‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 10 sur 678 · GENRE I · texte numérisé non relu

GENRE I

OSCABRION. Chiton.

Caractères génériques. Corps rampant, ovale-oblong, convexe, arrondi aux extrémités, débordé par une peau coriace, et en partie recouvert par une série longitudinale de pièces testacéees, imbriquées, transverses, mobiles, enchâssées dans les bords du manteau ; tête antérieure, sessile, ayant la bouche en dessous, ombragée par une membrane , dépourvue de tentacules et d’yeux; branchies disposées en séries tout autour du corps, sous le rebord de la peau; anus sous l’extrémité postérieure.

Corpus repens, ovato-oblongum, corvexum, extremitatibus rotundatum, ir ambitu cute coriaced marginatum ; test plurivalvi in serie unic& et longitudinali ordinat&, dorso incumbente ; valvis mobilibus , imbricatis , transversis, laterum extremitatibus cutis margine replicato connextis. Caput anticum , sessile, ore infero membran& obumbrante tecto; tentaculis oculisque nullis. Branchiæ infrà cutis marginem per totam corporis periphæriam seriatim dispositæ. Anus infrà extremilalem posticam.

Les Oscabrions sont si singuliers par la composition du test qui les recouvre, ils ont un aspect sidifférent des autres Mollusques, que l’on ne doit point s'étonner que les zoologistes anciens aient eu, sur la place qu'ils doivent occuper parmi les êtres, des opinions fort différentes. Quelques-uns même pensaient qu'ils étaient des parties de tête de serpent; une sorte de couronne distinguait les races les plus belles, comme la dissertation de Frankeneau, insérée dans le premier volume des Éphémérides des curieux de la nature ( page 63, tab. 1, fig. 1, 2. 1727 ), le prouve incontestablement. Aujourd'hui que leur organisation est plus connue, mais qu’elle ne l’est pas suflisamment, on ne doit point encore s'étonner de la dissidence qui existe parmi les opinions des savans les plus distingués, qui ne sont point encore d'accord sur ces animaux singuliers.

Nous voyons la plupart des anciens auteurs lui donner des noms vulgaires, et fixer enfin celui d'Oscabrion, que Linnée trouva consacré par Petiver, Chemnitz et d'autres. Ce savant réformateur adopta ce nom, et quoique déjà Sloane, en le nommant Patelle, ait fait sentir nn rapprochement fort ingénieux, il n’en tint pas compte, et, sous celte seule considération de la pluralité des parties testacées, il le placa dans ses Multivalves, en l’érigeant en genre. Cependant Adanson, cet excellent observateur , avait vu vivant, sur les côtes du Sénégal, une très-pelite espèce dont il ne connaissait pas parfaitement l’organisation, mais qu'il avait assez observée pour ne pas hésiter de la placer, malgré l'opinion de Linnée, à côté des Patelles. Cette opinion, à laquelle probablement on ne porta point attention, fut méconnue de Bruguière, qui laissa les Oscabrions parmi les Multivalves. M. Lamarck, dans la première édition du Système des Animaux sans vertebres (1801 }, placa les Oscabrions à côté des Phyllidies, à la fin de la seconde section des Céphalés nus, ceux qui rampent sur le ventre, etil commenca l'ordre suivant des Mollusques-Conchifères par les Patelles , ce qui mettait ces deux genres en rapport, quoique d'une manière indirecte. M. Cuvier enfin, auquell’anatomie des Mollusques, comme toutes les autres parties de la zoologie, est redevable de tant d’excellens travaux; M. Cuvier, dis-je, après avoir de nouveau examiné l'anatomie des Oscabrions, confirma l'opinion de Sloane, d’Adanson, et la présomption de M. La-

DES COQUILLES FOSSILES. 7 marck. Tous les conchyliologues qui depuis ont suivi les progrès de la science, ont placé ce genre près des Patelles, ce qui a été adopté définitivement par M. Lamarck; d'abord, en 1814, dans l’'Extrait du Cours, et ensuite dans l'Histoire des Animaux sans vertèbres, tome 6, première partie.

Ce rapprochement, tout ingénieux qu'il paraisse, laisse pourtant quelque chose à désirer. On voit évidemment que les rapports ne sont point intimes. Le mode tout particulier de la génération de ces animaux, le défaut d'organes de la vue et de tentacules, sont déjà de puissans motifs qu'une étude plus approfondie de leur anatomie confirmera sans doute, en y en ajoutant de plus certains encore; mais comme, jusqu’à présent, personne n’a donné la moindre observation qui pûtinfirmer l'opinion des deux savans que je viens de citer, nous placerons ici la seule espèce fossile dont on trouve les débris dans les sables coquilliers.

OSscABRION DE GRIGNON. Chiton grignionensis. Lamk.

PE Afro 4,2, 3; 4,75, 6,7.

Testa octovalvis ? Valvis punctato-rugosis ; postica crenata.

Lamarck. Ann. du Mus., tom. 1, pag. 309, vélins du Mus., n° 1, fig. 6,7, 8.

M. Defrance, dans les nombreuses recherches qu'il a faites dans les sables de Grignon, a trouvé assez de valves séparées de l’Oscabrion pour en assembler huit d'une manière assez exacte, pour donner une idée juste de ce que devait être l'animal lorsque toutes ses parties se trouvaient réunies; il est petit, étroit, chargé de granulations peu apparentes sur les valves moyennes, plus prononcées sur les valves antérieures et postérieures. Il a beaucoup d’analogie avec une petite ee que l’on trouve quelquefois dans les mousses de Corse, et dont l'espèce n’a point encore été déterminée; il n'en diffère réellement que par l'élévation moins grande des valves et par leur plus de largeur transversale. Les valves n’ont que deux ou trois millimetres de large.

Mon cabinet et celui de M. Defrance.

GENRE Ii.

PATELLE. Patella.

Caractères genériques. Corps entièrement recouvert par une coquille univalve, ayant sur la tête deux tentacules pointus, oculifères à leur base extérieure; RS chies disposées en séries autour du corps, sous le rebord du manteau ; anus et orifice pour la génération au côté droit antérieur.

Coquille univalve, régulière, symétrique, non spirale, recouvrante, clypéiforme

ou en cône surbaissé, concave et simple en dessous, sans fissure à son bord ,eta sommet entier incliné antérieurement.

Corpus testé univalot penitüs obtectum; capite tentaculis duobus acutis, basi extern& oculiferis ; branchicæ infrà veli marginem per totam corporis periphæriam serialim dispositæ ; orificia pro generatione et ano ad latus dextrum anticum.

Testaurivalvis, regularis , symetrica, non spiralis, animal obumbrans, clypeata vel retuso-conica, imperforata; fissurä marginali destituta ; cavitate simplict ; apice anterius recurvo.

On confondait autrefois dans le genre Patelle un grand nombre de coquilles fort différentes. Linnée lui-même n'avait pas cru devoir en séparer les Cabochons, les Fissurelles , les Emarginules, etc., que Lister cependant avait fort bien groupés sous le nom de Patelles à sommet perforé, à sommet recourbé, à sommet entier, etC.; ce qui aurait pu mettre sur la voie pour faire autant de genres distincts. Mais cela ne fut point senti, et Linnée conserva, avec Lister et d’autres conchyliologues, le genre Patelle tel qu'il était composé avant lui. Adanson lui-même, qui avait observé les animaux de la plupart des espèces qu'il trouva dans son voyage au Sénégal , laissa le genre tel qu’il était formé par les anciens; seulement il n’adopta pas le nom de Patelle, mais reprit le nom ancien de Lepas, qui, primitivement par les Grecs, avait été donné à ce genre de coquillage parce qu'il ressemble à une écaille; mais le nom de Lepas fut appliqué spécialement aux Anatifes et aux Balanes par presque tous les conchyliologues, ce qui empécha sans doute la réforme d'Adanson de prévaloir.

Bruguière commença, dans le tableau méthodique des genres de l'Encyclopédie, à réformer ce genre; c’est-à-dire qu’il en sépara les Fissurelles, ce qui fut admis par les naturalistes qui le suivirent; mais cette seule coupe ne suffisait point pour circonscrire le genre dans de bons caractères, ce que sentit M. Lamarck qui déjà en 1801 proposa, outre le genre Fissurelle de Bruguière, les Emarginules, les Crépidules et les Calyptrées ; ce qui éleva au rang de genres la plupart des sections de Lister adoptées par Linnée. Mais depuis, dans l’Extrait du Cours (1811), il sépara encore des Patelles des mêmes auteurs, les Navrcelles que Montfort (Conchyl. syst. t. 2, p. 83) avait, depuis 1810, proposées sous le nom de Cambry, et qu'il transporta près des Néritines, ainsi que les Ombrelles et les Cabochons. Ce dernier genre avait déjà été fait par Montfort, il ne fit que l'admettre. Après toutes ces réformes très-utiles, on devait penser que désormais le genre Patelle resterait composé des espèces que les nouveaux genres n’en avaient point ôtées; mais il en restait encore une que Montfort avait très-bien sentie, et qui ne fut réalisée que par M. Blainville, qui, au lieu du Pavors, Scutus de Montfort, établit sur des ca-

ractères anatomiques le genre Parmophore qui fat placé dans la série générique tout pres des Patelles et des Ombrelles avec lesquelles il a beaucoup de rapports.

Les vraies Patelles, telles qu'elles sont caractérisées aujourd'hui, c'est-à-dire ne renfermant plus les genres que nous venons de citer, sont rares à l’état fossile. Il y a quelques années , qu’à peine si on pouvait en citer quelques espèces; Brocchi n'en connut aucune, et Sowerby lui-même n’en a décrit que quatre espèces.

Quoique M. Lamarck ait décrit dans les Ann. du Mus., tom, 1, pag. 310, ettom.6, pl. 43, sous le nom de Patelles, un certain nombre de coquilles, aujourd’hui que ce genre a subi les principaux changemens que nous avons indiqués, il ne lui reste plus aucune des Patelles d'alors, ayant été toutes replacées dans les genres auxquels elles appartiennent; depuis ce moment, plusieurs belles espèces ont été découvertes dans les environs de Paris, et elles sont conséquemment toutes nouvelles,

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