GENRE LIV
CASQUE, Cassis.
Caractères génériques. Coquille bombée; ouverture longitudinale, étroite, terminée à sa base par un canal court, brusquement recourbé vers le dos de la coquille; columelle plissée ou ridée transversalement; bord droit presque toujours dente.
Testa inflata; apertura longitudinalis, angusta, in canalem brevem subitoque dorsoreflexum desinens ; columella transverse plicata velrugosa; labrum sæpissime dentatum.
Lister doit être considéré comme le créateur du genre Casque; car, avant lui, les naturalistes se contentèrent de reproduire, à limitation de Rondelet et sous le nom de Murex triangularis, l'une des espèces que connut ce père de la science. Lister ne confondit presque aucune coquille étrangère avec les Casques, auxquels il donna la dénomination générale de Buccinum recurvirostrum. Gualtieri reproduisit sans changemens le genre de Lister et le rendit encore plus naturel peut-être, en éliminant une ou deux espèces que Lister y avait à tort confondues. Gualtieri, ou plutôt Tournefort, l’auteur de la méthode qui a servi à l’arrangement que l’on voit dans l’/ndex testarum, sentit si bien les vrais caractères des Casques, qu'il en éloigna les Cassidaires pour en faire un petit groupe particulier des Buccins, et malgré ces travaux préparatoires qui démontraient la bonté du genre dont il est question, Linné le rapporte à son grand genre Buccinum, ayant soin de faire, pour le groupe des Casques, une section particulière, dans laquelle on ne trouve point de coquilles qui leur soient étrangères. Bruguière, en reproduisant et en caractérisant de nouveau le genre Casque, dans le premier volume des Vers de l'Encyclopédie, fut imitateur de Lister et de Gualtieri, et réformateur de Linné.
Ce genre était trop différent des Buccins, et les caractèrès, présentés d'une manière nette et concise, en faisaient assez bien ressortir la valeur pour que les zoologistes se fussent empressés de l’adopter, les uns, comme Lamarck, à titre de genre, dans le voisinage des Buccins; les autres, comme Cuvier, à titre de sous-genre du grand genre Buccin, envisagé à la manière de Linné. Comme nous l'avons vu précédemment, Lamarck ne
proposa dans le genre de Bruguière qu’un seul changement, celui qui est relatif au genre Cassidaire dont nous avons traite.
Le genre Casque renferme un assez grand nombre de coquilles marines, ornées de vives couleurs, parmi lesquelles on peut en remarquer quelquesunes d’un trés-grand volume. Ces coquilles se distinguent facilement des autres genres par plusieurs bons caractères. La columelle est accompagnée d'un large bord gauche, quelquefois très-épais dans certaines espèces et débordant toute la face inférieure de la coquille; le canal terminal est étroit, profond et subitement redressé vers le dos, et de ce côté il est court et profondément échancré à son extrémité; le bord droit est ordinairement dentelé à l'intérieur, et dans toutes les espèces il est garni d’un bourrelet quelquefois trés-épais, paraissant rentrer dans l’ouverture, la rétrécissant en fente longitudinale, comparable à celle des Porcelaines ou autres genres de la famille des Enroulées.
Les Casques fossiles, actuellement connus, sont en petit nombre : c’est en Italie et dans le bassin de la Gironde que l’on en trouve le plus. Lamarck en a signalé deux dans le bassin de Paris, et nous pouvons en ajouter un troisième.
1. CASQUE EN HARPE. Cassis harpæformis. Lamk. PI. LXXX VI, fig. 5, 4, 5,6.
C. testd ovato-inflatd, superne ventricosä, longitudinaliter plicatä; ultimo anfractu supernè bifariäm tuberculoso, basi attenuato, canali contorto, obliquo terminato; apertur& oblongd; columelld regulariter rugosd; labro incrassato, obscurè paucidentato , supernè dente majori instructo.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 2, pag. 169, n. 1.
Idem, Anim. sans vert., tom. 7, pag. 229, n. 26.
Var. a. Nob.) Testd majore, superné transversim striatd.
Var. b. Nob.) Testd turgidiore plicis numerosioribus.
Localités : Grignon, Courtagnon, Mouchy, Parnes, C. G.
On distingue très-facilement cette espece : elle est ovale, ventrue; la spire est courte, conique, composée de cinq à six tours aplatis, divisés en deux parties presque égales par une carene assez aigué et dentelée. La suture est bordée par un bourrelet peu épais; le dernier tour est orné de plis longitudinaux plus ou moins réguliers, selon les individus; ils descendent du sommet à la base; la partie supérieure de ce dernier tour présente une double rangée de tubercules plus ou moins saillans et plus ou moins nom-
breux, selon les individus. Ces tubercules sont ordinairement compriméssur le côté; quelquefois à leur basese montrent un petit nombre de stries transverses. L'ouverture est ovale-oblongue, étroite; la columelle, à peine arquée dans sa longueur, est accompagnée d’une large callosité étalée à sa partie supérieure et beaucoup plus rétrécie à la base. Sur le bord interne de cette callosité on voit des rides irrégulières plusnombreuses et plus profondes dans les vieux individus que dans les jeunes; le bord droit est épaissi en dedans et à peine denté; il est garni en dehors d’un bourrelet épais; à sa partie supérieure il est muni d'une grosse dent qui sert à limiter une sorte de gouttière placée dans l’angle supérieur; le canal terminal est étroit, très-profond et obliquement relevé de droite à gauche. Les variétés sont intéressantes en ce qu’elles semblent établir la liaison avec l'espèce suivante, qui n’est peut-être elle-même qu'une forte variété de celle-ci.
Dans l’une de ces variétés, les plis longitudinaux, beaucoup plus nombreux, ressemblent à ceux de l’espèce suivante; mais ils restent simples et ne sont pas traversés par des sillons transverses.
Cette coquille, assez rare, est longue de cinquante millimetres et large de trente-quatre.
Mon cabinet.