et surtout sa série de marbres
antiques. Le Faune, le principal de ses trésors, lui avait été cédé en 1806 par Jean-Tobie Sergell, le célèbre sculpteur suédois. M. Duval avait un tel amour pour cette statue qu’il en refusa 5,000 ducats de Hollande, environ 60,000 francs, que lui en offrit presque aussitôt le marquis de Douglas,
depuis duc d'Hamillon. Quelque temps apr
le prince royal de Bavière (le roi Louis, père du roi régnant) lui en offrit à peu près la même somme sans pouvoir le décider à s'en dessaisir, On renonça donc à chercher à la lui enle-
ver, et ce n’est en effet que plusieurs années après sa mort
1 Ces douze objets, acquis moyennant une somme considérable, portent dans notre 70, 871, 872, 873, 876, 878, 879, 880, 882 et 1215.
catalogue les n°* 868, 8
que le Faune sortit de son cabinet, comme on vient de le dire, pour entrer dans celui de M. Louis Fould.
On croyait dans la famille de M. David, d’après des souvenirs un peu confus, que le Faune avait été trouvé à la villa Adriana en 1784, en même temps et à côté de l’£ndymion du Musée de Stockholm, dans une fouille faite pour le compte du roi de Suède, Gustave IT, et en présence de
ce prince et de Sergell. Selon ces souvenirs, le roi aurait
accordé au sculpteur la permission d'acquérir le Faune
ertions
pour lui-même. Le faux se mêle au vrai dans ces as
qui tournent à la légende.
I1 était facile de voir que les choses n'avaient pu se
passer ainsi. Premièrement, n'est-il pas évident, que si la fouille avait été faite pour le compte de Gustave II, le roi n'aurait pas eu à permettre à son protégé d'acquérir le Faune; s’il avait voulu en gratifier Sergell, il le lui aurait donné purement et simplement; car est-il saupposable que le prince ait pu songer à vendre cette statue à l'artiste? Secondement, Sergell ne put assister à la découverte du Faune; il n’était plus à Rome à l’époque de la découverte, ayant quitté l'Italie dès l'année 1779?, Enfin, j'ai acquis la preuve que le Faune fut découvert deux ans eul et
avant l'Endymion, qui fut positivement trouvé qui devint le joyau du Musée de Stockholm, non pas parce que le roi Gustave IIT l'aurait vu sortir des ruines sous ses yeux, mais plus prosaïquement au moyen de
2,000 ducats que le prince fit compter aux propriétaires de
cette statue?. C'est le célèbre graveur F. Piranesi, alors
véritable chargé d’affaires du roi de Suède à Rome, qui
ion, laquelle ne se ter-
négocia celte importante acquis On connaît d'ail-
mina pas sans de grandes difficultés leurs tous les détails de la découverte de l'Endymion; cette statue a été publiée, au lendemain de la fouille, par Guattani de
qu’elle appartint au roi de Suède. L'Endymion n'es
s ses Monumenti antichi inediti, et avant
t signalé,
par Guattani, comme faisant partie du Musée de Suède que
dans la table des matières de son précieux Recueil, imprimée à la fin de l’année 1784. Si l’on avait trouvé le Faune
en même temps que l'Endymion, et si cette découverte avait
magne, Danemar l À. M. M.de Fortia lin.
publié à Paris en 1796 en ol. in-8°, est attribué au comte A. 1
go fut le chevalier de Bois
de Piles, dont le compagnon de y
$ On lit dans une lettre de F. Piranesi au roi de Suède, datéo de Rome, 25 novembre 4784 : « Rien de nouveau sur l'Endymion; il reste encore chez ses « maîtres sans qu'ils veuillent en rabaisser le prix. » La négociation était alors sur
le point d'aboutir, puisque, comme on le verra plus loin, à la fin de l'année 1784, l'Endymion appartenait au roi de Suède. On doit là connaissance de cette lettre de Piranesi, ainsi que celle de bien d'autres documents du plus grand intérêt pour , Me
seur à la Faculté des lettres de Bordeaux. On la trouvera avec d'autres lettres du
l'histoire, les arts et la littérature, à un écrivain di . Geoffroy, profesmême artiste dans la cinquième partie du Rapport adressé au ministre de l'instruc-
tion publique par M. A. Geoffroy, à son retour d'une mission scientifique en Suède.
Voyez, Archives des missions scientifiques et littéraires, elc., t. V, vinf et
1x° cahiers, p. 441. Paris. Imprimerie impériale.
été faite sous les yeux de Gustave III, Guattani, qui écrivait à Rome et au moment même, n'aurait pas manqué
de signaler des circonstances aussi remarquables. On peut
joute
» que ni M. le comte de Clarac, qui a publié l'Endy-
mion et en signale les restaurations !, ni Fredenheim, dans
sa publication du Musée de Suède?, ne disent un mot du Faune, ue Le terrain déblayé des erreurs qu'une confusion de sou-
venirs à
t fait naître, il reste à retrouver l’acte de nais-
sance du Faune. Je ne pouvais le rencontrer qu'à Rome ;
là en effet que je me suis adressé, et grâce à la par-
faite obligeance de M. le commandeur Pietro Ercole Visconti,
commissaire des antiquités de Rome, qui a bien voulu me donner à ce sujet les plus précieux renseignements, je puis dire que si les héritiers de M. David ne se trompaient pas en plaçant à la villa Adriana la découverte du Faune, ils erraient en en plaçant la date à l'année 1784, comme en supposant que cette statue avait été trouvée sous les yeux du roi Gustave IT en même temps que l'Endymion.
Il résulte de deux lettres de M. V nt daté
de la même année, qu'un groupe de deux Faunes d
sconti, que je conserve
etquis
, l'une du 3 juin 1859, l’autre du 19 juillet
gnés
ainsi : l’uno giovine, l'altro fanciullo, fut trouvé en 1782
à la villa Adriana, « dans une fouille faite par le comte
« J.-B. Centini, du consentement et avec participation du
« comte J
seph Fede, à qui la villa appartenait en fidéi- « commis. » Ces faits sont mentionnés dans le Registre du
ait tenir sous sa sur-
commissariat des antiquités que fais veillance Jean-Baptiste Visconti, l’aïeul de M. Visconti et
le père d'Ennio Quirino Visconti, conservateur des antiques du Louvre.
Suivant une estimation ajoutée à la mention du groupe,
il fut évalué alors à 1000 piastres : « Cest un bien grand
onti, et
« prix pour le temps, ajoute M. le commandeur V « qui prouve du mérite de ce morceau déjà reconnu. Le « Faune en rosso antico, maintenant au Vatican, quoique « également précieux pour la matière et pour le prix, ou pour t 6
brève que soit la dési
« mieux dire tout unique qu'il est, n » Si
registre des fouilles, tout le monde y reconnaïitra notre
valué par Bracci
« que 7,000 piastr aation du
Faune comme M. le commandeur Visconti; car quelle
autre statue antique trouvée à la villa Adriana à la fin
du xvun* siècle pourrait-on citer qui répondit aussi é demment à ces mots fanciullo ?
nificatifs, l’uno giovine, l’altro
1 Musée de sculpture, t. IN, p. 88, pl. 586, n° 1250.
2 Voyez l'ouvr
: Ex Museo Regis Sueciæ antiquarum e marmore Slatuarum Apollinis Musagelæ Minerve paciferæ ac novem Musarum series integre, post Valicanam unica, cum «lis selectis pri Adeurante G. F. F. MDGCXCIV.
Ce recueil, pour ainsi dire sans texte, puisqu'il n'y a en {out que deux pages
@ artis monumentis. —
d'explications pour les 47 planches qu'il renferme, est dù à Fredenheim ; il est si peu connu en France que le comte de Clara, dans son Musée de sculpture, a ci
é l'Endymion, non pas d'après Fredenheim, mais seulement d'après les Monu-
menti antichi inediti de Guattani.
Suède.
de
ndymion est gravé pl. XIII dans le 14
Comment le Faune est-il venu entre les mains de Sergell? C'est ce que je n’ai pu découvrir, et ce qui d'ailleurs importe peu. I suflit de constater en terminant que, dès le moment de sa découverte, ce morceau fut considéré comme un monument de premier ordre, qu'il a été découvert en cette mine inépuisable qui a fourni tant de trésors aux Musée autres merveilles, le fameux Faune en rouge antique, cité
et qu'il provient des ruines de la villa d'Hadrien,
du Vatican et du Capitole, et d’où sortent, entre
ans la lettre de M. le commandeur Visconti, les Certaures
et l'Antinoüs du Capitole, et, dit-on, la Vérus de Médicis elle-même. C'est là une noble origine que je suis heureux de pouvoir établir avec la certitude que lui donne l'attestation d'un savant aussi particulièrement compétent sur
aire des
l'histoire des découvertes que le célèbre commis
ntiquités de Rome, qui porte si dignement un nom tant
de fois illustré dans les sciences et les arts. Il s'agit maintenant de déterminer l’époque à laquelle
oit ètre attribuée cette statue. On sait les débats soulevés
>armi les archéologues et les artistes à propos de la plu-
art des plus célèbres statues de l'Europe. Rarement, ces
récieux vestiges d'antiquité arrivent jusqu'à nous dans
des circonstances qui permettent de fixer formellement
eur date. Les pas s des écrits des anciens qui paraissent
s'appliquer à tel ou tel monument sont rarement assez
explicites pour qu'une critique consciencieuse puisse s'en
erminer une date ou une école; aussi est-on
servir pour dé
resque toujours réduit, comme ici même, chercher
es éléments de son jugement en pareille matière uniquement dans la comparaison avec quelques morceaux à date certaine qui servent de criterium. Pour ne citer qu'un
exemple, à quelle époque doit-on rapporter les célèbres
Faunes en marbre du Vatican !, qu'on prétend être tous deux )
des copies antiques du Satyre de bronze de Praxitèle?
Faunes soient des
Comment peut-on prouver que ces reproductions de ce Satyre qui avait paru si parfait à la Grèce enchantée qu'on lui avait donné le surnom de Periboetos, le fameux, et qu'on le désignait habituellement Nous
sas de description ; Pline se contente de citer
par cette épithète qu'il garde par excellence n'en possédons ce Satyre parmi les statues de bronze de Praxitèle, 20b1lemque una Satyrum, quem Greæci Periboelem coynomi-
nant$. Pausanias qui a aussi parlé de ce Satyre ne l’a pas
non plus décrit : il se contente de dire qu'on le voyait 1 Le plus célèbre est décrit dans le tome III du Museum Capitolinum, n° 32
2 C'est l'opinion d'Ennio Q. Visconti, qui l'a émise dans le Musée Pio-Clémentin n° 50. Je ne la combats point ; je veux seulement dire que c’est plutôt une conviction personnelle de l'illustre antiquaire qu'une démonstration, car il ny à pas de textes à l'appui
S list. nat., lb. xsxIV, cap. 19, $ 10. D'après les mots de Pline, si le texte est correct, le Périboëte aurait fait partie d'un groupe ; mais les expressions de Pausanias et d'Athenée prouvent que Pline s'est trompé ou que nous ne possédons qu'une mauvaise
leçon de ce passage. De quelles incertitudes sont entravées de pareilles attributions
et combien il y faut apporter de circonspoction et de réserve!
{tique, cap. xx
dans la rue des Trépieds à Athènes; il raconte à ce sujet, la célèbre anecdote mentionnée également par Athénée! qui nous apprend qne ce Satyre et un Amour éfaient de
toutes œuvres celles que Praxitèle plaçait au premier
rang dans sa tendresse d'auteur, mais il ne nous donne pas la moindre indication qui puisse nous aider à deviner la pose ou le mouvement du Périboète. Comment donc dire avec quelque certitude d'un Satyre ou d'un Faune, quelque parfaits qu’ils nous paraissent, voilà des copies du Périboète
assez bien le style de ce grand maitre pour ne pas risquer
de Praxitèle? On serait certain de connaître d’errer en lui attribuant une statue, qu’il resterait encore une difficulté à la déclarer une reproduction du Periboetos, car nous savons positivement que Praxitèle n’a pas fait qu'un Satyre. Pausanias? en nomme un second qui était en marbre de Paros et qu'on admirait à Mégare, J
le peu de certitude de cette attribution d'Ennio Quirino
dans le temple de Bacchus Patroüs. Si j'ai cherché à prouver Visconti, antiquaire consommé cependant, c’est, je l’avouerai, pour autoriser la circonspection avec laquelle je
crois devoir me prononcer sur la date de notre statue.
Je place cette date au commencement de l'ère impérial
et je crois que, comme tant d’autres
le F
‘un original grec; ct que cette copie est due à un
statues antiques,
une de M. Louis Fould est une excellente copie
artiste grec. C'est aussi l'avis de beaucoup d’antiquaires,
artistes et de connaisseurs français et étrangers.
J'ajou-
erai cependant, pour tout dire, que quelques-uns plaçaient
‘exécution du Faune plus haut et reconnaissaient dans cette
on doit la Vénus
itue u voisin de celui auque e Médic
J'ai parlé du
un €
tyre de P
il n'est peut-être pas
xitèle que l'on appelle trè
1ors de propos i
uvent le Faune
r entraine
ns se la à une dissertation hors de propos
ans un simple catalogue, d’avertir ceux des lecteurs qui
ne sont pas antiquaires de profession que le terme latin
Faunus est employé fort souvent comme synonyme du
Satyros des Grees. Ces deux mots ne désignent cependant
pas, dans tous les cas, la même divinité, et il est bien
certain qu'il y aurait autant de raison à donner à la statue
de M. Louis Fould le nom de Satyre que celui de Faune,
car elle représente un être du même ordre que les statues réputées par fout le monde comme des copies du Satyre de Praxitèle et que cependant on désigne habituellement sous le nom de Faunes. J'ai donc dû suivre, pour désigner notre statue, l'usage qui a prévalu de garder l'expression de Faunes pour ceux de ces êtres ambigus qui se rapprochent le plus du type humain, qui n'ont ni les pieds ni les jambes du boue, et qui n'ont plus de cet animal que des souvenirs à demi effacés, comme la queue et les petites
1 Athénée rapporte l'anecdote à peu près comme Pausanias, mais pas plus que
de
Pline et que l'auteur de la Description de la Grèce, il ne nous a lais description du Periboetos, Voyez, x, p. 591, édit. de Casaubon.
2 Liv.n, cap. xuu.
cornes. Notre marbre représentait donc un Faune, c’est-à
dire un certain type de l'adolescent dont les voluptueux de
Rome se plaisaient à admirer les formes particulières et