‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 219 sur 678 · TORNATELLE cERCLÉE. Tornatella alligata. Nob · texte numérisé non relu

TORNATELLE cERCLÉE. Tornatella alligata. Nob

PI. XXIII, fig. 3, 4.

T'. testé ovato-acutd , inflatd, transversim sulcatd; sulcis simplicibus, distantibus, regularibus , convexiusculis ; aperturä ovato-oblongd basi dilatatà, columelld in medio uniplicatd , basi complanatd.

Localités : À la ménagerie dans le parc de Versailles.

Nous devons la connaissance de cette espèce aux recherches de notre ami M. Duchastel, que nous avons eu déjà plusieurs fois le plaisir de citer: elle est ovale-oblongue, renflée dans le milieu, un peu atténuée à la base; sa spire est courte, pointue et formée de cinq à six tours courts, convexes, à suture simple et assez profonde. L'ouverture est ovale-oblongue, dilatée à la base; la columelle offre un pli transverse subaigu à son origine, et au-dessus de ce pli elle saplatit et s’'élargit pour se joindre au bord droit; celui-ci est mince, tranchant, un peu arqué dans sa longueur. Toute la surface extérieure est régulièrement sillonnée; les sillons sont distans, peu profonds, simples, convexes, et ont quelque ressemblance avec les cercles qui lient une futaille ; ils sont plus transverses et moins nombreux que dans la figure.

Cette tornatelle, tres-rare jusqu’à présent, est longue de douze millimetres et large de sept. ,

Cabinet de M. Duchastel.

GINRE XXX.

PYRAMIDELLE. Pyramidella.

Caractères génériques. Coquille turriculée, dépourvue d’épiderme; ouverture entière, demi-ovale, à bord droit tranchant; columelle saillante inférieurement, subperforée à sa base et munie de deux à trois plis transverses. Opercule corné, ovalaire, fragile, obliquement rayonneé.

Testa turrita, epidermide destituta. Apertura integra , semi-ovalis ; labro acuto. Columella basi producta , subperforata; plicis duobus vel tribus transversis. Operculum corneum , ovatum, fragile, oblique radiatum.

Les coquilles qui constituent le genre Pyramidelle de Lamarck étaient connues long-temps avant qu’elles ne fussent réunies sous cette dénomination générique. Lister en figura quelques-unes dans son Synopsis conchyliorum , deux parmi les Vis et une troisième à côté des Auricules. Bonanni, Gualtierri, Knorr, Favanne et d’autres iconographes, les figurérent également, sans les mettre dans des rapports plus convenables. Martini et Chemnitz, dont les ouvrages sont d’ailleurs si recommandables, placerent, une espèce parmi les Turbos, une seconde dans les Trochus, et une trois sième avec les Auricules, dans le genre Volute, où étaient comprises toutes les coquilles à columelle plissée. Linné ne mentionna qu’une seule espèce,

et on la trouve parmi les Trochus. Entraîné, nous-ne savons par quelle considération, Muller retira les Pyramidelles d’entre les Trochus pour les mettre parmi les Æelix; tandis que Bruguière, par cette raison que les Pyramidelles ont l'ouverture entière et oblongue, les rangea dans son genre si peu naturel des Bulimes.

C'est après ces variations déjà notables que Lamarck, dans son premier Essai de conchyliologie, publié en 1799 dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle, proposa et caractérisa le genre Pyramidelle; il le mit entre les Mélanies et les Auricules, et le maintint à la même place dans l'Extrait du cours. Pendant que M. de Roissy et d’autres conchyliologues adoptaient le genre Pyramidelle, Lamarck, ne le considérant plus comme nécessaire, le supprimait, et l’on voit en effet dans les Annales du Muséum la seule Pyramidelle connue fossile aux environs de Paris, parmi les Auricules : on ne peut donc pas dire que ce soit par oubli que ce genre n’est pas mentionné dans la Philosophie zoologique. Réhabilité en quelque sorte dans l'Extrait du cours, il est joint aux Tornatelles, pour former, comme nous l'avons vu, la petite famille des Plicacés. Depuis cette époque le genre qui nous occupe subit le sort des Tornatelles et fut entrainé à leur suite, tantôt parmi les Auricules (Cuv., Règ. anim., 1." édit.; Féruss., Tab. syst, des moll.; Blainv., Trait. de malac.), tantôt d'une manière plus naturelle dans le voisinage des Troques (Lamk., Anim. sans vert.; Cuv., Règ. anim., 2." édit.; Latr., Fam. nat. du règ. anim. ; Blainv., Addit. au trait. de malac.). En traitant précédemment de la famille des Plicacés, nous avons fait remarquer les changemens de rapports principaux des Pyramidelles; il nous sufit maintenant de les avoir rappelés.

Les Pyramidelles sont des coquilles marines, pour la plupart lisses, polies, brillantes, sans épiderme; elles sont turriculées, régulièrement coniques et formées de tours nombreux, étroits et aplatis. Le sommet de ces coquilles, examiné à un assez fort grossissement, offre une disposition remarquable, que M. Sowerby a fort bien représentée dans son Genera. Les deux ou trois premiers tours forment un petit tortillon qui, au lieu de rester dans l’axe général de la coquille, s'infléchit sur le côté, de manière que l’axe de ce commencement de spire forme un angle droit sur l'axe du reste de la coquille. L'ouverture est ovale-oblongue; le bord droit est trèsmince, tranchant ordinairement dans le plan de l'ouverture, et quelquefois le dépassant. À la jonction du bord droit et de la columelle, on voit une sorte de petite échancrure qui est produite par la saillie de la columelle elle-même; celle-ci est courte et offre toujours deux ou trois plis

DES COQUILLES FOSSILES. e 191

saillans, inégaux et tranchans. Dans le fond de l'ouverture on observe dans la plupart des espèces une rangée de plis transverses fort aigus, mais fort courts, et qui ne se continuent pas sur la paroi interne comme dans les Nérinées.

On ne connaît encore qu’un petit nombre d'espèces fossiles : à l’exception d’une seule, qui paraît provenir de la craie ou d’un terrain plus inférieur, les autres sont du terrain tertiaire; la seule qui soit jusqu’à présent connue aux environs de Paris est la suivante.

Page 1