‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 345 sur 426 · LES OSTRACÉES · texte numérisé non relu

LES OSTRACÉES

LS nn DEEE à PE ME ALU EE SR: CE EAN Ten Coquille à test feuilleté ou papyracé , irrégulière, inéquivalve inéquilatérale. Charnière irrégulière,

1 10 . re 0 à TES a ligament intérieur ou demi-intérieur.

Linné avait confondu quelques espèces d'Huiîtres véritables avec les Moules, et rapportait à son genre Huitre des coquilles qui s'en éloignent, quoiqu'elles ne manquent pas de certains rapports avec lui. De nombreux démembremens, commencés par Bruguière et achevés par Lamarck, rendirent le genre de Linné plus naturel. Ces divers genres séparés des Huiîtres devinrent plus tard les principaux élémens de la famille des Ostracées, que Lamarck proposa dans la Philosophie zoologique. Cette famille était alors composée des onze genres suivans : Radiolite, Calcéole, Cranie, Anomie, Placune, Vulselle, Huïitre, Gryphée, Plicatule, Spondyle, Peigne. Si Lamarck, en formant cette famille, avait consulté davantage le grand et bel ouvrage de Poli, il est à présumer qu'il l'aurait réduite à un plus petit nombre de genres, comme il l’a fait plus tard.

En admettant une famille des Ostracés dans sa Méthode, M. Cuvier, dans la première édition du Règne animal, lui donna une extension beaucoup plus grande que Lamarck; il la divisa en deux sections: les Ostracés

à un seul muscle et les Ostracés à deux muscles, admettant dans une même famille tous les animaux qui ont le manteau fendu dans toute sa longueur, et laissant le nombre des muscles dans les caractères d’une moindre importance que celui-là. Dans la première division sont compris les sept genres Huitre, divisé en six sous-genres (Acarde, Huîtres proprement dites, Gryphée, Peigne, Lime, Houlette), Anomie, Placune, Spondyle avec son sous-genre Plicatule, Marteau, Vulselle et Pernes. Dans les Ostracés à deux muscles se trouvent les trois genres Aronde, ayant les Crénatules pour sousgenre, Jambonneau et Arche. Ce dernier genre est composé des quatre sous-genres Arche proprement dite, Pétoncle, Nucule et Trigonie. D’après l'extension considérable donnée par M. Cuvier non-seulement à cette famille, mais encore à toutes celles de sa Méthode, les zoologistes qui l'ont adoptée ont considéré ces familles comme des ordres et la plupart des genres comme des familles, C’est ce que nous observerons principalement dans la classification de M. de Férussac, ainsi que dans celle de M. Latreille. Mais avant d'examiner ce que ces auteurs ont fait pour la famille des Ostraces, il est nécessaire de jeter un coup d’œil sur les derniers changemens que Lamarck a proposés dans son Histoire des animaux sans vertébres ; changemens qui n’ont pas été sans influence sur les méthodes qui ont été publiées depuis.

Aux deux grandes familles des Ostracées et des Byssiferes de la Philosophie zoologique, Lamarck, par de nouvelles et plus naturelles combinaisons, a substitué cinq familles. Celle des Ostracées, ayant fourni des genres à celles des Pectinides et des Rudistes, a été réduite aux cinq genres Gryphée, Huiître, Vulselle, Placune et Anomie. Nous verrons que ces genres peuvent être facilement réduits, pour rendre cette famille encore plus naturelle.

M. de Férussac, suivant les rapports que M. Cuvier donna aux Vulselles, les éloigna avec raison de la famille des Ostracées, pour les introduire dans celle des Malléacées, où elles sont plus naturellement; mais il leur substitua les genres Productus, Sow., et Jodamie, Def., qui, ni lun ni l'autre, ne sont à leur place. Les Productes, par leur structure, appartiennent à la famille des Térébratules et les Jodamies à celle des Rudistes, étant un double emploi des Sphérulites.

La famille des Ostracées a subi des changemens bien plus considérables dans l’ouvrage de M. Latreille (Familles naturelles du règne animal). Il rassemble d'une manière aussi arbitraire qu'artificielle des genres dont les rapports sont pour la plupart méconnus. Pour être convaincu de ce que

vous disons, il suffit de trouver dans une premiere section les genres Calcéole, Gryphée, Jodamie, Huître, Vulselle, Producte, Podopside et Anomie; dans une seconde, les genres Plicatule et Placune, et dans une troisième les genres Houlette, Lime, Dianchore et Plagiosiome. De tous ces genres, qui constituent pour M. Latreille la famille des Ostracces, il n’y en a qu'un petit nombre qui doivent rester dans cette famille. Comme nous avons examiné, en traitant des genres de la famille des Pectinides, les rapports des genres de la seconde et de la troisième section, nous nous contenterons ici de dire quelques mots de la première, qui représente plus particulierement la famille des Ostracées des autres zoologistes. Les Calcéoles sont des coquilles sans ligament; elles doivent donc se placer pres des Cranies : par leur structure intérieure, elles ont aussi de l’analogie avec ce genre. Les Jodamies, comme nous l'avons dit dans ce qui précède, sont incontestablement des Sphérulites et doivent passer dans les Rudistes. Les Vulselles dépendent, par leur charnière, de la famille des Malléacées ; elles avoisinent les Marteaux par leurs rapports. Les Productes, comme nous l’avons déja dit, appartiennent à la famille des Térébratules; et enfin, les Podopsides, comme nous en avons donné les preuves ailleurs, ne sont autre chose que des Spondyles. Ainsi, en retranchant de cette section de la famille des Ostracées les cinq genres que nous venons de mentionner, il ne reste plus que les genres Gryphée, Huître et Anomie, auxquels nous joindrons les Placunes, qui se trouvent avec les Plicatules dans la seconde section. La famille des Ostracées de M. Latreille est loin d'être naturelle; comme on peut le voir, elle est faite en quelque sorte au hasard, et les genres qui s’y trouvent sont une démonstration que leur structure et leurs caractères intimes n'étaient pas connus : de tels arrangemens, s'ils étaient introduits plus avant dans la science, ne pourraient être que fort nuisibles à ses progrès.

M. de Blainville, dans son Traité de Malacologie, a conservé la famille des Ostracées telle à peu près que Lamarck l'avait faite; elle est améliorée en cela que les Vulselles en sont éloignées; elle se compose des genres Anomie, Placune, Harpace, Huiître et Gryphée. Le genre Harpace, comme M. de Blainville l’a reconnu d’après nos observations, est un double emploi des Plicatules. Retranché de la famille des Ostracées, elle reste formée des quatre genres qui, par leurs rapports, constituent une famille vraiment naturelle.

M. Cuvier, dans la seconde édition du Règne animal, a conservé la famille des Ostracées dans toute son étendue et a supprimé les deux divi-

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