‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 215 sur 678 · SIGARET PELLUCIDE. Sigaretus pellucidus. Nob · texte numérisé non relu

SIGARET PELLUCIDE. Sigaretus pellucidus. Nob

PT XXII, fig. 15,4uf S. testä ovatd, turgiduld, tenuissim&ä, pellucida, fragilissimä , lævigatd ;

spirä prominuld, apice obtus&; anfractibus convexis, suturd profundd, subcanaliculatd separatis; aperturd ovato-oblongd; umbilico obtecto.

Localité : Chaumont, C. G.

Cest en vidant le sable que contenait une coquille de Chaumont, que nous avons trouvé celle-ci, dont on ne pourrait sans cela expliquer la conservation : elle est plus mince que le papier le plus fin; elle est ovale, ampullacée, très-fragile, lisse et brillante; sa spire est tres-courte, obtuse au sommet, et on n'y compte que trois tours très-convexes, dont le dernier est trés-grand; leur suture est simple, mais subcanaliculée. L'ouverture est ovale-oblongue; ses bords sont très-minces : le gauche est profondément arqué, et donne naissance à une courte lamelle trés-fine, qui se renverse au-dessus d’une fente ombilicale, assez étroite pour en être cachée.

Il est à présumer que cette coquille appartenait à un animal qui la portait cachée dans l'épaisseur du manteau: elle appartiendrait donc au genre Coriocelle, plutôt qu'à celui des Sigarets proprement dits.

Longueur, sept millimetres; largeur, cinq.

Mon cabinet.

QUATORZI ÈME FAMILLE,

LES PLICACÉS.

Coquille à ouverture non évasée , subéchancrée à la base, ayant des plis à la columelle. Un opercule corné, très-mince, non spiral.

Toute coquille pourvue de plis à la columelle, quels que soient d’ailleurs ses autres caractères, était rangée par Linné dans son genre Volute. Il était impossible que ce genre subsistât ainsi composé; il ne fallait qu'un petit nombre d'observations pour démontrer qu'il n’était point naturel; et Bruguiere, après les avoir faites, tenta le premier la réforme du genre linnéen. Il ne réussit pas entièrement, car il transporta parmi les Bulimes toutes celles des Volutes de Linné qui ont l'ouverture entiere. Ce fut de cette manière que les Pyramidelles et les Tornatelles s'y trouverent, ainsi que d’autres coquilles plus différentes encore des véritables Bulimes. Lamarck réforma à son tour et les Volutes de Linné et les Bulimes de Bruguière; c’est

de ce dernier genre qu'il fit sortir les Pyramidelles (Mém. de la soc. d'hist. nat. de Paris, 1799), et que Montfort en retira son genre Actéon, qu'il caractérisa à sa manière dans le second volume de sa Conchyliologie systématique. Jusque-la, comme on peut s’en assurer dans ses Mémoires sur les fossiles des environs de Paris, Lamarck avait confondu avec les Auricules les coquilles comprises dans le nouveau genre de Montfort. Il sentit pourtant que ce genre était nécessaire, et comme il ne consultait pas les travaux de cet auteur, ayant d'eux une juste défiance, il donna aux Actéons de Montfort le nom de Tornatelle, qui fut généralement adopté. Rapprochant les Tornatelles des Pyramidelles, Lamarck, dans l'Extrait du cours, fit de ces deux genres la famille des Plicacés, qu'il éloigna avec autant de sagacité que de raison de celle des Auricules. Les Auricules, en effet, respirent l'air en nature et ne sont point operculés; les Tornatelles et les Pyramidelles, au contraire, sont operculées et pectinibranches; mais Lamarck, en proposant l’arrangement dont nous venons de parler, ignorait l'existence de l’opercule dans ces genres, il le supposait seulement. Les auteurs qui vinrent après lui, continuérent à regarder les Tornatelles et les Pyramidelles comme des Pulmonés, et en conséquence les rangèrent à la suite des Auricules. Tel est l’ordre méthodique que M. Cuvier adopta dans la premiere édition du Règne animal; c’est aussi celui que préféra M. de Férussac dans ses Tableaux systématiques. M. Latreille préféra avec juste raison l'opinion de Lamarck; en adoptant la famille des Plicacés, il la mit à la suite de celle des Mélanides, et elle se trouve la sixième de ses Pectinibranches.

- M. de Blainville, Traité de Malacologie, crut avec M. Cuvier que les genres de la famille qui nous occupe étaient pulmonés, aussi trouve-t-on les Tornatelles ne formant qu'un seul genre avec les Piétins, et les Pyramidelles placées à la suite des Auricules. Mais bientôt M. de Blainville revint à une autre opinion, plus conforme à celle de Lamarck, lorsqu'il apprit que les deux genres dont il est question sont operculés.

Dans la nouvelle édition du Règne animal, M. Cuvier comprit les Tornatelles et les Pyramidelles dans la famille des Pectinibranches trochoïdes, et les mit à la suite des Mélanies, ce qui se rapproche plus de l'opinion de M. Latreille que de celle de Lamarck.

Pour rendre la famille des Plicacés plus complète, il faudrait peut-être ÿ ajouter un genre qui aurait pour type le Bulimus terebellatus de Lamarck, et un autre que nous nommons Quoyia, parce qu'il a été découvert par ce savant naturaliste voyageur, M. Quoy. Ce genre a la forme des Pyramidelles; mais il en diffère par une ouverture oblique à l'axe longitudinal,

par l’épaississement du bord droit, et par la columelle, qui ne porte qu'un seul gros pli supérieur. Cette columelle est tronquée à la base, un peu à la maniere des Planaxes, et l’extrémité antérieure de l’ouverture est subéchancrée comme dans les Pyramidelles.

Les deux genres Tornatelle et Pyramidelle, qui à eux seuls constituent la famille des Plicacés de Lamarck, se trouvent fossiles dans le bassin de Paris.

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