‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 270 sur 678 · F DESCRIPTION · texte numérisé non relu

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à son genre Monodonte. Il est inutile sans doute de chercher à les perfectionner, puisque ce genre, dans notre maniere de voir, devra rentrer dans celui des Troques ou des Turbos, lorsque ces genres, étant réunis, ne formeront plus qu'un seul groupe naturel, dont toutes les parties seront liées par un ensemble suflisant de caracteres.

Les Monodontes faisaient partie des Turbos et des Troques de Linné; en établissant ce genre, Lamarck rendit ceux que nous venons de mentionner plus naturels quant à leur ensemble; cependant, en considérant le caractère prédominant des Monodontes, c’est-a-dire la troncature de la base de la columelle, on voit qu’il n'appartient pas exclusivement aux Monodontes, et qu'il se retrouve aussi dans un certain nombre de véritables Troques : cela est si vrai que Lamarck lui-même, entraîné par des rapports de forme, a laissé parmi ses Troques des coquilles qui appartiennent sans aucun doute, par les accidens de la columelle, à son genre Monodonte. Relativement aux Turbos, on leur retrouve, comme dans quelques Monodontes, une ouverture arrondie, dont la columelle est simple et continue; mais on voit dans quelques espèces une dent, une troncature commencer à la base de la columelle, et montrer un passage insensible entre ces deux genres. La Monodonte pagode est une de ces coquilles ambigues, que l’on pourrait aussi bien introduire dans l’un que dans l’autre genre.

Les Monodontes sont, comme les Turbos et les Troques, des coquilles marines, dont l’ouverture est entière, toujours oblique à l'axe; la columelle, arquée dans sa longueur, est terminée à sa base par une troncature ou par une fissure et quelquefois par une dent saillante; le bord droit de l'ouverture est ordinairement épaissi et strié en dedans.

On compte dans ce genre un plus grand nombre d'espèces vivantes que fossiles; de ces dernieres on n’en avait encore rencontré que dans quelques parties des terrains tertiaires, et notamment dans ceux de Bordeaux et d'Italie ; aucun auteur n’en avait cité jusqu'à présent aux environs de Paris, et cependant il en existe une belle éspèce que nous avons découverte à Valmondois. Nous en possédons deux individus, les seuls qui soient connus jusqu'à présent dans les collections; nous allons en donner la descripton.

MonNoODONTE PARISIENNE. Monodonta Parisiensis. Nob.

PI. XXXII, fig. 8, 9.

AT. 1estd ovatd, subglobulosä, apice conicé, basim rotundatd; anfractibus

convexis, suturd undulatä separatis, transversim sulcatis ; sulcis granulosis, granulis quadratis rubentibus; ultimo anfractu magno, convexo; aperturd rotundatd; columellé arcuatd, basi truncatä, labro acuto.

Localités : Valmondois, Mary, G.M.S.

Cette coquille ressemble par sa forme au Wonodonta labio des auteurs; mais on ne peut la considérer comme son analogue, car les accidens de la columelle sont tout-à-fait différens dans les deux espèces : la coquille est ovale, obronde; la spire courte, conique, pointue et formée de cinq à six tours convexes, dont le dernier est plus grand que tous les autres; ces tours sont sillonnés en travers; ces sillons sont presque égaux et chargés d’un tres-grand nombre de tubercules peu saillans, quadrangulaires, d'un rouge obscur, sur un fond blanc; le dernier tour est très-convexe dans toutes ses parties; il se termine par une ouverture arrondie, un peu oblique à l’axe. La columelle est assez longue, assez épaisse, courbée en arc de cercle et séparée du bord inférieur par une petite troncature en forme de sillon ; le bord droit est mince et tranchant, simple et lisse en dedans.

Cette coquille, extrêmement rare et dont nous possédons les deux seuls individus connus, est longue de vingt-cinq millimètres et large de vingt-un.

Mon cabinet.

GENRE XXXVWIII.

TURBO. Turbo.

Caractères génériques. Coquille conoïde ou subturriculée, à pourtour jamais comprimé; ouverture entière, arrondie, non modifiée par l’avantdernier tour, à bords désunis dans leur partie supérieure; columelle arquée, aplatie, sans troncature à sa base; un opercule calcaire paucispiré.

Testa conoidea vel subturrita, peripheria nuTQUAINL COMPTESSA ; apertura integra rotundata, penultimo anfractu non deformata, marginibus surperne disjunctis ; columella arcuata, planulata basi non truncata; operculum calcareum paucispiratum.

Linné est le créateur du genre Turbo; il le caractérisa de telle maniere que parmi ses espèces purent se trouver des coquilles assez différentes, dont Lamarck, le premier, créa plusieurs genres, et nous citerons ceux nommés Turritelle , Scalaire et Dauphinule; parmi des espèces un peu moins différentes, Lamarck en choisit encore quelques-unes et lesintroduisit dans son genre Monodonte. Ces quatre genres que nous venons de citer, formés aux dépens des Turbos de Linné, furent presque généralement adoptés ;

les auteurs leur conservérent aussi les rapports indiqués par Lamarck dans le voisinage des Turbos. Des la création de la famille des Turbinacés, Lamarck y plaça les Turbos et leur dénombrement; il laissa les Troques et les Cadrans dans la famille des Calyptraciens jusqu’en 1812, qu'il les joignit aux autres Turbinacés. M. Cuvier conserva au genre Turbo à peu près l’étendue que lui avait donnée Linné; seulement il indiqua comme sous-genres ceux des genres de Lamarck qui en avaient été séparés; il y ajouta même quelques-uns des groupes si peu naturels de Montfort : on pourrait donc envisager le genre Turbo de M. Cuvier comme une véritable famille, et c’est en effet ce que fit M. de Férussac, dans ses Tableaux systématiques; mais M. de Férussac limita cette famille d’après d’autres principes, ce qui le porta à joindre dans un même groupe les genres Paludine, Turritelle, Vermet, Valvée et Natice, tandis que les Turbos proprement dits, réunis aux Troques, font partie de la famille des Trochoïdes, que M. Cuvier n'avait point indiqué. M. de Blainville, dans son Traité de Malacologie, eut, ce me semble, une opinion beaucoup plus rationnelle que celle de l’auteur que nous venons de mentionner : elle se rapproche beaucoup plus de celle de Lamarck. Nous voyons en effet le genre Sabot, dans lequel sont compris une partie des Monodontes de Lamarck et les Littorines de M. de Férussac, suivi des Pleurotomaires, des Dauphinules, des Turritelles, etc., dans la famille des Cricostomes; mais ce genre, placé immédiatement à la suite des Toupies et des Cadrans, constitue la famille des Cyclostomes. Nous ne pensons pas que cet arrangement soit conservé, et déja nous avons dit pour quelle raison, dans les discussions qui ont eu pour sujet les genres de la famille des Turbinacés que nous avons déja examinés. Nous avons fait voir, tant à l’article Mollusque de l'Encyclopédie, que dans les Considérations générales relatives à la famille des Turbinacés, sur quoi se fondait noire opinion et pourquoi elle différait de celle manifestée jusqu’a présent par les divers zoologistes.

Nous admettons ici le genre Turbo tel que Lamarck l’a caractérisé, c’esta-dire, contenant tout à la fois et les Turbos véritables et celles des espèces dont M. de Férussac a cru nécessaire de faire un genre séparé sous le nom de Littorines. Ce genre Littorine diffère par plusieurs de ses caractères des Turbos proprement dits, et méritera sans doute d'être adopté apres un examen approfondi et comparatif des animaux; on les distingue cependant à quelques caracteres empiriques des coquilles, et notamment à ce qu'elles ne sont jamais nacrées à l’intérieur, qu’elles ont une forme alongée et l'ouverture en général oblique à l'axe.

Les Turbos sont des coquilles marines, généralement épaisses, nacrées à l'intérieur, arrondies, à ouverture entière, dont les bords, très-rapprochés supérieurement, ne sont point complétement continus comme dans les Dauphinules, et ne sont cependant pas modifiés par l’avant-dernier tour, qui ne fait aucune saillie dans l’intérieur de l'ouverture; la surface extérieure est diversement accidentée et les couleurs en sont ordinairement très-vives. Il existe certaines espèces qui sont d’un côte sur la limite des Dauphinules, des Troques ou des Monodontes; ce qui semblerait les distinguer, c’est que quelques-unes ont l’'opercule calcaire et paraïtraient, à cause de cela, appartenir sans contestation au genre Turbo; mais il faut se souvenir de ce que nous avons dit précédemment, relativement à la nature de l'opercule,quin’est d'aucune valeur pour la séparation des genres. Lamarck n’a mentionné qu'un petit nombre d’espèces fossiles aux environs de Paris; quatre seulement ont été connues de lui; une cinquième, d’une forme assez singulière, avait été rapportée au genre Planorbe. À ces cinq espèces, nous en ajoutons neuf autres, qui ont été nouvellement découvertes dans différentes localités, dont Lamarck n’eut aucune connaissance. Parmi ces quatorze espèces une seule appartiendrait aux Littorines de M. de Férussac; nous l'avons placée la dernière du genre.

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