‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 150 sur 678 · GENRE XXII · texte numérisé non relu

GENRE XXII

PALUDINE. Paludina.

Caractères generiques. Coquille conoïde , à tours arrondis, convexes, modifiant la cavité spirale. Ouverture arrondie-ovale, plus longue que large, anguleuse au sommet; ses deux bords réunis, droits, tranchans quelquefois, mais rarement marginés , un opercule orbiculaire et corné.

Testa conoidea ; anfractibus rotundatrs vel convexis, cavitatem spiralem deformantibus. Apertura subrotundo-ovata , obiongiuscula, supernè angulata : margtnibus convexis , rectis, aculis, aliquando marginatis ; operculum orbiculare, Corneum.

Nous avons été forcés d'apporter quelques changemens dans l'énoncé des caractères assignés à ce genre par M. Lamark, pour pouvoir y faire rentrer quelques coquilles qui ne peuvent se placer dans aucun autre genre; car, d'après ces caractères , de véritables Paludines , telles que la Paludina impura, ne devraient pas y entrer, puisque le plus grand nombre des individus ont un bourrelet blanc intérieur qui borde le péristome. D’autres espèces fossiles et une entre autres qui à beaucoup d’analogie avec la Paludina impura que M. Prévost a dédiée à M. Desmarest, a le bourrelet en dehors comme les Cyclostomes ; mais cetie Coquille ne peut faire partie de ce dernier genre, parce qu’elle a l'ouverture anguleuse, qu’elle est mince, lisse, diaphane, et que son gissement et le grand nombre qu'on en trouve indiquent d'une manière évidente que c’est une Coquille lacustre. Il sera toujours au reste très-difiicile de séparer nettement les deux genres Cyclostome et Paludine, d'après les coquilles seules ; leurs formes sont souvent si analogues, qu'on ne doit pas s'étonner qu'avant l’époque où on a commencé à sentir impor tance de l'étude des animaux, on ait confondu en un seul les deux genres Cyclostome et Paludine; c’est ce que Draparnaud avait fait, quoiqu'il ait été un des premiers naturalistes parmi nous, après Adanson , à faire apprécier l'importance de l'étude des animaux. M. Lamarck dans son premier système suivit la même manière de voir ; dans le genre Cyclostome se trouvaient les Paludines; mais quelques années après, dans la Philosophie zoologique, il établit le genre Vivipare adopté par Montfort, dontil fit depuis (Extrait du Cours) le genre Paludine qui est absolument le même. Soit que les auteurs lui aient conservé sa première dénomi-

nation, soit qu’ils aient adopté la seconde , tous ont senti la nécessité d'admettre ce genre qui restera toujours, parce qu'il est plutôt établi sur les caractères pris de l’organisation des animaux, que de ceux tirés de la coquille ; il est d’ailleurs facile de penser quelle différence il doit résulter , pour l’organisation de l'animal ou de vivre à l'air libre et de respirer ce fluide dans une cavité pulmonaire , comme les Cyclostomes , ou d'habiter le fond des eaux et de respirer par des branchies comme les Paludines.

M. Lamarck en créant le genre le mit en rapport avec les Ampullaires , les Cyclostomes et les Planorbes, dans sa famille des Orbacées, proposée dans la Philo sophie zoologique. M. Cuvier et M. Blainville ont mis l'un et l’autre ce genre dans la division qui répond aux Turbos de Linné. M. Férussac dans ses Tableaux systématiques à ajouté plusieurs sous-genres aux Paludines; c’est ainsi que les Mélanies, les Rissoa et les Littorines, d'après sa manière de penser, doivent rentrer dans ce genre; quant aux deux premiers, M. Férussac est le seul qui les considère comme des sous-genres des Paludines, M. Cuvier les en éloigne et M. Blainville les place dans deux familles différentes, il est vrai très-voisines. Le sous-genre Littorine a été créé par M. Férussac, pour y placer les coquilles généralement fort pettes, qui vivent le plus ordinairement sur les rivages, dans les eaux saumätres, quelquefois dans les eaux douces et quelquefois aussi dans les eaux entierement salées. Ces coquilles ont extérieurement tous les caractères des Paludines, elles ne s’en distinguent que par l'habitation; cette petite coupure sert du moins à rapporter à leur véritable genre un assez grand nombre de coquilles que l’on avait confondues, soit parmi les Bulimes, soit parmi les Cyclostomes; elle est plus nécessaire encore pour les espèces fossiles que l’on trouve quelquefois en grand nombre dans des terrains marins.

On doit distinguer deux choses dans le gissement des Paludines, aux environs de Paris; les unes sont de véritables Paludines, elles se trouvent presque uniquement dans les couches lacustres pures, c’est-à-dire uniquement avec des coquilles d’eau douce; les autres, qui, pour le plus grand nombre, peuvent appartenir au sous-genre Littorine , se rencontrent dans des terrains de mélange ou des terrains uniquement marins ou considérés comme tels; cela n’est pourtant pas sans exception, comme le prouve l’intéressante découverte faite par M. Desnoyers, d'une couche de mélange enclavée au milieu du calcaire grossier dans laquelle il se trouve une três-grande quantité de vraies Paludines.

Les espèces fossiles du genre Paludine sont généralement difficiles à caractériser ; de forme peu variable et généralement lisses, elles offrent peu de moyens pour les séparer: aussi il est passible que plusieurs des espèces que nous allons signaler soient plus tard réunies comme variétés d'espèces analogues.

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