‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 593 sur 678 · GENRE LX · texte numérisé non relu

GENRE LX

MARGINELLE, Marginella.

Caractères génériques. Coquille ovale-oblongue, lisse, à spire courte et bord droit, garni d'un bourrelet en dehors; base de l'ouverture à peine chancrée; des plis à la columelle, presque égaux.

T'esta ovato-oblonga, lævis; spira brevi; labrum extus varice marginatum; aperturæ basis subemarginata; columella plicata; plicis subæqualibus.

Dans son Voyage au Sénégal, Adanson avait assez bien reconnu le genre Marginelle, et lui avait consacré le nom de Porcelaine, Porcellana, que

depuis les auteurs, à l'exemple de Linné, ont consacré de préférence à un genre voisin de celui-ci, et dont nous parlerons bientôt. Adanson ne se contenta pas de caractériser son genre d’après les coquilles; il en fit connaître l'animal, et malgré cela, Linné persista à le comprendre dans son grand genre Volute. Les imitateurs de Linné suivirent cet exemple, et ce fut Lamarck qui, le premier, en 1709, dans les Mémoires de la Société d’histoire naturelle de Paris, rétablit le genre d’Adanson, en lui donnant le nom de Marginelle, que les auteurs conserverent, soit en acceptant ce genre au même titre que Lamarck, soit en le considérant comme sous-genre des Volutes. Depuis cette époque, le genre Marginelle fut inscrit dans toutes les méthodes, et tous les auteurs reconnurent ses rapports avec les Volutes et les Mitres; aussi voyons-nous à cet égard une similitude dans les opinions, que malheureusement nous ne rencontrons pas assez souvent dans les ouvrages des naturalistes. Si un certain nombre de Marginelles ont beaucoup de ressemblance avec les Volutes, il en est d’autres qui n’en ont pas moins avec les Ovules et les Porcelaines. On peut donc, d’aprèsles coquilles, considérer le genre Marginelle comme établissant les rapports de la famille des Columellaires avec celle des Enroulées.

Les Marginelles sont des coquilles marines, lisses, brillantes, semblables en cela aux Olives et aux Porcelaines. Comme dans ces genres, l’animal est pourvu de deux larges expansions palléales, servant à couvrir la coquille lorsqu'il marche, et destinées à sécréter sur sa surface cette couche vitreuse et brillante que l’on ne rencontre que dans un petit nombre de familles. Le bord droit de l’ouverture est toujours épaissi par un bourrelet extérieur, arrondi, plus ou moins gros, selon les individus; la columelle, presque toujours droite, est garnie de plis assez gros, réguliers, égaux, dont le nombre est également variable, mais n’est jamais moindre de trois. La base de la coquille est toujours échancrée, et l’échancrure est plus ou moins profonde et plus ou moins large, selon les espèces. Lamarck a établi deux sections parmi les espèces du genre Marginelle : dans la première, il range toutes celles dont la spire est saillante, et dans la seconde, celles qui ont la spire enveloppée; c’est par ces dernières que s'établit le passage entre ce genre et la famille des Enroulées. Lamarck n’a signalé, aux environs de Paris, que trois espèces de Marginelles; plusieurs autres ont été découvertes depuis, et nous en connaissons actuellement sept espèces; toutes sont de très-petite taille, en voici la description.

1. MARGINELLE ÉBURNÉE. Warsinella eburnea. Lamk. PL. XCV, fig. 14, 15, 16, 20, 21, 22.

MW. testd parvä, elongatd; spird acuminatd, ultimo anfractu breviore, nitidä ; anfractibus convexiusculis ad suturam confluentibus ; aperturd angustd; columellé quadriplicatd.

Lamk., Ann. du Mus., t. 2, pag. 61, n. 1, et t. 6, pl.44, fig. o.

Idem, Anim. sans vert., tom. 7, pag. 359, n. 15.

Nob., Encycl. méth., Vers, t. 2, p. 413, n. 13.

Fée Vicent., p. 64, n. 1.

Localités : Be Parnes, Cour amer, Mouchy, C. G.; le val de Ronca pres Vérone.

Petite coquille alongée, étroite, luisante, toute lisse, ayant la spire un peu moins longue que le dernier tour, et composée de cinq à six tours étroits, à peine convexes, et dont les sutures sont entièrement cachées par l’enduit brillant qui couvre toute la coquille; le dernier tour est conoïde et à peine s'il est échancré à la base. L'ouverture est alongée, étroite, à bords presque parallèles, un peu plus large dans le milieu qu'aux extrémités; la columelle est droite et garnie, à son extrémité inférieure, de quatre plis égaux, fort étroits et également distans.

Cette petite coquille est fort commune aux environs de Paris. Les individus que l’on trouve dans le Vicentin, ne diffèrent que par leur taille, qui est un peu plus grande; la longueur est de seize millimètres et la largeur de sept.

Mon cabinet.

2. MARGINELLE DENTIFÈRE. Marginella dentifera. Lamk. PI. XCIV bis, fig. 27, 28, 29.

M. testä elongato-angustd, tenui, fragili, nitidd; spir4 elongatä, apice obtusd; ultimo anfractu æquali; anfractibus subplanis, distinctis; aperturä ovato-oblongd, angustd; columelld quadriplicatd ; labro supernè unidentato.

Lamk., Ann. du Mus., t. 2, p. 61, n. 2.

Idem, Anim. sans vert., tom. 7, pag. 359, n. 16.

Localité : Grignon.

Découverte à Grignon depuis long-temps par M. Defrance, cette espèce est restée rare dans les collections; car, malgré l’assiduité de nos recherches,

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