PRÉFACE
circonstances différentes d'habitation, quels sont les changemens qu’elles ont éprouvés et sur quels ordres de parties, soit essentielles, soit accessoires , ces changemens se sont opérés. <
2°. D’étudier les traces que laissent sur la coquille les organes essentiels à la vie de Panimal, et j'ai dû placer en première ligne ceux de la respiration et surtout de la génération , puisque je m'étais aperçu que c'était ceux-là qui présentaient le moins de variabilité dans la série des modifications résultant des changemens de lieux et de milieu habitable.
Ces deux ordres de considérations m'ont conduit à des principes qui ne laissent plus autant à l'arbitraire les décisions spécifiques, principes que je discuterai à la fin de cet ouvrage et dont je ne nvécarterai pas.
Le second résultat désirable pour un travail comme celui-ci, était d’être utile à la géologie des terrains tertiaires des environs de Paris, ce qui ne peut se faire qu'après l’examen scrupuleux des espèces et ce qui nécessairement est renvoyé également à la fin de ouvrage. J'ai senti combien il serait important d'établir un tableau comparatif des espèces, propres à chaque série de terrain, et d'indiquer celles qui passent d’une formation à une autre Ou qui se retrouvent dans toute la série des terrains marins, même dans ceux de mélange; alors on saurait où sont limitées les espèces observées dans les différentes formations, on verrait quelles sont celles qui sont caractéristiques, C’est-xdire qui sont inhérentes à telle formation et qui ne la dépassent jamais , comme on saurait également quelles sont les espèces qui caractérisent le mieux toute la formation tertiaire, c’est-à-dire celles qui se trouvent partout et qui passent de la couche inférieure à la supérieure.
De tous les systèmes conchyliologiques établis, celui de M. de Lamarck étantle plus généralement adopté, c’estaussi celui quenous suivrons ; et, pour en rendre l’ensemble plus facile à comprendre, nous avons placé en tête du premier volume un tableau des familles des Conchifères (coquillesbivalves), comme nous placerons également celui des Mollusques au commencement du second.
J'ai senti combien serait aride une simple série de descripuons : aussi je me suis fait une règle, à chaque famille et à chaque genre, de discuter les opi-
PRÉFACE. 3 nions qui m'ont paru fausses, de faire l’historique des genres, d’en faire sentir Pimportance, de manifester mes doutes, et enfin de tirer des comparaisons des espèces vivantes aux fossiles. Cet ordre de choses étant à mes yeux le véritable but de la science plutôt que le vain mérite d’avoir le premier ajouté un certain nombre d'espèces à celles déjà connues, heureux si, en cherchant à atteindre le but que je me propose, j'ai aidé à faire faire quelques pas à la science ! comme MM. Cuvier et Brongniart, dans la Géologie des environs de Paris, ont fait mention d’une manière toute particulière des fossiles de la craie , nous nous sommes abstenus d’en parler, ces célèbres auteurs n’ayant rien omis pour arriver à leur connaissance exacte. Nous n’aurons donc à nous occuper que de ceux qui sont supérieurs à cette formation qui déviendra le point de départ pour l'examen des fossiles compris dans lès couches de terrain tertiaire du bassin de Paris, qui s'étend à un rayon de trente à trente-cing lieues autour de cette capitale.
CONCHIFÈRES.