TOME Il. au
deux groupes avait été antérieurement précisée par Adanson, d’après les animaux et les coquilles, dans son excellent ouvrage des Coquilles du Sénégal; Bruguière, dans l'Encyclopédie méthodique, adopta sans changement le genre Troque de Linné. M. Cuvier, le premier, dans son Tableau élémentaire d'histoire naturelle, publié en 1798, indiqua les principaux démembremens que le genre Trochus de Linné devait subir; il désigna nettement les genres Cadran, Monodonte, Roulette et Fripière. L'année suivante, Lamarck, dans son premier Essai de conchyliologie, adopta les genres Cadran et Monodonte, et les caractérisa d’une manière plus fondamentale que ne l'avait fait M. Cuvier.
M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, adopta aussi les deux genres que nous venons de mentionner, et les plaça à la suite des Troques, à l'exemple de Lamarck et de M. Cuvier. En 1809, lorsque Lamarck, dans sa Philosophie zoologique, institua des familles parmi les Mollusques, il sépara mal-adroitement les Troques et les Cadrans des Turbos et des Monodontes; les deux premiers genres, en effet, sont dans la famille des Calyptracés en rapport avec les Calyptrées etles Crépidules. Lamarck sentit bientôt que cet arrangement ne pouvait subsister; aussi, dans l’Extrait du cours qu'il donna en 1812, il joignit les Cadrans et les Troques aux autres genres de la famille des Turbinacés.
M. Cuvier, dans la premiere édition du Règne animal, sépara les Toupies des Sabots et ne leur laissa que deux sous-genres, les Calcares et les Cadrans. À ces deux premiers genres, démembrés des Troques de Linné, Lamarck, dans son dernier ouvrage, ajouta celui des Roulettes; mais M. Defrance, dans le Dictionnaire des sciences naturelles, créa celui des Pleurotomaires, dont la plupart des espèces étaient confondues parmi les Troques fossiles, Nous avons vu que M. de Blainville séparait en deux familles distinctes les Toupies des Turbos : dans le genre Toupie il indique plusieurs sections, parmi lesquelles nous remarquons le genre Roulette de Lamarck et le genre Télescope de Montfort. Ce genre Roulette a en effet bien des rapports avec les Troques, quoique cependant il s'en distingue. Il n’en est pas de même du genre Télescope, inutilement démembré des Cérites. Dans notre opinion le genre Troque se lie, par des nuances insensibles, aussi bien aux Monodontes qu'aux Turbos, et nous pensons qu'il conviendrait de réunir en un seul ces genres dont les anciens formaient un seul groupe divisé en sections, d'apres la forme extérieure de la coquille. Ici nous suivons entièrement la méthode de Lamarck, et nous rangeons sous la dénomination de Troques, celles des espèces fossiles du
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bassin de Paris, qui offrent tousles caractères que nous avons exposés au commencement du genre.
Parmi les espèces données par Lamarck dans ses Mémoires, il en est quelques-unes qui nous ont semblé mal circonscrites, el nous citerons par exemple le Trochus sulcatus. Nous remarquerons aussi que Lamarck donne comme l’analogue de l'espèce vivante celle fossile de Grignon, qui a la singulière propriété d’agglutiner et de retenir sur son test les corps étrangers. Il ne faut pas un examen très-scrupuleux pour reconnaître que ces deux coquilles sont essentiellement différentes; cette analogie forcée a été adoptée par presque tous les auteurs, qui l'ont même encore poussée plus loin, en rapportant à une seule les cinq ou six espèces qui présentent le même caractère. Nous pouvons donc dire que l'analogue du Trochus agglutinans, actuellement vivant dans la Méditerranée et dans la mer des Antilles, n’a point été connu de Lamarck; car ce n’est que depuis la cécité de ce professeur illustre que cet analogue à peu près exact fut découvert aux environs de Paris, dans des recherches que nous avons faites à Valmondois et ailleurs.
Lamarck n'indique que huit espèces de Troques dans le bassin de Paris, parmi lesquelles une au moins doit être supprimée; nous en possédons aujourd'hui plus du double, que nous allons présenter.