‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 77 sur 678 · GENRE XIV · texte numérisé non relu

GENRE XIV

AURICULE. ÆAuricula.

Caractères géneriques. Coquille subovale ou ovale oblongue; ouverture longitudinale très-entière à sa base, etrétrécie supérieurement, où ses bords sont désunis; columelle munie d’un ou de plusieurs plis; labre à bord tantôt réfléchi en dehors, tantôt simple et tranchant.

Testa subovalis aut ovato-oblonga; apertura longitidinalis, basi integerrima, supernè angustata cum marginibus disjunctis ; columella uni vel pluriplicata ; labrum vel margine reflezum vel simplex et acutum.

Linné avait confondu dans son genre Volute toutes les coquilles qui ont des

plis à la columelle, sans faire attention que certain nombre d’entre elles n'avaient TOME Il. 9

à la base ni échancrure ni canal. Bruguière les sépara, avec juste raison, des Volutes, mais les plaça à tort dans ses Bulimes, quoique cependant elles soient mieux dans ce genre que parmi les Volutes. Comme il sentait que ces coquilles avaient des rapports éloignés avec les Bulimes, et que plus tard on serait obligé d’en faire une coupe particulière, il l'indiqua, en placant dans une section tous les Bulimes dont l'ouverture est dentée ou plissée. Par ce fait seul ce genre se trouvait circonscrit; mais comme, outre de véritables Auricules, il contenait aussi les matériaux de plusieurs autres genres, M. Lamarck le caractérisa d’une autre manière, et après plusieurs retranchemens n’y laissa plus que les coquilles qu’il crut toutes terrestres. Quoique Klein, dans son Ostracologie, et Martini, dans le Conchilien Cabinet, aient séparé quelques Auricules sous la dénomination d’'aures Mideæ, ils n'avaient point caractérisé le genre que M. Lamarck a circonserit d’une maniere plus convenable, quoique cependant encore imparfaite. M. Férussac, dans son ou- vrage des mollusques terrestres et fluviatiles, a donné un tableau des Auricules, dont il constitue une famille, dans laquelle il a rapproché plusieurs genres, dont les animaux sont tout-à-fait inconnus; si on ôte de cette famille ces genres , les Tornatelles et les Pyramidelles, elle restera composée du genre Carichium de Muller, composé de quelques espèces seulement, que M. Lamarck avait réuni aux Auricules etauquel Leach avait, à tort, ajouté l'4uricula Sileni, et M. Blainville, l'Auricula Myosotis, du genre Scarabe de Montfortréuni aussi par M. Lamarck à ses Aurieules, mais qui d’après la description de l'animal, faite par M. Blainville (Journal de phys. 1821 ), parait se distinguer des autres Auricules. Ce genre à été et est encore le sujet de contestations pour son habitation. M. Férussac, avec Rumphius et d’après les renseignemens rapportés par les personnes de l'expédition du capitaine Freycinet, pense qu'il est terrestre. M. Blainville, au contraire, s'appuyant du rapport du docteur Marion, qui lui a donné les Scarabes qu’il avait recueillis luimême sur les rochers humides abandonnés de la mer, et même, à ce qu’il croit, sur ceux qui élaient encore occupés par elle, pense d’ailleurs, avec les anciens Buonani et Lister, qu’ils sont tous marins. Quoi qu’il en soit de ces opinions opposées, il n'en reste pas moins constant que le genre Scarabe que Montfort avait fait sans aucunsmotifs raisonnables, puisqu'ilne connaissait point l'animal, doit être conservé aujourd'hui qu’on le connaît suffisamment. Les autres genres que M. Férussac range dans la famille des Auricules, sont les Auricules proprement dites ,qui, au lieu de ne contenir que des espèces terrestres, comme le pensait M. Lamarck, ne renferment plus ici que des espèces aquatiques; M. Férussae ayant reporté au genre Hélice, dans son sous-genre Cochlogène , les espèces terrestres qui sont vraisemblablement des Hélices. Enfin le dernier genre qui termine la famille, est celui formé depuis

LE ba ft à

long-temps par Adanson, sous le nom de Pedipes , dont l'animal offre une organisation particulière, sous le rapport de son pied, dont la forme est en harmonie avec celle de l'ouverture. L’AÆuricula rirgens de M. Lamarck pourrait se rapporter jusqu’à un certain point à ce genre, cependant elle s’en éloigne par quelques caractères, tels que la forme de la lèvre droite, la position des plis de la columelle, et surtout la troncature de celle-ci qui donne origine à une sorte de canal, ce qui a sans doute porté M. Mesnard de la Groye qui a trouvé dans la Méditerranée son analogue vivant, à la ranger parmi les Marginelles. Chaque auteur, au reste, a eu une opinion différente sur cette petite coquille; l'embarras de lui assigner un genre plus convenable nous engage à la laisser parmi les Auricules, en exhortant toutefois les naturalistes qui visitent les côtes du golfe de Tarente , à observer avec soin l'animal et ses habitudes. à

Dans le bassin de Paris on ne trouve pas les Auricules dans des couches séparées, on ne les trouve pas non plus dans les terrains d’eau douce, qui sembleraient devoir en offrir quelques espèces; toutes se trouvent dans les terrains marins avec toutes les autres coquilles marines et mélangées avec elles. Parmi les espèces mentionnées par M. Lamarck dans les Annales du Muséum, il y en a deux , dont l'une se rapporte au genre Tornatelle: c'est l’'Auriculasulcata, ei l'autre aux Pyramidelles: c’est l’Auricula terebellata.

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