‹ Description des antiquités et objets d'art qui composent le cabinet de feu M. le chevalier E. DurandChapitre 1 sur 137 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L’jnapphéciable Collection d’At*'

tion, jouit d’une réputation si étendue, tant à Paris qu’en Italie et dans toute l’Europe, qu’il n’est, pour ainsi dire, pas nécessaire d’insister ici sur l’importance que les archéologues et les amateurs doivent attacher à ce magnifique ensemble de monuments de l’art ancien. Riche surtout en vases grecs du premier ordre, cette Collection offre encore une série de terres cuites toutes intéressantes et curieuses. Enfin, une réunion de bronzes, la plupart sortis des dernières fouilles de l’Étrurie, et deux suites remarquables, l’une de miroirs étrusques, l’autre de bijoux en or parmi lesquels il y a des pièces capitales, complètent l’ensemble varié dont la vente est annoncée au public.

De l’avis de tous les connaisseurs, le Musée Durand surpasse toutes les collections de vases peints, tant publiques que particulières, qui existent en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie même; le Musée de Naples est le seul qui puisse, en quelque sorte, entrer en rivalité avec cette suite précieuse de la céramographie antique. Citer les vases historiques du Crésus (n° 7|su) et de Y Arcèsilas (n° 4^2); les magnifiques peintures de

Y Hercule enfant qui étouffe les serpents (n° 264), de

Y Hercule enchaînant Cerbère (n° 3it), vase à figures rouges et noires, de Y Hercule reçu parDéjanire (110 3 1 8), de Y Initiation (n° 43o), et, enfin, le vase qui offre Éthra ramenée de Troie par Dêniophon et Acamas (n° 4n), c’est dire que peu de collections, même royales, rassemblent un nombre aussi considérable de vases du premier mérite, tant sous le rapport des • sujets que sous celui de l’art.

chevalier E. Durand, dont nous

ii AVERTISSEMENT.

La classification que nous avons cru devoir adopter de préférence à toute autre, a eu pour but de ranger les monuments par ordre de sujets. Ainsi on trouvera à la tête de cette description les vases peints divisés en i ° sujets mythologiques ; a° sujets héroïques ; 3° sujets mystiques et funéraires ; 4° vie civile ; 5° animaux naturels et monstrueux ; 6° formes simples et bizarres ; 7° vases à reliefs , etc. Les autres séries suivent dans l’ordre suivant: après les vases peints , i° les verres; 3° les terres cuites ; 4° les bronzes; 5° les bijoux; 6° mélanges ; 70 médailles; 8° pierres gravées antiques et modem es ; 90 objets de curiosité (i).

Nous aurions pu choisir un autre ordre de classifia cation, ordre qui a été assez généralement suivi jusqu’à ce jour dans les Catalogues de vases peints; je veut parler de la classification par fabriques . Indépendamment des difficultés que cette classification présente, nous avons cru, après un examen sévère, devoir l’abandonner, à cause des erreurs et de l’arbitraire auxquels elle ne peut manquer d’étre sujette (2). Ainsi donc, en trouvera ici les vases à peintures noires et ceux à peintures rouges ou jaunes, confondus les uns avec les autres, persuadé que nous sommes que la plupart de ces produits de la céramographie grecque sont contemporains, que souvent les vases à sujets peints en nôif ne sont pas plus anciens que ceux à peintures rouges (3). Quant aux vases dits vases dans le genre égyptien , dénomination que nous avons cru devoir rejeter commé erronée et à laquelle nous avons substitué celle dé vases de manière tyrrhèno-phènitienne , ou simplement

(1) On eu soin d’indiquer tous léls monuments publiés, et de eitet les ouvrages dans lesquels ils se trouvent reproduits.

(2) Nous avons eu s<un d’indiquer les localités d’où proviennent les monuments, toutes les fois que nous avons pu nous procurer des renseignements à cet égard.

(3) Un exemple remarquable est le vase d 'licrcutc ttichalnünt Cerbère (n° 3ii), que nous avons cité plus haut. La magnilique coupe (n° 21) offre encore un exemple décisif d’alfectation d’ancien style dans les peintures qui décorent l’extérieur, tandis que l’emblème en relief qui fait l’ornement de l’intérieur est de la meilleure époque de l’art.

AVERTISSEMENT. ni

phénicienne , çe$ sortes de poteries offrent souvent des traces évidentes d’un style bien plus récent que l’époque à laquelle on prétend communément les faire remonter, en les regardant toutes comme produits de l’art primitif de peindre les vases. Tel est, en effet, le fameux vase • représentant la chasse du sanglier de Calydon, vase trouvé à Corinthe et publié par M. Dodwell (i). Ces considérations nous ont naturellement décidé à ne pas faire mie classe à part de ces sortes de vases peints.

Pour éviter de prendre part à la discussion relative au* noms à donner aux différentes formes de vases d’apres les usages auxquels ils pouvaient être destinés chez les anciens, nous avons cru devoir faire gra* ver cinq planches offrant presque toutes les formes qui se trouvent dans la Coiiection; chaque article du Catalogue, indique, par un renvoi de chiffres, la forme (Ju vase dont il traite (1).

Au moment où une réunion si remarquable de mo^ numents de l’art antique va être dispersée pour toujours,et passer en différentes mains, tant en France qu’à l’étranger, il nqiis a paru nécessaire de perpétuer, en quelque sorte, je souvenir de cette magnifique Collée* tion. Dans |e but, donc, de rendre notre travail plus utile pour les recherches, et d’en faire en même temps un livre destiné à rester dans les bibliothèques, nous y avons ajouté une table analytique , précédée d une autre table dormant tous les noms des artistes, peintres ou fabricants de vases dont la Collection offre les produits.

Un travail aussi vaste que l’examen de plus de trois mille monuments de l’art antique, aurait exigé un temps bien plus considérable que celui que nous avons pu y consacrer. Nécessairement il a dû nous échapper bien des erreurs; toutefois, nous sommes convaincu qu’une

(1) Ctassical Tour , II, p. 197.

(2) Trois inscriptions, qui offrent quelques particularités paléographiques, nous ont paru mériter d’ètre rendues avec exactitude. On en trouvera un fac-similé fidèle sous les n0f 23 1, 34h et 36a. Toutes les autres inscriptions, tant grecques que latines, sont figurées en caractères paléogrupbiques; les inscriptions étrusques sont aussi fidèlement rendues en caractères étrusques.

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