‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 437 sur 678 · GENRE XLV · texte numérisé non relu

GENRE XLV

CANCELLAIRE. Cancellaria.

Caractères génériques. Coquille ovale ou turriculée; ouverture subcanaliculée à sa base; le canal, soit tres-court, soit presque nul; columelle plicifère; les plis tantôt en petit nombre, tantôt nombreux, la plupart transverses ; bord droit sillonné à l’intérieur.

Testa ovalis vel turrita; apertura basi subcanaliculata; canali brevissimo , sæpius subnullo; columella plicifera; plicis modo perpaucis, modo numerosis, plerisque transversis; labro intus sulcato.

Les Cancellaires, comme les coquilles du genre précédent, étaient confondues, par Linné, parmi les espèces de son genre Volute. Quelques-unes ont été connues cependant avant la publication de la douzième édition du Systema naturæ. Adanson en décrivit une dans son ouvrage sur le Sénégal, et il la rangea au nombre des Pourpres, tout en reconnaissant que dans ce genre Pourpre il admettait plusieurs sortes d'animaux, dont il donna les principaux caractères. L'opinion de Linné ayant prévalu, tous les auteurs attachés à la lettre de l'ouvrage de ce grand naturaliste conserverent les Cancellaires parmi les Volutes. Lamarck, le premier, les distingua comme genre dans le premier essai de conchyliologie, qu’il publia dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle. Il n’éloigna pas alors son nouveau genre de ceux qu'il avait démembrés des Volutes et le laissa à la suite des Marginelles, et non loin des Buccins et des Pourpres. Il conserva au genre les mêmes rapports dans le Système des animaux sans vertèbres, et cette opinion fut bientôt apres adoptée par M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini. Jusqu'a la publication de son dernier ouvrage, Lamarck conserva sa première opinion, considérantles Cancellaires comme des coquilles échancrées à la base et voisines par conséquent des Volutes et des Mitres. Mais alors il jugea, d’après certaines espèces, qu’elles étaient canaliculées, et il les transporta dans le voisinage des Fuseaux et des Turbinelles. Cuvier, qui n’avait pas mentionné de genre dans sa classification des mollusques faisant partie de l'anatomie comparée, se conformant à

la première opinion de Lamarck, mit ce genre à la suite des Mitres, au nombre des sous-genres des Volutes. Dans l'impossibilité de juger des Cancellaires d’après les caractères zoologiques, les deux opinions que nous venons de rapporter pouvaient être également soutenues ou contestées par des raisons d’une égale valeur. M. de tunes dans ses Tableaux systématiques pour l’arrangement des mollusques, n’adopta ni l’une ni l’autre de ces opinions et mit ce genre parmi les Pourpres, dont il ne le distingua pas même, en établissant pour lui un sous-genre. Il revint donc exactement à l'opinion d’Adanson, opinion qui pouvait être utilement modifiée, en utilisant l'ouvrage d'Adanson lui-même. M. de Blainville, dans son Traité de malacologie, modifia l'opinion de Cuvier et de Lamarck, rejeta celle de M. de Férussac, plaça les Cancellaires entre les Ricinules et les Pourpres; cet arrangement ne nous paraît point conforme à la connaissance des coquilles et encore moins à celle de l'animal. Ayant eu à traiter de ce genre dans l'Encyclopédie méthodique, et après avoir examiné avec attention tout ce qui y a rapport, nous avons préféré la derniere opinion de Lamarck et nous l'avons adoptée dans les tableaux systématiques qui font partie du même ouvrage. Malheureusement depuis la publication de louvrage d’Adanson, aucun zoologiste n’a donné de renseignemens sur l’animal des Cancellaires, de sorte que, pour déterminer définitivement les rapports de ce genre, il faut attendre que les zoologistes qui habitent les bords de la Méditerranée nous fassent connaître l'animal de l'espèce qui s'y trouve assez abondamment. Nous avions d'abord pensé qu'il serait possible d'introduire les Cancellaires dans la famille des Plicacées de Lamarck, à côté des Pyramidelles et des Tornatelles; car, lorsque l’on examine bien les Cancellaires, on reconnaît que s’il y en a quelques-unes qui sont veritablement échancrées ou canaliculées à la base, il y en a d’autres qui paraissent avoir l'ouverture entière à la manière des genres que nous venons de rappeler.

Les Cancellaires sont des coquilles marines dont on ne connaissait autrefois qu’un petit nombre d'espèces à l’état vivant. Le nombre des fossiles était lui-même peu considérable, et l'on voit que Lamarck ne mentionne en tout que dix-huit espèces. Ce nombre s'est maintenant accru d’une manière surprenante pour les espèces vivantes depuis les importantes recherches de M. Cuming. Ce savant conchyliologue, qui n’a pas craint d'entreprendre un long et pénible voyage dans l'intention d'augmenter les richesses conchyliologiques, porte maintenant à quarante-huit le nombre des espèces qu’il possède, auxquelles on peut en ajouter deux qui ne font

pas partie de sa monographie. Si à ces cinquante espèces vivantes nous ajoutons les trente fossiles que nous connaissons, on aura à peu près exactement le nombre des espèces actuellement connues. Les grandes et belles espèces fossiles se rencontrent ordinairement en Italie et aux environs de Bordeaux. Le bassin de Paris n’en fournit qu'un petit nombre; Lamarck n’en connut que trois espèces, auxquelles nous pouvons en ajouter quatre autres; nous en donnons ici la description.

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