‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 451 sur 678 · TOME Il · texte numérisé non relu

TOME Il

Lamarck. En effet, en examinant les coquilles qui ont servi à l’établissement de celte espèce, nous avons reconnu confondus sous cette seule dénomination des jeunes individus du Fusus rugosus, du Fusus Noe et de celui dont nous allons donner la description. Nous avons fait un autre changement dans la synonymie relativement aux figures de Brander et de M.Sowerby. Lamarck rapportait à son Fusus longævus une coquille qui a tous les caractères de son Fusus scalaris. C'est elle que M. Sowerby a figurée sous le nom de Fusus longævus. Ayant adopté la nomenclature de Lamarck dans cet ouvrage, nous ne pouvons faire une rectification qui deviendra nécessaire par la suite, puisque Brander a le premier imposé la dénomination de longævus à l'espèce que plus tard Lamarck a nommée Fusus scalaris, il sera nécessaire de rendre à ce dernier son nom primitif et d’en trouver un autre pour le Fusus longævus actuel de Lamarck; mais il est à présumer que la nomenclature se simplifiera par la réunion des deux espèces que nous venons de mentionner. Lorsqu'un grand nombre de variétés seront réunies, on trouvera sans doute les points de jonction, et alors on pourra établir une grande série, commençant par les individus dont les tours, mediocrement étagés, sont arrondis à leur partie supérieure et se terminant par ceux qui ont une carèene relevée et quelquefois onduleuse ou subépineuse.

Le Fuseau ventre lisse, tel que nousle considérons ici, est une coquille fusiforme, alongée, en massue, ayant ordinairement une forme subcylindracée ; la spire est assez courte, régulièrement conique; les premiers tours, entierement lisses, forment au sommet un prolongement cylindrique, quelquefois peu régulier; les tours suivans sont aplatis; on y voit quelques côtes longitudinales peu saillantes et sur lesquelles passent cinq a six stries transverses assez fines. Dans le plus grand nombre des individus les stries et les côtes disparaissent au troisième ou au quatrième tour; les suivans sont lisses. La partie supérieure des tours, qui d’abord était peu épaisse, s’éleve assez subitement en une sorte de rampe convexe, assez large, derriere laquelle la suture se cache au fond d’un sillon assez profond. Ce sillon de la suture s'approfondit surtout sur le dernier tour des vieux individus; ce dernier tour, plus ou moins alongé, est subcylindrique: il est très-convexe à la base, se prolongeant de ce côté en un canal un peu tordu, grêle, étroit et un peu plus court que la spire. L'ouverture est ovale-oblongue; son angle supérieur présente une gouttière profonde assez large et décurrente à l’intérieur. Dans quelques individus l'extrémité antérieure de cette gouttière produit une échancrure peu profonde et une

callosité épaisse, dans laquelle elle est creusée ; la columelle est subcylindracée : elle est accompagnée d’un bord gauche assez mince et appliqué dans toute son étendue. Dans certains individus ce bord se relève et se joint à une courte lamelle placée le long du canal. Le bord droit est médiocrement épais; il est simple et à peine sinueux à sa partie inférieure.

Il existe peu d'individus qui aient entre eux une ressemblance parfaite; nous les avons cependant rapprochés et groupés sous trois variétés principales. Dans la première sont les coquilles en général plus petites, proportionnellement plus longues et plus étroites, et le dernier tour plus alongé et plus cylindrique. Dans la seconde, nous comprenons les individus dont la spire est plus courte, et les tours, au lieu d’être arrondis à leur partie supérieure , forment une rampe aplatie. Enfin, nous plaçons dans la troisième des individus plus petits, dont la spire est proportionnellement plus longue et plus pointue, et dont les tours, excepté les deux derniers, conservent les côtes longitudinales et les stries transverses.

Cette coquille est très-commune aux environs de Paris. Les grands individus sont longs de douze centimètres et demi, et larges de quarante millimétres.

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