GENRE XVIII
LYMNÉE. Lymnæa.
Caractères géneriques. Coquille oblongue , quelquefois turriculée , à spire saillante; ouverture entière, plus longue que large. Bord droit tranchant : la partie inférieure remontant sur la columelle, et y formant un pli tres-oblique en rentrant dans l'ouverture ; point d'opercule. 1
DES COQUILLES FOSSILES. g1
Testa oblonga, interdüm turrita ; spira exserta. Apertura integra, longitudinalis. Labrum acutum, infernè ad sinistrum revertens et ascendens , in columellam versus aperturam decurrit, plicamque obliquam metitur ; operculum nullum.
Aucun des conchyliologues qui ont précédé M. Lamarck, n’a pensé à faire des Lymnées un genre séparé : ainsi après avoir été confondues tantôt avec les Hélices, les Bulimes et plus généralement avec les Buccins, dénomination qui leur fut consacrée par Lister , Geoffroy, Muller, etc. , elles furent enfin rassemblées sous de bons caractères , dans le Système des animaux sans vertèbres. On doit s'étonner que les naturalistes qui précéderent cette époque n'aient pas senti la nécessité de ce genre, car Muller, Geoffroy et Lister lui-même, qui connaissaient l'animal , ne pouvaient, sans rompre les rapports les plus évidens , les ranger parmi les autres coquilles soit terrestres soit marines; Bruguière surtout qui avait commencé à porter des réformes dans les genres de Linné, pouvait, mieux que personne, faire sentir ce genre; mais entrainé par le caractère trop vague qu'il avait imposé aux Bulimes, il y confondit les Lymnées comme beaucoup d’autres coquilles entièrement étrangères à ce genre.
Le genre Lymnée créé, Draparnaud le premier l’adopla, et ce savani , qui joignait à une connaissance exacte des mollusques , un esprit judicieux qui lui en faisait saisir les rapports, ne manqua pas de rapprocher les Eymnées des Physes et des Planorbes, ce que M. Lamarck n'avait pas fait dans son premier ouvrage. Cet illustre savant ne tarda pas à sentir la justesse de l’idée de Draparnaud: aussi peu de temps après l'époque que nous venons de mentionner, dans l’Extrait du Cours, il rapprocha , comme M. Cuvier l'avait aussi indiqué, les Lymnées des autres Pulmonés aquatiques. D'autres zoologistes , tels que MM. Blainville et Férussac, adopterent entièrement cette manière de voir. Ce dernier même admit dans les Lymnées les Ancyles, comme Draparnaud en avait le premier donné l'exemple, ce que nous avons également fait; mais, il faut l'avouer, plutôt sur des considérations de peu de valeur, que d’après des rapports réels, car pour ce genre il sera encore long-temps difficile de les établir d'une manière précise.
Dans le bassin de Paris, les Lymnées fossiles se trouvent dans deux états fort différens; les unes caractérissent les marnes, soit supérieures , SOit inférieures au gypse dépendant de cette formation. Dans ce gissement on les rencontre le plus souvent avec leur test soit entier, soit comprimé dans les couches , soit réduit en fragmens. Dans d’autres circonstances , remplies de matière siliceuse, leur test a disparu; on ne voit plus alors que le moule de la coquille: c’est dans la couche inférieure du silex lacustre supérieur qu'elles se présentent dans cet état; c’est alors que le conchyliologue, réduit à des formes extérieures et à des proportions
dans les développemens du cône spiral de la coquille, éproavede grandes difficultés pour établir distinctement les espèces; cependant ce moyen , quoique presque le seul , est d’un très-grand secours, surtout lorsqu'on l’emploie d'après un grand nombre d'individus de même espece.