‹ Description des antiquités et objets d'art qui composent le cabinet de feu M. le chevalier E. DurandChapitre 11 sur 137 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

Muses ou Melissae , l’art de la divination ( i ). Les trois déesses sont debout et vêtues de riches tuniques brodées, variées d’ornements; leurs péplus de pourpre voilent leurs têtes. Celle qui est la plus près de Mercure étend la main droite en avant et semble lui adresser la parole; les deux autres portent-la main droite à la bouche, comme pour recommander le secret. Des stéphanés ornent le front des déesses. Mercure , à demi assis, paraît écouter avec attention les discours des Muses; il est barbu et vêtu d’une tunique courte, coiffé du pétase et muni de bottines. La cibise est suspendue à son côté. Dans la main droite il tient le caducée; dans la gauche la syrinx, symbole d'origine arcadienne (2) et dont les tuyaux sont réunis avec de la cire produite par les abeilles (peXtcoai). Ch. L.

Ext. Hercule enchaîne Cerbère; le chien est bicéphale, des serpents l’entourent de tous côtés; un serpent, la gueule béante, remplace la queue. Hercule est barbu, couvert de la peau de lion, et armé d’une épée au côté. Il tient la massue de la main droite et de la gauche la chaîne qu’il a passée au cou de Cerbère. En avant de ce groupe est Mercure , barbu; il retourne la tête vers Cerbère; son vêtement consiste en une tunique courte et une chlamyde brodée; ses pieds sont chaussés de bottines. Il tient le caducée d’une main, et étend l’antre en avant comme pour exhorter Hercule à emmener le chien. En arrière du héros thébain, est une déesse debout, vêtue d’une tunique brodée et d’un péplus; sa tête est ceinte d’une bandelette; elle tient une courouue de la main gauche : c’est sans doute Athénc-Niké.

Au-dessous de cette peinture on lit : KSENOKLES EPOIESEN , Xenoclès a fait.

R. Achille y AXILEVS, armé et en course, muni d’un bouclier béotien et d’une épée, poursuit une femme dont la fuite et les mçuvements témoignent la frayeur. Entre ces deux personnages sont deux chevaux en course, l’un rouge et l’autre noir, sur le premier desquels est monté un éphèbe. Au-dessous des chevaux est une hydrie cassée qu’a laissé tomber la femme qui prend la fuite. O11 doit reconnaître clans ce sujet Achille arrivé à Ténédos, et qui poursuit Hètnithèa , sœur de Te ne-. (3j , e- fille de Cjrcnus ou de S ta-

phylus (4). Au-dessous on lit: KSENOKLES EPOIESEN* Xenoclès a J ait. Ch. L.

De chaque côté des anses est un sphinx.

Cette superbe coupe fait pendant avec celle de Phrynus décrite sous le n. ai.

Oiatn. , 10 pouces 6 ligues. Haut. , 7 pouces 4 lignes. *

(i) Homer., Hrmn. in Merc., 55a, sqq. Ces vers de l'hymne d'Homère expliquent entièremmeut le sujet de ce tableau.

(a) Raoul Rochette, Mon. inéd. , Odysséide , p. a6t ; Panofka, Ann. II, p. 1 83 ; Musée B lacas , p. 6o. Voy. Homère, l.cit. 5 ta; Apollod. III, io,a.

(3j) Tzetz. ad Lycophr. Cassandr. a3a. Au moment où Achille veut faire violence à Hémithêa , elle est engloutie dans la terre. Cf. Schol. ad Homer. lliad. A, 38; Eustath. ad lliad. A, p. 33; Tzetz. Homerica èv gvv?o|xm ad v. 84, qui la nomment Leucothéa. Diodorte de Sicile ( V, 6a ) raconte que Parthénia et Molpadïa , filles de Staph y lus , gardant le vin de leur père , des pourceaux vinrent pendant leur sommeil briser le vase de terre qui le contenait , de sorte qu’il fut répandu jusqu'à la dernière goutte. Les deux jeunes filles, à leur réveil, craignant la colere de leur père, se jetèrent du haut d’un rocher dans la mer. Apollon eu eut pitié et les transporta dans la Chersonèse. Molpadia fut honorée à Castabe dans la Chcrsonèse sons le nom à' Hémithêa. V oir plus bas un vase sur lequel est représentée Hémithêa qui a laissé tomber f hydrïe d’où s'échappe le vin. Cf. Parthcn. F.rotica , I.

(4) Publié. Raoul Rochette, Mon. inéd. l.cit. pl. XLIX, x. Corap. une coupe de Xénoclèsdu musée Blacas ( Panofka , Mus. Plaças , pl. XIX.)

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