GENRE XLII
PEIGNE. Pecten.
Caractères génériques. Coquille libre, régulière, inéquivalve, auriculée; à bord supérieur droit, transverse; à crochets contigus. Charniere linéaire, le plus souvent sans dents, quelquefois subarticulée; à fossette cardinale tout-à-fait intérieure, médiane, trigone, recevant le ligameni.
T'esta libera, regularis, inæquivalvis, auriculata; margine superiore recto, transverso; natibus contiguis. Cardo linearis, sæpius edentulus, aliquantisper subarticulatus ; foveoli cardinali penitus internd, mediand, trigond, ligamentum recipiente.
On trouve dans les auteurs anciens, Aristote et Pline, des renseignemens assez positifs sur plusieurs espèces de Peignes pour que Rondelet et Aldrovande, au renouvellement des lettres, les reconnussent sans difficulté, Les auteurs qui, comme ceux que nous venons de citer, ont écrit sur l’histoire naturelle à la même époque, ont presque tous imité plus ou moins servilement les anciens, pour ce qui est relatif au genre qui nous occupe. Cette imitation fut utile en ce que les Peignes, très-bien distingués, le furent encore dans un temps où presque tout était confusion dans la science : Rondelet, Aldrovande, Gesner, Jonston, etc., les séparérent toujours trèsnettement des autres coquilles Dane et ce qui est remarquable, c’est que, depuis eux jusqu'à Linné, aucun auteur qui nous soit connu n’a introduit dans ce genre des coquilles qui y fussent étrangères.
On se rend compte difficilement du motif qui a engagé Linné à confondre les Peignes avec les Huitres. Rondelet, qui avait examiné, à ce qu'il parait, l'animal de ce genre, avait reconnu, comme Lister le fit aussi plus tard, qu'il différait presque en tout de celui des Huîtres. D'ailleurs, à ne faire attention qu'aux coquilles, elles sont assez différentes de celles des Huîtres pour justifier une coupe générique. Linné, au reste, l'avait indi-
qué, en conservant pour les Peignes une section particulière dans le genre Huiître.
Bruguière, dans l'Encyclopédie méthodique, a rendu au genre Peigne toute sa valeur et son intégrité. Son exemple fut suivi depuis par presque tous les zoologistes. M. Cuvier fut du petit nombre de ceux qui conservèrent ce genre DES les Huîtres, mais à litre de sous- -genre. Nous avons vu, en traitant précédemment de la famille des Pectinides, que les Peignes avaient peu changé de rapports dans les méthodes modernes : ceux que Lamarck indique dès ses premières classifications, furent le plus généralement adoptés, parce qu'en effet ils sont les plus naturels. On les trouve dans le voisinage des Limes, des Houlettes et des Spondyles, avec lesquels ils ont une analogie incontestable, aussi bien par l’organisation des animaux, que par les coquilles.
Lamarck avait confondu parmi les Peignes une coquille irrégulière et toujours adhérente. M. Defrance observa des espèces analogues fossiles, beaucoup plus grandes, dont il fit son genre Hinnite. Ce genre, par ses caractères, lie les Peignes aux Plicatules et aux Spondyles, et sa séparation ne laisse plus dans le genre qui nous occupe une seule espèce qui ne doive en faire partie.
-Les Peignes sont des coquilles marines qu'il est facile de reconnaitre parmi toutes les coquilles bivalves : elles sont minces, mais compactes et solides, de forme arrondie; elles sont toujours régulières, inéquivalves, quelquefois à valves égales, presque toujours équilatérales. La charnière est simple, droite, et son bord est rarement dépassé par la saillie des crochets. La surface interne de la charnière offre, dans le milieu et immédiatement au-dessous du crochet, une cavité tr ee assez profonde, dans laquelle le ligament sinsère. Dans quelques espèces on remarque de chaque côté de la cavité du ligament une ou deux dents divergentes, peu saillantes sur une valve, correspondant à des cavités réciproques sur l’autre valve, mais Sy enfonçant à peine; dans d’autres espèces, dont on a voulu faire un genre à part, pour le rapprocher à tort des Arches, on trouve sur le bord cardinal un grand nombre de petites dents obsolètes, subarticulées. Ces petits accidens de la charnière de certains Peignes ont si peu de valeur, qu'à peine sils méritent que l’on fasse de petits groupes pour les espèces qui les offrent. Le bord cardinal se prolonge de chaque côté en deux appendices plus ou moins alongés, que l’on est convenu de nommer oreillettes. Ces oreillettes sont tantôt égales et tantôt inégaless mais presque toujours l'oreillette antérieure de la ARE droite est pr Conde cut échancrée pour
le passage du byssus. Dans les espèces où cette échancrure n'existe pas, la coquille est quelquefois bäillante; dans d'autres espèces (Pecten Jacobæus, maximus, etc.), les valves sont parfaitement closes, ce qui annonce que l'animal est dépourvu de byssus. Vers le centre des valves on trouve à leur surface interne une impression musculaire assez grande, arrondie et presque toujours très-superficielle.
Le genre Peigne a cela de remarquable, que presque sans exception les espèces sont ornées de côtes plus ou moins nombreuses, longitudinales et rayonnantes : ces côtes, à cause du peu d'épaisseur du test, se reproduisent en dedans et rendent les bords crénelés ou onduleux, selon leur largeur et leur profondeur.
Peu de genres de coquilles sont plus universellement répandus que les Peignes. On les trouve fossiles dans presque tous les terrains, et vivans dans toutes les mers. On en connaît actuellement près de deux cents espèces, tant fossiles que vivantes. Les environs de Paris en fournissent peu. Lamarck en a décrit trois espèces; mais nous en connaissons onze, qui sont réparties dans presque toutes les couches marines du grand dépôt parisien.