CAsQuE BONNET. Cassis calantica. Nob
PI. LXXXV, fig. 17, 18, 19.
C. testä ovatd, inflatd, transversim sulcatä, longitudinaliter plicis irregularibus instructä; ultimo anfractu supernè unicä serie granuloso; aperturä ovato-angustä; columell& rugosd ; labro dentato , incrassato.
Localité : Valmondois, G. M. S.
Quoique nous ne connaissions qu'un seul individu appartenant à cette espèce, nous le signalons à l'attention des naturalistes, parce que nous avons la conviction que, malgré quelques points de ressemblance avec l'espèce précédente, il doit cependant en être distingué.
Cette coquille est ovalaire, proportionnellement moins ventrue que les espèces précédentes; la spire est conoïde; on y compte cinq tours aplatis, divisés en deux parties égales par un petit cordon de granulation; le dernier tour est sillonné en travers : les sillons sont étroits, peu profonds, et ils sont rendus irrégulièrement granuleux par des plis longitudinaux trèsirréguliers, souvent interrompus et n'embrassant ordinairement dans leur longueur que deux sillons; à sa partie supérieure, le dernier tour est couronné par un seul rang de tubercules un peu plus gros que ceux des sillons qui sont en dessus et en dessous. L'ouverture est ovale, étroite; le bord gauche est élargi, aplati, appliqué dans toute son étendue, et chargé de rides transverses grosses et peu nombreuses; le bord droit est plus épaissi
en dedans qu’en dehors, et les dents dont il est garni, sont grosses, égales et au nombre de neuf.
Cette espèce, qui parait très-rare, est longue de vingt-huit millimètres et large de dix-neuf.
Mon cabinet.
GENRE Lv.
HARPE. ÆHarpa.
Caractères génériques. Coquille ovale, plus ou moins bombée, munie de côtes longitudinales parallèles, inclinées et tranchantes; spire courte; ouverture échancrée inférieurement et sans canal; columelle lisse, aplatie et pointue à sa base.
Testa ovata, plus minusve turgida; costis longitudinalibus parallelis, compressis, inclinatis, acutis; spira brevis; apertura longitudinalis, inferne emarginata; canali nullo; columella lævis, basi plana et acuta.
Entre ce genre et celui qui précède, la méthode de Lamarck en contient plusieurs qui, n'ayant pas été trouvés fossiles dans le bassin de Paris, ne doivent pas être mentionnés dans cet ouvrage. Ainsi les Ricinules, les Pourpres, les Licornes et les Concholépas manquent jusqu'a présent, et les recherches ont été assez multipliées pour faire croire qu'ils ne sont point entrés dans le grand ensemble conchyliologique de la vaste formation tertiaire que présente le bassin de Paris. Lamarck cependant, sur des renseignemens que nous croyons faux, a inscrit, parmi les genres des environs FA Paris, celui des Pourpres, et y a cité une seule espèce, le Purpura lapillus, aujourd’huivivant en grande abondance dans tout l'Océan européen. Lamarck dit que cette espèce fossile est très-commune à Courtagnon. Ayant visité cette localité célebre avec beaucoup d'attention, nonseulement nous n’y avons jamais rencontré la Pourpre en question, mais nous n'y avons vu aucune espèce dépendant de ce genre. M. Defrance, dont la collection a été citée fréquemment dans l'ouvrage de Lamarck et dans celui-ci, voulut bien nous donner, au sujet du Purpura lapillus de Courtagnon, quelques renseignemens curieux que nous croyons utiles de rapporter ICI.
Montfort, l’auteur de la Conchyliologie systématique, présenta à Lamarck quelques individus du Purpura lapillus, roulés et blanchis sur les côtes, dans lesquels il avait introduit avec force quelques fossiles du bassin de Paris et du sable dans lequel ils se trouvent. A l’aide de cette supercherie blâmable, Montfort trompa la bonne foi du respectable Lamarck, et c’est
ainsi qu'une espèce tout-à-fait étrangère à la formation tertiaire de Paris fut mentionnée par Lamarck jusque dans son dernier ouvrage. M. Defrance conserve dans sa collection un des individus préparés par Montfort, et il ne faut pas l’examiner long-temps pour reconnaître la fraude.
Le genre Harpe était confondu, par Linné, comme le précédent, parmi ses Buccins, et il réunissait, sous un même nom spécifique, Buccinum harpa, toutes les espèces qu'il connaissait et dont le nombre ne s’est presque point accru depuis cette époque. Les Harpes ont cependant un aspect particulier qui les rend très-faciles à distinguer, non-seulement des Buccins, mais encore de tous les autres genres environnans. Aussi, après avoir été créé, le genre Harpe futgénéralement admis dans la méthode. On adopta également les rapports que Lamarck lui donna dés le commencement, l’ayant placé dans le voisinage des Tonnes et des Casques.
Les coquilles de ce genre sont marines, et le nom qu’elles ont reçu vient sans aucun doute de la disposition particulière des côtes longitudinales. Ces coquilles brillent des plus vives couleurs, et à cause de cela elles sont recherchées des amateurs; elles sont ovales-oblongues, ventrues; elles ont la spire courte et sont ornées de côtes régulières, mutiques, dont le nombre est variable, selon les individus. L'ouverture, très-ample, est terminée à la base par une grande échancrure, plutôt comparable à celle des Buccins et des Tonnes qu'à celle des Casques. On ne connaît de Harpes fossiles que dans les terrains parisiens. Lamarck en signala une espèce à laquelle nous en ajoutons une seconde, beaucoup plus rare et provenant des terrains marins supérieurs.