‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 283 sur 426 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

spécifier. En l’introduisant dans sa nomenclature sévère, Linné n’a tenu aucun compte des opinions de ses devanciers : au lieu de donner le nom de Came au genre renfermant le plus & grand nombre des espèces de Cames de ses prédécesseurs, il le consacra à un petit nombre de coquilles appartenant évidemment à différens types d'organisation; mais que, faute de pouvoir étre mieux placées, Linné rassembla en genre.

Nous devons faire remarquer, avant d'aller plus loin, que c’est ici seulement que commence l’histoire du genre Came, tel que les auteurs modernes le conçoivent. Dans ce qui précède, en effet, 1l n’est pas question de nos Cames, mais d’autres coquilles, auxquelles ce nom était appliqué.

Quoique l’histoire de ces changemens soit d’un grand intérêt, nous devions nous borner à l'exposé le plus concis possible, et éviter une foule de détails pour arriver plus tôt à l’objet spécial de nos études.

Linné réunit dans ses Cames les genres Cardite, Isocarde, Tridacne, Hippope et les coquilles irrégulières auxquelles on a exclusivement consacré ce nom générique. Il est a remarquer que la Famille des Camacées de M. de Blainville contient exactement les mêmes coquilles que le genre Came de Linné, avec cette différence cependant, que les Trigonies ont remplacé les Cardites.

Bruguière, dans l'Encyclopédie méthodique, reforma le genre linnéen, et tous les zoologistes applaudirent à cet utile changement. Mais, pour la troisième fois, le nom de Came, changeant de valeur, sappliqua à la plus petite partie des objets contenus dans le genre de Linné, et ne donna plus la moindre idée des Cames des anciens. Le genre de Bruguiere fut généralement adopté. Lamarck en sépara les Dicérates, mais à tort, et ce genre, dans ses rapports, subit les modifications que nous avons mentionnées en examinant les diverses méthodes à l’occasion de la famille des Camacées.

Bruguiere, dans l'Encyclopédie, a commis une erreur en donnant pour analogues fossiles de deux espèces vivantes des coquilles du bassin de Paris. Aujourd'hui que l'on donne une plus grande importance aux analogues, on les étudie avec plus de scrupule et de soin, et ces nouvelles études conduisent à un autre résultat; car, en réalité, il n’existe jusqu'a présent aucun analogue vivant de nos espèces fossiles de Cames.

Le gissement des Cames dans le bassin de Paris n’a rien de bien particulier : elles sont disséminées dans le calcaire grossier et les grès marins qui

lui sont supérieurs. Nous n’en connaissons pas encore provenant des sables

inférieurs de Bracheux, Noailles, etc. Quelques espèces sont propres au

calcaire grossier et d’autres au grès marin, qu’elles pourraient servir à ca-

ractériser.

Page 1