‹ Description des collections d'antiquités conservées à l'Hôtel LambertChapitre 13 sur 128 · Rome, 1831, in-8°. — Cf. supra , p. vu · texte numérisé non relu

Rome, 1831, in-8°. — Cf. supra , p. vu

INTRODUCTION

aperçus exacts et précis, rendit des services signalés à la science, car l’auteur y pose les bases des recherches qui devaient suivre. Ce fut un avantage immense que les découvertes de Yulci aient été, dès l’origine, examinées et appréciées avec intelligence, et que les circonstances qui s’y rattachent aient pu être constatées d’une manière scientifique.

En présence d’un fait aussi extraordinaire que la découverte de plusieurs milliers de vases peints dans une localité de peu d’importance et à peine mentionnée dans l'histoire *, on devait s’attendre à toutes sortes de systèmes et à toutes sortes d’hypothèses. On était en pleine Étrurie, on y trouvait des vases réputés grecs, et cependant pas le moindre témoignage historique ne permettait de songer à l’existence d’une colonie grecque établie dans cette ville étrusque. Les uns croyaient à une fabrication locale, les autres étaient portés à admettre l’importation par le commerce extérieur. On pouvait s’attendre à un retour vers F étrus comanie; et, en effet, ce retour eut lieu. Un homme important, par son nom et par son rang, se chargea d’évoquer les fantômes depuis longtemps disparus de la fabuleuse antiquité attribuée à la civilisation étrusque et de son antériorité à la civilisation grecque. Les rêveries du prince de Canino 1 2, partagées par quelques savants italiens 3, s’évanouirent presque au moment même où elles virent le jour. Pour tous les hommes sérieux, les nombreux vases déterrés à Vulci et dans les localités voisines furent regardés comme grecs, et si aujourd’hui il y a quelque chose à ajouter à ce qu’ont affirmé les éminents archéologues de l’époque, c’est, comme je

1. Le triomphe du consul T. Coruncanius sur les habitants de Vulci (Vulcientes), en l’an 473 de Rome, 281 av. J. -G., est mentionné dans les Fastes Capitolins. Gruter, Corpus inscript., p. ccxcvi. — Gerhard, Rapp. Volcente, note 961.

2. Voyez Catnlogo di scelte antichità etrusche trovate negli scnvi del principe di Canino, in-4°, Viterbe, 1829. — Muséum étrusque de Lucien Bonaparte, prince de Canino, vases peints, avec inscriptions, in-4°, Viterbe, 1829.

3. Entre autres, par, Amati et Carlo Fea. Voyez mes Études sur les vases peints, p. 22.

INTRODUCTION

l’ai dit plus haut1, par rapport h l’origine des vases peints; les arts que le génie des Grecs sut développer et porter à la plus haute perfection étaient venus de l’Orient; la céramographie semble également avoir pris naissance dans les mêmes contrées; mais à l’époque où eurent lieu les grandes trouvailles de l’Étrurie, on se doutait à peine de cette origine; ce n’est que depuis quelques années seulement qu’on a commencé à l’entrevoir, lorsque les monuments de l’Assyrie eurent été apportés et connus en Europe.

Le mouvement intellectuel et scientifique, provoqué par les grandes découvertes de Vulci, donna lieu à la publication d’un grand nombre d’ouvrages et à la fondation de plusieurs recueils périodiques. Il ne peut pas être question ici d’énumérer tous les ouvrages qui furent publiés à cette époque et dans les années suivantes, ni d’exposer toutes les discussions auxquelles prirent part les savants les plus en renom, Creuzer, Bœckh, K. O. Millier, Thiersch, Welcker, Gerhard, Panofka, Bunsen en Allemagne, Millingen en Angleterre, Raoul Rochette, Letronne, Ch. Lenormant, le duc de Luynes en France, Brondsted en Danemark, Micali, Carlo Fea en Italie, etc., etc. Il est résulté de ces discussions, de ces controverses, des faits d’une haute importance et, grâce à ces luttes, la science a fait d'immenses progrès. Les questions les plus difficiles s’éclaircissent de jour en jour et, s’il est possible de dire quelque chose de positif sur ces matières naguère si obscures, c’est aux nombreux travaux de nos devanciers immédiats et à ceux de nos contemporains que l’on doit ce résultat.

L’Institut de correspondance archéologique fondé à Rome en 1829, au moment même où les découvertes de Vulci tenaient en éveil les savants de tous les pays, il était naturel que, dans ce recueil consacré à l’archéologie, on donnât une grande place aux vases peints dont l’étude offrait tant d’attraits, tant de nouveauté.

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