‹ Description des collections d'antiquités conservées à l'Hôtel LambertChapitre 43 sur 128 · I.XXIX · texte numérisé non relu

I.XXIX

environs de laquelle on en avait trouvé un certain nombre. Mais des explorations postérieures ont fait abandonner cette désignation. On a trouvé plusieurs de ces vases sur différents points de l’Italie méridionale et jusqu’en France et sur les bords du Rhin1.

La fabrication des vases peints, d’après les archéologues les plus compétents, a dû cesser environ deux siècles avant notre ère. En l’an 568 de Rome (186 avant J. -C.), le Sénat romain rendit un édit contre la célébration des Bacchanales, à cause des scènes scandaleuses auxquelles ces fêtes donnaient lieu. Cet édit fut gravé sur une table de bronze qui existe encore et qui est conservée aujourd’hui au Musée impérial de Vienne2. Quand on lit dans Tite-Live3 le récit des scènes qui donnèrent lieu au sénatus-consulte contre les Bacchanales, on s’aperçoit que sous le masque religieux se cachait une formidable conspiration politique qui dut inquiéter le Sénat et provoquer, de sa part, des mesures sévères de répression. Quand on pense que la plupart des vases fabriqués dans l’Italie méridionale ont pour sujet des scènes bachiques et mystiques, on est convaincu qu’entre la célébration des Bacchanales et les sujets peints sur les vases il a existé des rapports étroits. Les mystères bachiques ayant été défendus, il dut nécessairement en résulter un grand ralentissement dans la fabrication et dans le commerce des vases, et bientôt cette industrie dut tomber.

1. Voyez F. Lenormant, Gazette arch., 1881-1882, p. 109etplus loin, p. 143 du présent catalogue.

2. Mommsen, Inscriptiones latinæ antiquissimæ, n° 196, p. 43, seq. t. I. du Corpus inscrip. lut. — Voyez le fac-similé donné par Ritschl dans le tome 1 des fac-similé, tab. xvm.

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