DIX-NEUVIÈME FAMILLE
LES PURPURIFÈRES.
Coquille ayant un canal court, ascendant postérieurement, ou une échancrure oblique en demi. canal, à la base de son ouverture, se dirigeant vers le dos.
En créant cette famille dans sa Philosophie zoologique, Lamarck la composa de dix genres, et la plaça des-lors dans des rapports tout-à-fait semblables à ceux qu’il lui conserva dans son dernier ouvrage; à ces dix premiers genres il en ajouta un onzième et les partagea en deux sections de la maniere suivante.
Lo
1° Un canal ascendant ou recourbé wers le dos:
CassiDAIRE, CASQUE.
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Une échancrure oblique, dirigée en arriere:
RiciNuze, Pourpre, LicoRNE, Concnozépas, Harre, TonNnE, Buccin, EBURNE, Vis.
Presque tous ces genres sont le résultat du démembrement du grand genre Buccin de Linneé. Les rapports qu'ils ont entre eux sontsi naturels, que presque tous les naturalistes se sont trouvés dans la nécessité d’ adopter cette famille des Purpurifères de Lamarck, soit en lui conservant ce nom, soit en lui en imposant un autre. Nous voyons en effet, dans la première RO du Règne animal, Cuvier donner à son genre Buccin une valeur tout-à-fait analogue à celle de la famille des Purpurifères, puisque à titre de sousgenre il y comprend tous les genres de Lamarck, en y ajoutant quelques démembremens inutiles, proposés par Montfort dans sa Conchyliologie systématique. Quant aux rapports généraux donnés par Cuvier à son genre Buccin, ils sont semblables à ceux établis par Lamarck plusieurs années auparavant. M. de Férussac n’a point adopté entierement le genre Buccin de Cuvier pour en faire soit un ordre, soit une famille de sa méthode : il forma un genre Buccin composé des Buccins de Lamarck et de ses Éburnes, et constitua avec lui une petite famille qu'il mit entre les Cérites et les Pourpres, reportant surle genre Pourpre lui-même, et à titre de sous-genres, tous les autres genres de la famille des Purpurifères de Lamarck. Il ajouta parmi eux le genre des Struthiolaires, ce qui est, selon nous, une innovation ficheuse. Mais M. de Férussac, appréciant mieux que Lamarck lui-même la valeur du genre Core mit ce genre dans des rapports beaucoup plus naturels, en le rapprochant des Pourpres et des Buccins. La famille des Entomostomes, proposée par M. de Blainville, dans son Traité de malacologie, est trop considérable pour ne contenir que des animaux ayant des caractères analogues. Nous y voyons en effet des genres dont les animaux sont fort différens; tels, par exemple, que des Cérites, des Tonnes, des Pourpres. Quoique M. de Blainville ait eu le soin de diviser sa famille en quatre sections; cela n'établit pas un accord plus naturel entre les genres qui la constituent. Nous préférons la simplicité de la famillé de Lamarck, et nous l’adopterions entièrement, sinousne croyions nécessaire d'y apporter maintenant quelques modifications peu importantes. Cest ainsi que nous proposerions de réunir en un seul les genres Pourpre, Licorne et Concholépas. Nous proposerions également, après avoir ee le genre Éburne, de joindre la plupart des espèces aux Buccins, et quelques-unes aux Ancillaires. Enfin, après avoir transporté dans le genre Mitre
quelques espèces du genre Colombelle de Lamarck, nous proposerions , à l'exemple de M. de Férussac, de mettre le genre ainsi réformé dans le voisinage de celui des Buccins. Si les changemens dont nous parlons étaient adoptés, la famille dont nous nous occupons se trouverait réduite à neuf genres naturels, à moins que par la suite on puisse joindre encore les Cassidaires aux Casques, comme ceJa aura lieu très-probablement, lorsque les animaux seront connus.
Parmi les genres de cette famille des Purpuriferes de Lamarck, les suivans sont seuls connus à l’état fossile aux environs de Paris:
Cassidaire, Casque, Harpe, Buccin et Vis.
GENRE LIN, CASSIDAIRE, Cassidaria.
Caractères génériques. Coquille ovoïde ou ovale-oblongue; ouverture longitudinale, étroite, terminée à sa base par un canal courbé, subascendant ; bord droit muni d’un bourrelet ou d’un repli; bord gauche appliqué sur la columelle, le plus souvent rude, granuleux, tuberculeux ou ridé.
Testa obovata vel ovato-oblonga; apertura longitudinalis, angustata, in canalem curvum, subascendentem basi desinens; labrum marginatum seu margine replicatum 5 labium columellam obtegens, sϾpius asperulum , granulosum , tuberculatum vel rugosum.
Créé par Lamarck en 1811,le genre Cassidaire a été généralement adopté et placé, selon l'opinion de Lamarck, dans le voisinage des Casques. Avant que Lamarck le proposât sous le nom que tous les auteurs lui ont conservé, Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, lui avait donné le nom de Heaulme (Worio); mais ce nom fut oublié, tandis que celui de Lamarck prévalut. Cuvier, en établissant son genre Buccin dans le Règne animal, voulut lui conserver une valeur à peu pres égale à celle que Linné lui avait d'abord donnée; aussi il se contenta de citer la plupart des genres , des Purpuriferes de Lamarck parmi ses sous-genres des Buccins, et c’est ainsi que s’y trouve celui des Cassidaires. Au lieu de laisser ce genre Cassidaire à la suite des Buccins, M. de Férussac, dans ses Tableaux systématiques, en fit un sous-genre des Pourpres. M. de Blainville, au contraire, conserva le genre qui nous occupe et le mit immédiatement à la suite des Casques, adoptant ainsi, sans la modifier beaucoup, l'opinion de Lamarck sur la valeur et les rapports de ces genres. Le célèbre entomologiste Latreille proposa, dans ses familles naturelles du Règne animal, une famille
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des Cassidites, dans laquelle il associa les trois genres Cassidaire, Casque et Ricinule. Cette famille ne pouvait être adoptée, car il existe réellement une différence notable entre les Ricinules et les deux autres genres, et ces Ricinules ont tous les caractères essentiels des Pourpres. Si M. Latreille voulait faire une famille des Cassidites, elle eùt été beaucoup plus natu relle, s'il s'était contenté d'élever à ce titre la première section des Purpu riferes de Lamarck.
On présumait que l'animal des Cassidaires avait de la ressemblance, soit avec celui des Buccins, ou mieux encore avec celui des Casques. L’obser- * vation a manqué à cet égard jusqu'au moment où, profitant dela communication que nous en fit M. Peyraudeau, nous pümes donner, dans l'Encyclopédie, quelques détails sur l'animal de la Cassidaire échinophore. Cet animal a en effet de la ressemblance avec celui du Buccin; mais il en a beaucoup plus avec celui des Casques, dont MM. Quoy et Gaimard ont donné une très-bonne figure dans la Zoologie du Voyage de l’Astrolabe. Si, comme on le fait pour beaucoup de genres, on attache queique importance aux opercules, il faut dire que dans ceux-ci ils sont très-différens.
M. Sowerby a proposé, il y a quelques années, de démembrer le genre Cassidaire de Lamarck, et de faire avec le Cassidaria oniscus et autres espèces analogues un genre qu’il nomme Oniscie (Oniscia). On ne peut contester les différences qui se montrent entre les Oniscies et les Cassidaires,; mais, avant d'adopter le genre, il faut en apprécier la valeur. Les Oniscies ne diffèrent guère plus des Cassidaires que certaines espèces de Casques entre elles; aussi nous pensons qu'il sera prudent de n’introduire dans la méthode le nouveau genre du zoologiste anglais, que lorsque l’animal sera connu et qu'il sera constaté qu'il est en effet différent de celui des Cassidaires.
On ne connaît encore dans le genre qui nous occupe qu’un petitnombre d'espèces soit vivantes, soit fossiles. Parmi ces dernières, Lamarck n’en connut qu'une, appartenant au bassin de Paris. Nous pouvons actuellement en ajouter deux autres.
1. CASSIDAIRE CARINÉ. Cassidaria carinata. Lamk. . A0 PI. LXXXV, fig. 8, 9; pl LXXXVI, fig. 7.
C. testä ovatd, inflatd, transversim tenuissimé striatd; cingulis subquinque carinatis, supremis tuberculosis; anfractibus sursim complanatis ; caudu longiusculd , ascendente.
Buccinum nodosum, Brand., Foss. hant., Frontisp., n. 131.
Knorr, Test. diluv., pl. 59, fig. 6.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 2, p. 169, n. 5.
Idem, Anim. sans vert., tom. 7, p. 217, n. 7.
Cassidea carinata, Brug., Encycl. méth., Vers, tom. 2, p. 439, n. 20.
Cassis carinata, Sow., Min. conch., pl. 6, fig. 1, 2.
Sow., Gen. of Shells, fig. 3.
Var. a. Nob.) Testä majore; carinis simplicibus.
Var. b. Nob.) Carinis quatuor tuberculosis.
Var. c.) Carinis quatuor simplicibus.
Var. d.) Test4 breviore, inflata, tricarinata; carind superiore tuberculosd.
Var. e.) Testd spirä breviore, tricarinatdä, carinis simplicibus.
Localités : Grignon, Parnes, Courtagnon, Chaumont, Mouchy, C. G.; Valmondois, Tancrou, G. M.S.
Coquille très-commune et trés-variable, qui a beaucoup de rapports avec le Cassidaire échinophore actuellement vivant dans la Méditerranée; elle est ovale-ventrue; sa spire est courte, étagée, aplatie en dessus et formée de six ou sept tours, dont la surface est partagée en deux parties presque égales par un angle saillant; le dernier tour est si grand, qu'il constitue à lui seul presque toute la coquille : il est ventru; sa surface est ornée d’un grand nombre de stries transverses, très-fines, et sur la plupart des individus on voit cinq côtes carénées ou anguleuses, allant graduellement en décroissant, depuis la première, placée au sommet, jusqu'a la dernière, occupant la base de la coquille; les premières carènes sont, dans la plupart des individus, couronnées de tubercules plus ou moins saillans, tandis que les dernières sont lisses; le dernier tour se prolonge à la base en un canal alongé et étroit, fortement relevé de droite à g gauche. L'ouverture est ovale, subsemilunaire; la columelle, un peu excavée dansle milieu, est revêtue d’un large bord gauche, mince, relevé à la base et laissant ainsi à découvert une petite fente ombilicale; le bord droit est fort épais, garni en dehors d'un bourrelet, et il est lisse en dedans. Les variétés que nous indiquons ici sont fondées sur le nombre des carènes transverses, ainsi que sur la présence ou l'absence des tubercules : dans la première, les quatre premières carènes sont tuberculeuses, la cinquième est lisse; dans la seconde, les cinq carènes sont tout-à-fait lisses; dans la troisième, on compte quatre carènes seulement, et elles sont pour la plupart tuberaus
leuses; dans la cinquième, les carènes sont simples. Une autre variété n’a plus que trois carènes. Parmi les individus qui en dépendent, les uns ont ces carènes tuberculeuses; les autres les ont simples.
Les grands individus Out cinquante-cinq millimètres de long et quarante de large.
Mon cabinet.