‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 572 sur 678 · MiTRE DE Laoye. Mitra Lajoyi. Nob · texte numérisé non relu

MiTRE DE Laoye. Mitra Lajoyi. Nob

PI LXXXIX, fig. 5, 6.

M. testä ovat&, utrinqué attenuatd, striis transversis et costulis longitudinalibus clathratd; spird acuminatd, conica; anfractibus superné depressis, convexiusculis ; aperturd oblongd, angust@; columellä incrassatd, quadriplicatä; plicis maximis, subæqualibus; labro incrassato, supernè unidentato.

Localités : Assy, Valmondois, G. M.S.

Nous dédions cette belle espèce à M. Lajoye, qui, par un zele bien louable pour la science, s'est livré à des recherches assidues dans plusieurs localités à fossiles dans les environs de Paris. Avant lui, nous ne connaissions qu'un seul individu roulé et mutilé de cette espece : nous lavions trouvé à Valmondois. Ceux qui nous ont été communiqués par M. Lajoye sont beaucoup mieux conservés et nous permettent de donner une bonne figure et une description complète de l’espèce.

Cette coquille est ovale-oblongue, ventrue dans le milieu; la spire est

conique, moins longue que le dernier tour; les six ou sept tours dont elle est composée sont peu convexes et TRE déprimés : a leur parte supérieure ; le dernier tour est atténué à son extrémité, où il est terminé par une Pere profonde et oblique, non relevée vers le dos. Toute la surface extérieure est couverte d’un réseau assez grossier et à grosses mailles, résultant de l’entrecroisement de stries transverses assez grosses, avec des côtes longitudinales, nombreuses, irrégulières, étroites et peu épaisses. L'ouverture est très-étroite, et elle est rétrécie par quatre gros plis columellaires, peu obliques, presque égaux, et dont le dernier est un peu plus petit que les autres; le bord Net est épaissi et il porte à sa partie supérieureune grosse de obtuse, en forme de mamelon, placée vis-à-vis l’enfoncement columellaire qui précède les plis.

Cette coquille, rare, est longue de cinquante millimètres et large de vingt-trois.

Mon cabinet.

GENRE LIx.

VOLUTE. oluta.

Caractères génériques. Coquille ovale, plus ou moins ventrue, à sommet obtus ou en mamelon, à base échancrée et sans canal; columelle chargée de plis, dont les inférieurs sont les plus grands et les plus obliques; point de bord gauche.

Testa ovata, plus minusve ventricosa; apice papillari; basi emarginata ; canali nullo; columella plicata; plicis inferioribus majoribus et magis obliquis; lamina columellaris nulla.

Bonanni paraît être le premier auteur auquel on soit redevable des premières figures reconnaissables de quelques espèces appartenant au genre Volute de Linneé. Lister en donna un plus grand nombre, et il eut le soin, avec sa sagacité ordinaire, de former avec elles, et presque sans mélange de coquilles d’autres genres, une première section de sa classe des Buccina dentata. Ces Volutes de Lister appartiennent, pour la plupart, à un genre formé depuis par Montfort sous le nom de Cymbium. Nous parlerons plus tard de ce genre, pour l'apprécier à sa juste valeur. Gualtieri suivit à peu pres l'exemple de Lister, et no plus naturellement les Volutes que Linné ne le fit plus tard. En effet, à l'exception de quelques Ricinules et des Harpes, que, par leur analogie, Gualtieri met avec les Volutes, on peut dire que le genre, tel qu'il le conçut, était très-bien limité. Linné ne suivit pas un aussi bon exemple, en rassemblant, sous une même dénomination géné-

rique, toutes les coquilles sans exception qui ont des plis sur la columelle. Pour avoir trop généralisé ce caractère, Linné fut donc obligé de placer dans son genre des coquilles dont l’ouverture est entière, d’autres qui sont échancrées à la base, et d’autres, enfin, qui sont canaliculées; aussi, malgré le soin qu'il prit d'établir, dans ce genre peu naturel, plusieurs sections, il n’est pas moins vrai que le genre Volute de Linné pouvait être regardé, avec juste raison, comme l’un des moins naturels qu’eut proposés l’auteur du Systema naturæ. Lorsque Bruguière, en préparant les tableaux de l'Encyclopédie, se fut aperçu de la confusion qui existait dans le genre Volute de Linneé, il chercha à la réparer et revint à peu près aux idées de Gualtieri et de Lister; il en rejeta naturellement toutes les coquilles à ouverture entière, en sépara les Olives et les Mitres, et, avec les coquilles échancrées à la base, il réunit quelques-unes de celles qui sont canaliculées et dont Lamarck, plus tard, fit son genre Turbinelle.

Le genre Volute, déja très-réduit par Bruguieère, le fut encore par Lamarck; il le in en effet aux coquilles échancrées, ayant des plis sur la columelle et les plis les plus gros en bas. Sous ces caractères venaient se ranger, avec des coquilles épaisses et muricoïdes, d’autres beaucoup plus minces, dont Adanson avait fait un genre particulier, sous le nom d'Yet. Adanson fut le premier qui donnät la description et la figure d’un animal de ce genre. Comme il fut pendant long-temps le seul bien connu, Lamarck, qui aperçut un passage insensible entre les Volutes muricoïdes et celles du genre Yet d'Adanson, réunit tout cela dans son genre, et, ainsi composé, la plupart des naturalistes ladopterent. Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, reproduisit le genre Fet d’Adanson, sous le nom de Cymbium. Cuvier, selon l'esprit de sa méthode, conserva un grand genre Volute, plus naturel, sans aucun doute, que celui de Linné, et dans lequel il introduisit huit sous-genres, parmi lesquels celui de Montfort se trouve. Nous l'avons dit en parlant de la famille des Columellaires, ce genre Volute de Cuvier, dans son ensemble, peut être regardé comme une véritable famille. Lorsque toutes les réformes des Volutes de Linné furent faites, on s’'aperçut que douze genres en avaient été retirés; nous les rappellerons ici: Auricule, Tornatelle, Pyramidelle, Turbinelle, Cancellaire, Fasciolaire, Colombelle, Mitre, Marginelle, Volvaire, Ancillaire et Olive.

Presque tous les auteurs, ayantadmis les réformes proposées, ont accepté le genre Volute tel que Lamarck l’a réduit. M. Sowerby, cependant, dans ces derniers temps, a reproduit de nouveau le genre Cymbium de Montfort, et en a même proposé un démembrement sous le nom de Melo. Nous

ne croyons pas que l’on adopte ces genres; car ils n’ont, en réalité, aucun caractère qui les différencie suffisamment des Volutes.

Les rapports que les auteurs ont donnés aux Volutes, ont peu varié. Linné les mettait dans le voisinage des Buccins, Bruguière suivit son exemple, aussi bien que Lamarck et Cuvier. Cependant, comme la plupart des démembremens des Volutes devaient rester dans leur voisinage, elles furent éloignées des Buccins par l’intercalation de ces nouveaux genres. Malgré les réformes si nombreuses faites dans les Volutes, ce genre est resté considérable par le nombre des espèces vivantes et fossiles : ce sont des coquilles marines, en général d’un volume assez considérable, plus ou moins épaisses, ornées pour la plupart de couleurs très-vives, sous un épiderme ordinairement mince et caduc. Toutes les espèces ne sont point épidermées; celles qui manquent de cette partie, sont plus lisses et plus brillantes que les autres, et se rapprochent par là des Olives et plus particulièrement des Marginelles. Ce sont particulierement les Volutes qui ont le bord droit épaissi, qui se rapprochent le plus du genre que nous venons de citer. Lorsque l’on a sous les yeux une série un peu considérable de Volutes, soit vivantes, soit fossiles, on voit s'établir un passage insensible entre le genre Cymbium et les Volutes proprement dites. C’est en étudiant des espèces telles que les7’oluta magnifica, scapha, brasiliana, ancilla, Lamberti, cythara, et en les comparant aux Voluta harpa, junonia, pacifica, etc., que l’on aura les moyens de juger de l'importance du genre Cymbium , et nous croyons que cet examen, fait d’une manière impartiale, conduira les conchyliologues à l'adoption définitive du genre Volute tel que Lamarck l’a caractérisé.

On compte aujourd’hui un assez grand nombre de Volutes fossiles. Le bassin de Paris est plus riche que les autres localités actuellement connues; car nous y comptons trente espèces bien distinctes : Lamarck en connut à

peine la moitié.

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