GENRE V
FISSURELLE. Fissurella.
Caractères génériques. Animal ayant une tête tronquée antérieurement, deux tentacules coniques, portant les yeux à leur base extérieure; bouche terminale, simple, sans mâchoires; deux branchies en forme de peigne dans leur partie supérieure , s'élevant de la cavité branchiale, et formant une saillie de chaque côté du cou; manteau tres-ample, débordant toujours ou saillant hors de la coquille; pied large, fort épais.
Coquille en bouclier ou en cône surbaissé, concave en dessous, perforée à son sommet; sans <pire quelconque; à trou ovale ou oblong.
Animal capite anterius truncato ; tentacula duo conica ; oculis ad basim externam; os terminale, simplex ; maxillis nullis; branchiæ duæ supernè pectinatæ, è cavitate branchiali utroque latere colli prominentes ; pallium amplissimum, extra testam semper pronunulum; pes latus, crassissimus.
Testa clypeiformis aut depresso-conica, subtùs cava, vertice perforata ; spira nulla ; foramune ovato vel oblongo.
Linnée et tous ses devanciers confondirent les Fissurelles avec les autres Patelles;
DES COQUILLES FOSSILES. 19 mais, comme nous avons eu précédemment occasion de le faire remarquer, Linnée et Lister surtout avaient très-bien séparé dans des sections particulières presque toutes les coquilles étrangères aux véritables Patelles. C'est ainsi que Lister a formé un groupe particulier pour les Cabochons, pour les Fissurelles , pour les Calyptrées, etc., de manière qu'il n’y a eu véritablement qu’à faire des genres avec chacune de ces sections. Cependant, il faut le dire, on ne pouvait les établir d'une manière positive que sur de nouvelles observations, et les fonder sur des caractères mieux exprimés que ceux donnés par les anciens. Cette section des Patelles perforées au sommet devint, pour Bruguière, un genre qu’il nomma Fissurelle, et qu'il n'établit que par l'intime conviction où il était que le trou supérieur devait transmettre au-dehors des orifices d'organes, ce qui notait certainement une différence d'organisation. Cet illustre conchyliologue français pensait que l'ouverture supérieure transmettait au-dehors les excrémens; mais il ignorait que le canal de la respiration y passät aussi. Ce genre fut admis par tous les conchyliologues, et il fut confirmé par les observations récentes. Quoique l'animal ait beaucoup de rapports avec celui des Emarginules, 1l se reconnaît néanmoins au premier aspect par ce caractère du trou supérieur de sa coquille. Les Fissurelles sont généralement chargées de côtes rayonnantes ; leur sommet est central ou subcentral, et trèsrarement incliné,
M. Lamarck n'en avait signalé qu'une seule espèce aux environs de Paris : nous en citerons trois autres parmi lesquelles nous reconnaîitrons deux véritables analogues avec des coquilles actuellement vivantes.
1, FISSURELLE cANCELLÉE, Fissurella græca. Lamk.
PI. IL, fig. 7,8, 0.
F. testé ovato-oblongä, convex&, stris elevatis cancellatis ad sectiones tuberculatrs; Joramine parvo intus cincto, margine crenulato.
Lamk. Anim. s. vert. t. 6, 2° part., pag. 11, n° 4.
Patella græca. Linnée, Gmelin, pag. 3728, n° 19. Elle est citée et figurée à l'état vivant par Lister, Conchil. tab. 527, fig. 1, 2; Bonani, Recreat., 1, pl. 94; Gualtieri, Test, tab. 9, fig. N; Dargenville, Conch., pl. 2, fig. 1 ; Adanson, Voy. au Sénégal, pl. 2, fig. 7; Martini, Conch. tom. 1, tab. 11, fig. 98, 99, 100; Aldrovande, de Testaceis, pag. 546, fig. 4, et plusieurs autres,
Citée fossile par Brocchi, Conch. subappen. tom. 2, pag. 259, n° 8, sous le nom linnéen de Patella græca.
Localités : la Méditerranée, l'océan Atlantique; fossile en Italie, à Crete-Sanesi, San-Miniato, Monte-Morio, près Rome, dans le Plaisantin et dans le Piémont,
20 DESCRIPTION En France fossile à Grignon. C. G.
Cette coquille n'avait encore été trouvée fossile qu’en ltalie, et elle offrit l’analogie la plus complète avec l'espèce vivant actuellement dans la Méditerranée et dans l’océan Atlantique. Il est donc très-curieux, et très-étonnant à la fois, de relrouver aux environs de Paris un analogue fossile et un analogue vivant dans la même coquille. Ce fait est d'autant plus intéressant qu'il est très-rare de rencontrer quelqu'analogie entre les fossiles d'Italie et ceux des environs de Paris, et qu'il est plus rare encore de trouver des analogues parfaits entre nos fossiles et les Mollusques vivans. Quoique ce ne soit pas moi-même qui aie recueilli ce fossile, je n’en suis pas moins convaincu qu'il a été trouvé à Grignon. C’est M. Lambotin, qui s'occupe depuis très-long-temps à ramasser pour des collections, et pour la sienne en particulier, des fossiles de Grignon, qui a eu la bonté de me la communiquer, en y joignant la note de l'époque à laquelle elle fut trouvée.
Cabinet de M. Lambotin.
2. FISSURELLE À cOTESs. Fissurella costaria. N. ) Pl: IL; fig. Lo, r1, 12.
F. testä oblongo-ellipticä , dorso convexo-conicä, lateribus subdepressä , costis
radiantibus crebris, strias transversas subsquamulosas decussantibus; margine crenulato ; foramine oblongo inclinato.
Localité : Grignon ?
Je dois la connaissance de cette coquille à M. Duchätel de Versailles qui m'a assuré l'avoir trouvée à Grignon ou dans une des localités qui avoisinent celle-ci ; elle est d'autant plus remarquable qu’elle offre une grande analogie avec une Fissurelle vivante que l'on voit assez souvent dans les collections et qui n’a point encore été nommée par les conchyliologues. Cette analogie n’est point aussi complète et aussi certaine que pour l'espèce précédente, mais il y a un grand nombre de rapports; elle en a même beaucoup avec la Fissurella italica, Def. : elle est conique, oblique, élevée; son ouverture supérieure est inclinée, non centrale; il en part en rayonnant vingl-six grosses côtes entre lesquelles on en voit d’une à trois plus petites; toutes ces côtes sont un peu écailleuses ou plutôt coupées longitudinalement par un grand nombre de stries circulaires; à l’intérieur, l'ouverture su-
périeure est environnée d’un bourrelet continu. Longueur, trente millimètres ; largeur, dix-huit.
Mon cabinet.