GENRE XVIII
CORBEILLE. Corbis.
Caractères genériques. Coquille transverse, équivalve, sans pli irrégulier au
bord antérieur; ayant les erochets courbés en dedans, en opposition; deux dents cardinales ; deux dents latérales dont la postérieure est plus rapprochée de la charnière. Les impressions des muscles et du manteau sont simples.
Testa transversa, æquivalvis, anteriüs hinc ad marginem non deformiter flexa ; natibus oppositis incurvis ; cardo dentibus duobus, dentes laterales duo : postico ad cardinem propiüs admoto. Impressiones musculorum et pallii simplices.
Les anciens connaissaient les coquilles qui vont nous occuper , on en voit une espèce figurée dans Lister; Gualtieri, Rumphius, d’Argenville, etc., la représentèrent ; Klein (Ostracol. Metho., pag. 148) avait établi un genre pour les Cames des anciens qui ont leur surface couverte de lames transverses coupées par des sillons longitudinaux , il lui avait donné le nom d'Omphalo-Clathrum, mais cette réunion d'espèces ne reposant sur aucuns bons caractères, on peut la considérer comme nulle. Linné rangea dans son genre immense des Vénus, la Corbeille connue des anciens, sous le nom de Venus fimbriata. Gmelin dans la treizième édition du Systema naturæ en a donné la synonymie d’une manière peu exacte en citant à faux Lister et Rumphius. Bruguière , en caractérisant le genre Vénus plus rigoureusement, dut en éloigner les Corbeilles : il avait créé le genre Lucine, il crut pouvoir les y placer. M. Lamark les laissa jusqu’à la publicatiou de son dernier ouvrage, ce que fit également M. Roissy dans le Buffon de Sonnini. Cependant M. Megerle dans son Essai d'un nouveau système de conchyliologie, sépara d’une manière précise le genre Corbeille, sous le nom de Fimbria; cette dénomination ne fut point adoptée par M. Cuvier, qui plus tard créa aussi le même genre sous le nom de Corbeille, qui fut admis par M. Lamarck dans son histoire des Animaux sans vertèbres, ainsi que par M. Férussac dans ses Tableaux systématiques. Si lon consulte l’article Corbeille du Dictionnaire des Sciences naturelles, on verra que son auteur a Considéré le genre comme distinct, mais il renvoie à Fimbria pour donner sans doute de nouveaux détails, et malheureusement ce mot ne se trouve pas ; quoi qu'il en soit, M. de Blainville, dans son savant article Mollusque du même recueil, replace les Corbeilles dans les Lucines, en les séparant cependant en sousgenres. Nous ne voyons pas pour quels motifs ce savant a proposé ce changement, quine peut être admissible, dans tous les cas, que lorsqu'on connaîtra l’anaiomie des Lucines et des Corbeilles; sans cela ce rapprochement ne saurait étre admis, car les Corbeilles, quant aux coquilles, sont fort distinctes des Lucines: autant la charnière des Lucines est variable, autant celle des Corbeilles est constante; dans les premières, nous trouvons des coquilles orbiculaires irès-rarement transverses ; plates où peu bombées, n'ayant presque jamais les crochets opposés et
en cœur, et présentant constamment cette grande impression musculaire si remarquable, qui caractérise si bien les Lucines.
Les Corbeilles ont des rapports non-seulement avec les Lucines mais encore avec les Tellines dont elles n'ont plus le pli irrégulier; cependant M. Duclos qui possède l'individu de la Corbis fimbriata de la collection de Valenciennes, nous a fait remarquer qu’il présentait un pli irrégulier très-marqué sur l'angle antérieur. Nous avons observé une anomalie semblable sur une valve de la Corbeille pétoncle, fossile des environs de Paris, et malgré ces rapports nous pensons que les Corbeilles sont plus éloignées des Tellines que des Lucines, car celles-ci présentent toujours dans l’impression du manteau cette profonde échancrure qui indique l'existence des siphons, tandis que celles-là ont cette impression très-simple, ce que l’on retrouve également dans les Lucines.
On ne connaît encore qu'un trés-petit nombre d'espèces de ce genre , une seule vivante et deux fossiles ; de ces dernières une seule d’abord s'était rencontrée aux environs de Paris, on devait la connaissance de l’autre à M. de Gerville qui l'avait découverte à Valognes; depuis cette époque , plusieurs des localités des environs de Paris nous l'ont également offerte.