LYMNÉE VENTRUE. Lymnæa ventricosa. Brong
PECV ED 19
L. test ovaté, ventricosissimé, lævigaté ; anfractibus quinis convexis ; ultimo magno ; aperturé amplé, subrepandé ; columellé marginatd ; plicd collumellart minimd.
Brong., Ann. du Mus. Loc. ci. PI. XXII, fig. 17.
Férussac, Mém. géol. oc. cit. n° r1.
Localité : Maurepas.
Cette espèce n’est pas beaucoup plus grande que la Lymnæa cylindrica ; comme elle elle est ventrue, mais elle est ovale au lieu d’être cylindrique ; ses tours de spire, au nombre de cinq, sont convexes , la suture est peu profonde; le dernier est très-grand , il forme près des trois quarts de la coquille; l'ouverture est grande, fort ample, évasée; la columelle est bordée, et le pli
columellaire est long, peu tordu , assez gréle. Longueur , 12 millim. ; largeur, 8. Cabinet de M. Defrance.
GENRE XIXe
ANCYLE. Ancylus.
Caractères génériques. Coquille patelliforme, ovale, simple , presque symétrique ou symétrique ; sommet pointu, comprimé, incliné en arrière, non marginal; bords très-simples et évasés.
Testa patelliformis , ovata , simplex, subsymetrica symetricave; apice acuto,
100 DESCRIPTION compresso , posteriüus inflexo, non marginali ; marginibus simplicissimis, dilatatis. Le genre Ancyle, créé par Geoffroy et adopté par Muller,est un de ceux qui a le plus varié dans la place et dans les rapports que lui ont donnés les auteurs systématiques. Linné, malgré la création de ce genre avant ses derniers travaux, le confondit avec les Patelles; Bruguière ne suivit pes l'exemple de Muller ; aussi on ne voit pas le genre Ancyle figurer dans les tableaux méthodiques de cet auteur, et si l’on recherche dans cette première et unique partie de son Dictionnaire Encyclopédique, le mot Ancyle, on le trouve avec un renvoi aux Patelles, ce qui prouve que ce conchyliologue, d’ailleurs si judicieux, avait adopté de préférence l’idée de Linné, M. Lamarck, un peu plus tard, ne fit pas de même; sans adopter le genre de Geoffroy, il en prit le nom avec une orthographe un peu différente, pour l'appliquer à un nouveau genre voisin des Olives. Ce fut donc Draparnaud, le premier parmi nous, qui reprit le genre Ancyle, oublié pendant long -temps, et qui le rétablit sur les caractères de Geoffroy et de Muller. Cet excellent observateur n'hésita pas alors de rapprocher ces animaux des Planorbes, des Lymnées et des Physes, dans une section séparée de ses Gastéropodes. Cependant, en 1809, M. Lamarck n'avait point encore vu la nécessité d'admettre le genre Ancyle, comme Draparnaud l'avait fait, et l’on voit encore dans sa Philosophie zoologique, tome I, page 322, le mot Ancille appliqué à un genre voisin des Olives. Avant cela, M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, tome V des Mollusques, page 233 (1805), avait aussi, à l'exemple de Draparnaud qu'il ne cite cependant pas, rétabli le genre Ancyle de Geoffroy , qu'il place à côté des Patelles et avant les Fissurelles, en faisant observer très- judicieusement qu'on le mettrait plus tard dans d’autres rapports, mais qu'il devait être nécessairement séparé des Patelles, et il se trouve obligé de substiluer 4u nom Ancille de M. Lamarck, celui d'Anaulace que les -conchyliologues n’adoptèrent pas. Malgré ces antécédans, Montfort confondit les Ancyles avec les Coquilles marines, qu'il démembra des Patelles, sous le nom d'Helcion, démembrement qui n'a point été adopté. Elles se trouvent placées, dans son système, entre le Pavois et les véritables Patelles. C'est en vin que nous avons cherché ce genre dans les ouvrages de M. Cuvier, el nous sommes surpris qu'un savant, d'une érudition si profonde, n'ait pas mentionné un genre d’ailleurs si intéressant. M. Lamarck, après l'avoir oublié aussi dans l'Extrait du Cours, le fit entrer enfin dans son dernier ouvrage , sans adopter l'idée de Draparnaud, sans même en parler. Il proposa, il est vrai, avec une grande réserve, de le placer parmi les Calyptraciens. Cette opinion, quoique motivée sur quelques caractères, ne fut pourtant point admise généralement, car nous
DES COQUILLES FOSSILES. 101 voyons M. Pfeiffer d'un côté les ranger parmi les Cyclobranches Cuv., avec les Patelles et les Oscabrions, sans dire les motifs de ce changement; d'un autre M. Férussac reproduire la pensée de Draparnaud, en les plaçant parmi les Pulmonés aquatiques, ce qui, au moins, est molive sur l'observation et sur quelques traces d'organisation, ce que nous avons adopté de préférence à l'opinion de M. Lamarck; enfin, M. Blainville, dans son article Mollusque du Dictionnaire des Sciences naturelles, en fait, avec les Haliotides, une classe à part, les Onidés, sur la seule considération de l'organe respiratoire à gauche. Ce savant observateur infirme d'une manière puissante la plupart des opinions que l’on a eues jusqu'à présent de ces Mollusques qui sont branchiferes et non pulmonés, comme M. Férussac et nous-mêmes, d’après lui, l’avions d’abord pensé.
Il y a quelques années que l'on ne connaissait pas encore de coquilles de ce genre à l’état fossile. M. Desmarest, le premier, en signala une jolie espèce bien distincte des vivantes connues ; elle est décrite et figurée dans le nouveau Bulletin de la Société philomatique, janvier 1814; depuis nous en avons découvert une autre espèce aux environs de Paris, dans les silex meulières coquilliers de la seconde formation lacustre.