PÉTONCLE OREILLER. Pectunculus pulyinatus. Lamk
PI. XXXV, fig. 15, 16, 17.
P. testé orbiculatd, subobliqud, ventricosd , tenuissimé decussatd et punctatd, obsoletè longitudinaliter subcostatd; cardine angusto; margine tenuè crenato; crenulis brevibus ; ared ligamenti perangustd.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 6, pag. 216, n. 2, et tom. 9, pl. 18, fig. 9 a, b. Ibid., Anim. sans vert., tom. 6, 1.* part, pag. 54, n. 1, varietatibus exclusis.
Defrance, Dict. des sciences nat. tom. 59, pag. 223, n. 1, synonymis exclusis.
Localités : très-abondant dans tous les calcaires grossiers, à Parnes, Chaumont, Grignon, Courtagnon, Mouchy, etc.; Valmondois, G. M.S5.
Lamarck, dans les Annales du Muséum, avait d’abord très-bien caractérisé cette espèce, Sans la confondre avec aucune autre. Il n’en a pas été de même dans son dernier ouvrage : on voit qu’alors il a rapporté à cette espèce, à titre de variétés, des coquilles qui s’en distinguent tres-nettement. L'erreur dans laquelle il est tombé a été l'origine de plusieurs autres que les auteurs ont commises après lui : il en est résulté que l’on a confondu avec une coquille qui n’a jamais plus d’un pouce et demi de diametre, d’autres qui ont jusqu’à cinq ou six pouces. Cette confusion a eu cela de fâcheux, que les zoologistes, mais surtout les géologues, ont pensé que ce Pétoncle était universellement répandu dans les terrains tertiaires, et en conséquence de ce fait erroné ils ont établi des analogies qui toutes sont fausses. Après avoir été cité dans tout le calcaire grossier parisien, à Valognes, dans les faluns de la Touraine, à Bordeaux, à Dax, le Piémont, le Vicentin, toute lItalie, la Sicile, l'Allemagne et l'Angleterre, le Pectunculus pulvinatus, tel qu'il doit être circonscrit, ne se trouve pourtant qu'aux environs de Paris et de Valognes, et peut-être en Angleterre; mais nous n’en avons pas la conviction. Il faut donc, comme on le voit, abandonner toute idée d’analogie entre lui et ceux des localités que nous venons de mentionner. L'observation de M. Defrance était bien juste, puisqu'il a de la peine à se persuader que la même espèce ait pu vivre dans tant et de si diverses localités.
Telle que nous la caractérisons maintenant, cette espece se distingue assez nettement de ses congénères: elle reste toujours d’une petite taille ; sa forme est orbiculaire, un peu oblique, quelquefois légèrement transverse et ovalaire dans le sens de sa largeur; elle est renflée, subglobuleuse, cordiforme, presque équilatérale. Les crochets sont opposés, inclinés sur le bord, qu'ils touchent par leur sommet. Ce sommet donne naïssance à un grand nombre de côtes à peine sensibles, tant elles sont aplaties; elles sont indiquées par une strie un peu déprimée; elles aboutissent sur le bord et correspondent aux nombreuses crénelures qui sy voient. Si lon examine la surface extérieure avec une loupe, on la trouve couverte de stries longitudinales et transverses excessivement fines, qui s’entrecroisent, en donnant naissance à un petit point enfoncé dans l'endroit de l’entrecroisement. Cette disposition s’observe dans les jeunes individus d’une espèce que l’on trouve dans les faluns de la Touraine et aux environs d'Angers; mais on les distingue en ce qu'ils sont proportionnellement beaucoup plus aplatis
et plus minces lorsque l’on compare des individus de même taille. Lenombre des dents de la charnière, ainsi que la forme et le nombre des crénelures du bord, sont d’autres moyens pour les séparer. Le bord cardinal est étroit, également courbé : de chaque côté on y compte huit à dix dents obliques, simples et jamais ployées en deux, comme cela a lieu dans un assez grand nombre d'espèces. Derrière les dents cardinales se trouve un espace triangulaire très-étroit, qui porte des stries divergentes : cet espace est incliné, et il est destiné à l'insertion du ligament. Le bord des valves est mince, crénelé dans toute son étendue; les crénelures sont petites, pointues, fort courtes et jamais creusées en gouttiere dans leur longueur : elles sont plus serrées, plus nombreuses sur le côté postérieur. Les impressions musculaires sont ovales-trigones, petites, placées tout près du bord et aux extrémités du bord cardinal.
Cette coquille, l’une des plus communes des environs de Paris, a quarante et un millimètres de longueur et autant de largeur dans les plus grands individus.
Mon cabinet.
2. PÉTONCLE TÉRÉBRATUIAIRE. Pectunculus terebratularis. Lamk.
PI. XXXV, fig. 10, 11.
P. testä orbiculatä, subæquilaterd, ventricosé, cordatä , incrassatd, radiatim sulcatä; sulcis planiusculis, decussatis; cardine lato, paucidentato ; dentibus lateraliter striatis.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 6, pag. 217, n. 5.
Pectunculus planicostatus (var. 2), Lamk., Anim. sans vert., loc. cit., n. 4.
Var. b.) Nob. Testä lævigatd.
Localités : Bracheux, Noailles, Abbecourt, Saint-Martin-aux- bois, les environs de Soissons, Joueurs près d'Étampes.
Nous ne voyons pas pour quelle raison Lamarck a changé le nom de ce :
Pétoncle pour celui de planicostatus. Des deux dénominations nous choisissons la plus ancienne, qui lui fut donnée dans les Annales du Muséum. Le Pétoncle térébratulaire est le plus grand qui existe aux environs de Paris; il est tres-bombé, cordiforme. Les crochets sont petits, peu saïllans au-dessus du bord; mais la surface du ligament étant grande et formant un angle profond, ils semblent saillir plus que dans les autres espèces. Le test est fort épais et néanmoins très-fragile, à cause de la nature de la couche dans laquelle il se trouve. La surface extérieure est chargée d'un
assez grand nombre de côtes trés-aplaties, qui disparaissent presque complétement sur le côté postérieur, où elles sont d’ailleurs beaucoup plus étroites et plus nombreuses. En abouussant sur le bord, elles y produisent des crénelures courtes, étroites, pointues, creusées en gouttière dans leur longueur. La charnière est large, aplatie, le plus souvent dénuée de dents dans le milieu ou en présentant un petit nombre d'irrégulières et de trèscourtes; les autres, grandes et obliques, quelquefois anguleuses ou ployées, sont en très-pelit nombre, surtout dans les vieux ER où l’on en compte quelquefois trois seulement; mais le plus souvent il y en a cinq ou six de chaque côté : ces dents sont striées perpendiculairement sur leurs faces latérales. En avant des dents sériales le bord cardinal présente une surface lisse, assez large, se terminant à l’intérieur des valves par un bord aigu. La surface du ligament est grande, triangulaire en plan oblique, ce qui détermine l’écartement des crochets. Quand on a des individus bien conservés de celte espèce, ce qui est extrêmement rare, on voit que toute la surface est couverte d’un fin réseau produit par l’entrecroisement de fines stries longitudinales et transverses, beaucoup plus grosses que dans l’espece précédente. La variété qui vient d'Étampes ne diffère des individus des autres localités qu’en ce qu elle est lisse, si ce n’est sur les crochets, où l’on voit les côtes et les stries à leur naïssance, mais elles disparaissent tresrapidement.
Cette coquille, fort commune dans les locañites que nous avons citées, serait, à ce qu'il parait, à Étampes dans une position géologique tout-a-fait différente de celle qu’elle a ailleurs; car elle appartiendrait aux sables supérieurs au gypse, d'aprés les observations récentes de notre ami M. Jules Desnoyers, tandis qu'a Abbecourt, Noailles, etc., elle serait au-dessous du calcaire grossier.
Les grands individus ont cinquante - cinq millimètres de long et cinquante-six de large; quelques individus d'Étampes sont encore un peu plus grands.
Mon cabinet et celui de M. Desnoyers.