GENRE XXV
VÉNUS. Venus.
Caractères genériques. Coquille équivalve, inéquilatérale , transverse ou suborbiculaire ; trois dents cardinales rapprochées sur chaque valve, l’antérieure et la postérieure divergentes au sommet; ligament extérieur recouvrant l’écusson.
Testa æquivalois, inæquilatera, transversa vel suborbicularis ; cardo dentibus tribus , omnibus approximatis in uträque valvä ; antico et postico apice divergentibus ; ligamentum exterrum, nymphas labiaque obtegens.
Nous avons vu, en parlant du genre Cythérée, comment le grand genre Vénus de Linné avait été séparé en deux coupes principales par M. Lamarck, l’une pour les Cythérées et l’autre pour les Vénus. Ces coupes, dont tous les zc0ologistes sentaient la nécessité , furent admises généralement, quoiqu'aujourd'hui insuflisantes , à cause du grand nombre d'espèces qu'elles renferment. M. de Blainville, pour faciliter la recherche des espèces , tout en conservant dans son entier le genre Vénus de Linné, a cherché à le diviser en un assez grand nembre de coupes secondaires qu'il rapporte à des formes qui lui servent de type. Il le divise d’abord en Cythérées et en Vénus proprement dites: dans la premicre section
on trouve sept coupes, parmi lesquelles nous en observons une pour la Cythérée tigérine et la Cythérée à bord rose, qui sont de vérilables Lucines, comme on pourra s’en assurer en examinant attentivement leurs caractères. Les Vénus proprement dites sont comprises dans neuf sous-divisions : le genre Crassine y est placé, quoiqu'il ait été admis comme genre par tous les conchyliologues , et on y remarque aussi les genres Macoma et Nicania de Leach, qui nous sont entièrement inconnus , mais qui, d’après les caractères donnés par M. de Blainville, paraissent s'éloigner des véritables Vénus.
Autant les Cythérces sont abondamment répandues dans le bassin de Paris, autant les Vénus y sont rares, soit qu'on les compare espèce à espèce, soit in dividu à individu. M. Lamarck n’a fait connaître que six espèces de ce genre, parmi lesquelles il faut ôter la Vénus changeante et la Vénus calleuse, qui sont de véritables Lucines, comme nous l'avons fait voir en traitant de ce genre.
D’après la collection de M. Defrance, dont les fossiles ont été décrites dans les Annales du Musée et ont été étiquetées de la main de M. de Lamarck, il paraît que ce savant a confondu sous le nom de Venus obliqua deux espèces bien distinctes : l’une est analogue à la Venus incrassata de Sowerby, qui est une Cythérée, et l’autre est une véritable Vénus à laquelle nous conservons la première dénomination.