GENRE III
TÉRÉDINE. Teredina.
Caractères génériques : Fourreau testacé, tubuleux, cylindrique ; à extrémité TL 3
postérieure fermée, montrant les deux valves de la coquille, qui est pourvue postérieurement d'un écusson; et intérieurement de deux fortes palettes terminées en mamelon ; extrémité antérieure du tube ouvert.
Vagina testacea, tubulosa, cylindrica ; extrenutate posticd testæ valvas duas prodiente ; testa posticè scuti munita et intùs duc palmulæ crassæ mamilla terminatæ, anticè extremitas vaginæ aperta.
De tous les genres de la famille des Tubicolées, celui-ci est un des derniers que l'on ait songé à former, comme nous l'avons fait voir précédemment, en faisant l'historique de cette famille: M, Lamarck ( Annales du Mus., tom. 7, pag. 429), avait présumé que la Fistulana personata pourrait servir à faire un nouveau genre. Ce fut lui, dans l'Histoire des Animaux sans vertèbres (tom. 5, pag. 438), qui l'établit d’une manière positive. Ce genre fait évidemment le passage aux Tarets; car, comme eux , il offre un tube libre terminé par deux valves, qui, au lieu d’être libres , sont adhérentes au pourtour de l'ouverture du tube; et elles sont parfaitement closes lorsque celles des Tarets sont très-bâillantes. Il a également, quant à la considération des valves seules, un grand nombre de rapports avecles Pholades; leurs charnières sont, en effet, comme dans celles-ci, pourvues d’une pièce accessoire que l’on ne trouve pas toujours en place, et qui a la même forme que l'écusson. On trouve également, dans l'intérieur des valves, deux palettes très-grosses courbées en demi-cercles, se dirigeant des crochets vers le milieu des valves, et se - terminant en mamelons. Ces détails intérieurs qui avaient échappé, nous les avons facilement-constatés, en sciant la partie supérieure d’une Térédine bien conservée; et cela devient d'autant plus intéressant, qu'ils font apercevoir le lien de ce genre avec les Pholades, ce qui montre le passage de la famille des Tubicolées à celle des Pholadaires.
On a constamment cité jusqu'à présent ce genre de coquillage aux environs de Paris, notamment à Courtagnon. Malgré le soin que nous avons mis à explorer cette localité et toutes celles qui l'environnent, nous n'avons jamais pu rencontrer ce fossile, ce qui nous laisse du doute quant à son gissement; car nous ignorons également dans quelle sorte de terrains on le trouve. Il-est probable néanmoins qu'il appartient aux tertiaires. Ce genre, jusqu’à présent, ne s'est trouvé que fossile, et il n'y en a que deux espèces de connues: l’une, décrite par M. Lamarck, c'est celle dont nous allons nous occuper; l’autre a été décrite par Brocchi dans la Conchyliologie subappennine, tom. 2, pag. 273, tab. 15, fig. 6.