GENRE XXXIV
NUCULE, Nucula.
Caractères génériques. Coquille transverse, ovale-trigone ou oblongue, équivalve, inéquilatérale. Point de facette entre les crochets. Charnière linéaire, brisée, multidentée, interrompue au milieu par une fossette ou par un ou deux cuillerons obliques et saillans à l’intérieur : à dents nombreuses, pointues, réciproques. Les crochets contigus, courbés en avant. Ligament marginal externe dans la fosseite, ou interne dans le cuilleron.
Testa transversa , ovato-trigona vel oblonga, æquivalyis, inæquilatera. Area ligamenti intermedia nulla. Cardo linearis, fractus, multidentatus , medio foved vel cochled aliquando bipartitd, intus productd, interruptus. Dentibus numerosis, acutis, productis, mutuis. Nates contigui, anticé in- Jlexi. Ligamentum marginale externum in fossuld , internumve in cochled.
Les légères modifications que nous avons été obligé d'apporter dans la caractéristique du genre Nucule, étaient devenues nécessaires pour pouvoir y rassembler d’une manière convenable toutes les espèces que l’on rapporte généralement à ce genre.
Nous avons fait observer que les Nucules différaient sous plusieurs, rapports des autres genres de la famille des Arcacées; nous avons vu que tous ces genres avaient un ligament externe, plat, mince, appliqué derrière la charnière sur une surface plane et sillonnée; nous avons fait remarquer aussi, à l’occasion du Pétoncle granuleux, une modification dans laquelle le ligament plus resserré, malgré le talon des crochets, dans une fossette nette externe, est semblable à celui des Peignes. Nous retrouvons cette modification dans une de nos Nucules, et toutes les autres du bassin de Paris ont le ligament tout-à-fait intérieur, porté, comme dans les Lutraires ou les Mactres, sur un cuilleron saillant à l’intérieur des valves. Il y a certainement une très-grande différence entre cette disposition du ligament et ce qui a lieu dans les Arches.
Nous ne voulons pas, quant à présent, discuter la valeur caractéristique de la position du ligament en dedans ou en dehors de la charnière. Lamarck, sur ce caractère, a établi plusieurs familles, les Mactracées, les Myaires, etc.; il fallait done qu'il le considérät comme fort important, et on en a la preuve dans le genre Crassatelle, placé dans la famille des Mactracées, quoiqu'il ait les valves closes et que l'animal ait le manteau fendu dans toute sa longueur. Comment se fait-il que pour la famille des Arcacées ce caractère soit de si peu d'importance qu'il reste presque inaperçu? Pourquoi dans cette occasion, comme dans toutes les autres, n’est-1l pas mis en première ligne et n’a-t-il pas servi à séparer les Nucules des Arches et des Pétoncles? 11 nous semble que, pour ètre conséquent à un principe une fois posé, il faut l’appliquer dans toute sa rigueur, et peutêtre que si cela eût eu lieu, la méthode y aurait gagné; car il nous paraît évident que les Nucules n’appartiennent pas à la famille des Arcacées, si ce n'est celles qui ont le ligament extérieur. Elles se lieraient peut-être aux Trigonies, comme au reste Lamarck l’a présumé et comme cela paraît devoir se confirmer par la connaissance de l'animal des Trigonies, rapporté nouvellement par MM. Quoy et Gaimard.
Les Nucules étaient confondues dans le grand genre Arche de Tinné. Lamarck fut le premier qui les sépara et les introduisit plus tard comme genre dans sa famille des Arcacées. Ce genre fut ensuite adopté par les conchyliologues, qui tous suivirent l’opinion du savant auteur des Animaux sans vertébres, et le conservaient dans le voisinage des Arches et des Pétoncles. Nous ne trouvons à cet égard aucune exception. Nous nous attendions à en trouver une dans le Traité de malacologie, où M. de Blainville, par les caracteres qu'il donne de l'animal des Nucules, fait voir qu'il diffère de beaucoup de celui des autres genres des Arcacées.
Les Nucules sont de petites coquilles marines trigones, le plus souvent tres-inéquilatérales, assez épaisses et solides, presque toutes nacrées en dedans, et blanches, sous un épiderme plus ou moins foncé, en dehors. Le plus grand nombre sont lisses ou seulement marquées par des accroissemens : quelques-unes sont fort élégantes par les stries qui les couvrent, ou remarquables par des formes peu ordinaires dans les coquilles.
Dans le bassin de Paris les Nucules sont peu nombreuses en espèces; mais quelques-unes sont fort communes; elles suivent, à l'égard de leur distribution dans les diverses couches, à peu près la même regle que la plupart des autres coquilles; quelques-unes se distribuent dans toutes les couches, et d’autres ne dépassent pas habituellement certaines limites.
Nous croyons que les espèces peuvent se distinguer facilement par la forme du cuilleron, qui nous a paru constante dans toutes celles que nous avons examinées. Ce caractère invariable nous a donné les moyens de séparer de la Nucula margaritacea des espèces que l’on a toujours confondues avec elle.