TOME
mondois, G. M.S.; sub-analogue, Senlis, G. M. L., Barton en Angleterre, Dax? Bordeaux ?
Nous aurions pu augmenter encore cette synonymie, que nous avons rendue cependant beaucoup plus complète qu’elle ne l’est dans les auteurs; mais nous nous sommes borné à ceux qui pouvaient appuyer par leur autorité les citations nombreuses de localités que nous avions à faire.
Si l’on veut examiner et vérifier notre synonymie, on saura ce que nous admettons dans cette espèce et ce que nous en rejetons, et ce qui est resté douteux pour nous. Profitant de l’observation de Brocchi, dont nous avons vérifié la justesse, nous nous sommes assuré que Gmelin avait fait un double emploi incontestable. Son Donax argentea, auquel il donne pour synonymie la figure de Gualtierri, qu'il cite de nouveau pour l’A{rca nucleus, est évidemment la même coquille. Quoique la figure de Gualtierri soit mauvaise, elle ne l’est pas au point qu'on puisse la prendre indistinctement pour, une Donace ou pour une Nucule : c’est évidemment une Nucule grossièrement dessinée, et Gmelin l'a si bien reconnue, qu'il la donne sans point de doute et que la plupart des auteurs en font autant. Ainsi, ce double emploi est pour nous de la plus grande certitude.
Nous avons retranché de la synonymie de M. Sowerby la citation des figures 3 et 4 de la planche 192 de son Mineral Conchology; figures qu'il donne comme appartenant à la Nucula similis, et qui nous présentent des différences assez fortes pour que nous dussions conserver beaucoup de doutes. Peut-être n’en serait-il pas ainsi, si nous avions pu vérifier l'identité par l'examen des objets eux-mêmes.
Nous voyons que plusieurs auteurs ont cité la Nucula margaritacea, fossile à Dax, aux environs de Bordeaux et dans les faluns de la Touraine. Nous avons vainement cherché cette espèce parmi les fossiles de ces localités, si riches en débris organisés : nous avons bien trouvé des espèces voisines, mais pas encore jusqu'à présent la Nucule nacrée elle-même. Seraient-ce ces espèces que l’on aurait confonduesavec celle dont nous nous occupons ? Il nous paraît peu croyable que cette coquille manque dans les localités dont nous parlons. Il est cependant nécessaire de remarquer que les auteurs n'indiquent point les espèces nouvelles que nous venons de mentionner et qu'ils citent au contraire celle que nous n’y trouvons pas.
Si notre ouvrage n'avait un but spécial, celui de faire connaître les fossiles des environs de Paris, nous aurions pu distinguer les diverses variétés, soit vivantes, soit fossiles, qui constituent l’ensemble de cette espèce.
Mais ce qui est nécessaire dans un traité général de conchyliologie, est.
hors de place dans un ouvrage comme celui-ci, et nous avons été déterminé par ce motif à éviter des détails qui n'auraient pas dans ce moment une utilité immédiate.
La Nucule nacrée est une coquille ovale-trigone, dont le côté antérieur, très-court, est tronqué un peu obliquement à l’axe longitudinal de la coquille; elle est convexe, épaisse, quelquefois un peu aplatie, surtout lorsqu’elle est jeune. Son crochet est très-petit; il s'incline fortement en avant et se place au niveau du bord antérieur, de manière à former le sommet de l'angle produit par la jonction de ce bord avec le supérieur. La troncature antérieure de la coquille est indiquée par un angle assez aigu qui limite en même temps la lunule : cette lunule est quelquefois saillante et bordée d'un sillon déprimé, et d’autres fois elle est enfoncée et simple. Toute la surface paraît lisse à l’œil nu; mais vue à la loupe, on remarque dans l’une des variétés vivantes de la Méditerranée des stries très-fines, longitudinales et transverses sur le côté postérieur seulement : nousn’avons jamais vu que cela existât sur nos fossiles des environs de Paris. Les stries que l’on y voit sont fines, nombreuses, très-régulières, tres-aplaties; il semblerait à les voir, tant elles sont obsoletes, qu’elles sont sous la partie corticale de la coquille. Les deux parties de la charnière font entre elles un angle presque droit. Le point de jonction ou le sommet de l'angle a lieu sous le crochet, et il est occupé par le cuilleron : celui-ci est assez grand, très-oblique, étroit et profond ; il fait peu de saillie à l’intérieur des valves. A côté de lui, sur la valve gauche, on remarque une dent et une petite cavité qui lui est parallele. Sur la valve droite on voit une dent plus grosse, séparée par une cavité trés-étroite : dans la jonction des valves la dent de la gauche Sinsere dans la cavité de la droite, et réciproquement. Les dents sériales sont nombreuses; elles sont sublamelleuses, larges de la base, aiguës au sommet, saillantes, donnant au bord la ressemblance d’un petit peigne.
Ces dents sériales, sur le côté supérieur, sont au nombre de trente,
trente-quatre et même trente-six, et de neuf à onze sur le côté antérieur. Celles du bord supérieur vont graduellement en diminuant depuis l’'extrémité postérieure de ce bord jusqu'au sommet. Il arrive quelquefois qu'au niveau du cuilleron les dents deviennent plus larges que celles qui sont derrière elles, et finissent par être très-petites sous les crochets : les dents du côté antérieur sont plus égales; celles qui sont le plus rapprochées de la charnière sont même quelquefois les plus larges. Des bords, l'inférieur et le postérieur sont seuls finement dentelés dans toute leur longueur. Les impressions musculaires sont arrondies, creusées dans l'épaisseur du test et réunies par l'impression palléale, qui est simple.
CS
Nous avions pensé d’abord qu'il était nécessaire de séparer comme espècé la variété que nous avons signalée; mais nous nous sommes aperçu qu’elle se liait au type de l'espèce par des nuances insensibles : elle diffère surtout en ce qu’elle est plus étroite, plus convexe en dehors et plus profonde en dedans. Le cuilleron est plus oblique, et la dent cardinale, étant très-courte et petite, se confond avec les dents sériales. Cette variété paraît être locale, au reste, car on ne la trouve jamais que dans les sables de Senlis.
Les plus grands individus de cette espèce viennent de Courtagnon; ils sont longs de dix-sept millimètres et larges de vingt et un. Ceux des autres localités sont toujours plus petits et se rapprochent davantage des vivans sous ce rapport.
Mon cabinet.