Monum. inédits de P Inst, arch., t. I, pl. ix
VASES- PEINTS
63. Amphore à anses cordées, d’un beau style et de l’école de l’artiste Euphronios. Voici comment H. de Longpérier décrit ce vase : « Sur chaque côté est peinte une figure qui n'a pas moins de deux cent trente-cinq millimètres de haut. O11 y voit d’abord un éphèbe couronné d’ache et entièrement nu, représenté de face et tournant la tète à gauche, (pii incline une amphore apode dont le contenu s’échappe et coule jusqu’à terre, sous le forme d’un liquide de couleur pourpre. Ce premier côté porte des inscriptions en quatre places différentes. Près de la tète de l’éphèhe, on lit horizontalement par rapport au personnage, aoenio$ (Â9 7^10;). Puis, sur trois lignes tracées
parallèlement à la direction de la figure, c’est-à-dire en sens vertical, on lit : en+e, par derrière; ha... entre les jambes; en cet endroit du champ, le vase a souffert, et F inscription paraît interrompue ; enfin, oinon, par devant. ao en 105 est le nom de l’éphèbe, soit qu’il ait été écrit pour Âflyjvaio;, soit qu’il exprime ÂOrjViç au génitif. Les trois autres mots font évidemment partie d’une même phrase : en+e ha (uv) oinon, en rétablissant ainsi le second mot interrompu. Il faut lire : Ëy/ei vjSùv otvov, verse V agréable vin, sens qui s’accorde parfaitement avec l’action représentée par la peinture. La même épithète, appliquée au vin, se trouve dans ces vers de l’Odyssée (I, 204) :
... O'.'vov èv àuupicpopcOo1'. àuwSsx.a tzvjs cv âœuaouç
HS’JV, T. A.
L’inscription hayttotos1 et le nom hayoin... (H^joivoç), porté par un Satyre dans une peinture vasculaire 2, répondent, je crois, suffisamment à l’objection qu’on pourrait faire relativement à F h pris non comme une simple aspiration, mais comme une voyelle : heavs hoinos se lit sur une cylix de la Pinacothèque de
Munich 3 ; notre vase présente les mêmes expressions avec absence d’aspiration de part et d’autre.
Revers. — L’autre côté n’est pas moins intéressant; il nous montre un Satyre barbu, couronné de lierre et vu de dos (pose fort curieuse), qui tient une flûte de
VASES PEINTS
chaque main. Il retourne la tète qui est vue de profil (respiciens), a des oreilles d’animal, une queue de cheval, et sur sa bouche est appliqué le bandeau que portaient les aulètes dans l’exercice de leur art. Deux inscriptions sont tracées dans le champ : à droite oicf>ON; à gauche bp ikon. Ces deux mots me paraissent encore constituer une phrase qui pourrait être ainsi interprétée : Oépov (aoriste second dVépio sans augmenta gloss., forme poétique et ionienne, comme y oov de yodcw dans Homère); Ppixov serait là pour pptasc^ov (la bacchante). Cette légende conviendrait parfaitement à la figure que nous montre ce côté de l’amphore. Je crois donc qu’il est inutile de chercher à employer ici le mot Bptxo; donné, d’après Uésychios 4 ; il en faudrait justifier la forme accusative; nous avons d’ailleurs une autre altération du mot sur un vase où bpiaxos désigne un Satyre 5.
Ce vaisseau, brisé et raccommodé dans l’antiquité, conserve les marques des agrafes à l’aide desquelles
avaient été réunis les morceaux. Les vases qui portent des phrases pour inscriptions sont fort rares, et surtout quand ils réunissent différentes propositions. »
Hauteur : (T, 46.