‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 44 sur 678 · GENRE IX · texte numérisé non relu

GENRE IX

BULLE. Bulla.

Caractères génériques. Corps ovale-oblong, un peu convexe, divisé supérieurement en deux parties transversales , ayant le manteau replié postérieurement ; tête tres-peu distincte; point de tentacules apparens ; branchies dorsales et postérieures recouvertes par le manteau; anus sur le côté droit. Partie postérieure du corps recouverte par une coquille exterre , qui y adhère par un muscle.

Coquille univalve, ovale, globuleuse, enroulée, n'ayant point de columelle, ni de saillie à la spire , ouverte dans toute sa longueur ; à bord droit tranchant.

Corpus ovato-oblongum, convexiusculum , supernè transversim bipartitum ; velo posticè replicato. Caput vix distinctum , tentacula conspicua nulla. Branchæ dorsales, posticæ , velo tectæ. Anus ad latus dextrum corporis ; pars postica test& extern& musculo adhærente recondita.

Testa univalvis, ovato-globosa, convoluta ; columella nulla ; spira non exerta. Apertura longitudine testæ; externo margine acuto.

Les coquilles qui forment le genre Bulle étaient connues depuis très-longtemps; les plus anciens auteurs leur donnaient des noms différens , tirés de comparaisons plus ou moins justes ; ainsi nous voyons Rumphius les nommer Ova Ibcis, Ova vanelli,quelquefois Bulla, Langius leur donner le nom de Nux marina que Gualtieri a adopté. Mais Lister, homme d’une rare sagacité, avait avant céla rassemblé toutes les Bulles en un seul groupe qu'il réunit,il est vrai, aux Porcelaines sous la dénomination générale de Concha veneris, mais que néanmoins il avait séparé par le fait dans ses planches, aussi bien que le genre Ovule. C'était donc là une très-bonne indication pour les auteurs qui le suivirent: aussi Langius ne s’en écarta pas ; Klein lui-même (Ostrac. pag. 82) conserva entier le genre de Langius, dont il changea seulement le nom, en lui donnant celui de Bulle, Bulla. Si Linné avait suivi la même marche, dès le principe le genre Bulle se serait trouvé bon; mais il y confondit une foule de coquilles qui étaient sans doute pour lui des genres incertains, et qu'il jeta dans ce genre pour ainsi dire au hasard , et sans qu'on puisse reconnaître entre elles les moindres rapports: tels seraient par exemple les Bulla rapa ; ficus , fontinals , achatina, etc. Aussi quand Bruguière commença à réformer le genre Bulle de Linné, il suivit sans les citer les indications de Klein et sans doute celles de Von Born. Pour rendre ce genre meilleur, il fallait donc le remettre dans les limites que les anciens avaient posées, et ne point s'en écarter ; et si Braguière alors avait admis le genre Phylline d’Ascanius, son genre Bulle n'aurait eu besoin d'aucun changement.

Adanson, auquel l'histoire naturelle des Mollusques est redevable de tant d’excellens travaux , fut le premier qui examina l’animal d’une Bulle; il reconnut entre lui et celui du Sormet quelques rapports, et il plaça son Gossou avec lui dans son genre Gondole, Cymbium. Il reconnut également que l'animal de la Bulle avait une coquille extérieure, et que l'animal était trop grand pour y entrer entier, et s'apercut de l’analogie qui existe entre son animal et celui figuré par Plancus , observation que personne alors ne releva. Müller, qui vit aussi l'animal d'une Bulle, le prit pour un animal nouveau , et lui donna le nom d’Æ4kera, sans mentionner la Gondole d’Adanson. M. Cuvier dans une notice insérée dans le Bulletin des Sciences, an VIT, pag. 52, fit sentir les rapports des Bullées avec les Aplysies, et M. Lamark les mit dans la même famille; mais il en excepta les Bulles qu'il en écarta, ce que nous avons dit précédemment, et ce ne fut qu'après la publication du beau mémoire de M. Cuvier ( Ann. du Mus. tom. XV, 1810) sur les Acères, que M. Lamark les rapprocha dans les Laplysiens , et enfin les réunit en une famille avec les genres Bullée et Acère. Nous avons déjà mentionné, en parlant des Bulléens en général, des travaux de Humphrey et de M. Cuvier, et nous

DES COQUILLES FOSSILES. 9 ne citerons plus que ceux de Montagu qui a eu occasion de voir un grand nombre d'espèces de Bulles et d'étudier leurs animaux. Ce savant naturaliste nous a appris que toutes les Bulles des côtes d'Angleterre ont des pièces stomacales, ce qui devient alors un caractère d’une assez grande importance à joindre à ceux déjà donnés; mais il faudrait que la vérification s’en fit sur toutes les espèces connues. À l'exemple des conchyliologues qui ont suivi Bruguière, nous avons adopté cette division des espèces, établies sur l'apparence ou la non apparence de la spire.

Espèces dont la spire est incluse , non visible à l'extérieur.

Page 1