‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 347 sur 426 · GENRE XLV · texte numérisé non relu

GENRE XLV

GRYPHÉE. Gryphæa.

Caractères génériques. Coquille libre ou plus ou moins adhérente, inéquivalve, inéquilatérale; la valve inférieure grande, concave, terminée par un crochet saillant, courbé en spirale involute ; la valve supérieure petite, plane et operculiforme. Charnière sans dents; une fossette cardinale, oblongue, arquée. Une seule impression musculaire, subcentrale sur chaque valve.

Testa libera, plus minusve adhærens, inæquivalvis, inæquilatera; valva inferior magna, CONCava; nate maximd, incurvd, in Spiram involutam terminatd; valva superior parva, plana, operculiformis. Cardo edentulus ; Jossula cardinalis oblonga, arcuata. Impressio muscularis unica , subcentralis.

Les Gryphées indiquées par Bruguière dans les planches de l’'Encyclopédie comme section des Huiîtres, furent séparées en genre par Lamarck, dans son Systeme des animaux sans vertèbres. Depuis cette époque, ce genre fui adopté par presque tous les conchyliologues et mis en apport immédiat avec les Huitres. M. Cuvier fut le seul qui ne les admit qu'a ütre de sous-genre, et en cela il eut parfaitement raison, Car nous pensons que si cl et les auteurs qui l’ont suivi avaient examiné un grand nombre d'espèces d'Huîtres et de Gryphées, ils auraient conclu à la sup-

pression de ce dernier genre et se seraient contentés d’en faire une section des Huiîtres. Il n’y a en effet aucune différence fondamentale entre ces genres. À ne voir que certaines espèces d'Huitres et de Gryphées, leur séparation semblera motivée; mais si l'on en réunit un grand nombre tant vivantes que fossiles, on observera entre les deux genres une foule de nuances et de passages qui rendra impossible la détermination exacte de leur limite : c’est ce dont nous allons donner la preuve, en examinant la valeur des caracteres attribués aux deux genres. +

Les Gryphées sont libres, dit Lamarck dans sa phrase caractéristique; puis, dans ses observations, il avoue qu’elles sont presque libres, que leur adhérence à quelque corps solide ne se fait guère que par un point. Le fait est que, sans exception, les Gryphées sont adhérentes dans le jeune âge, qu'un certain nombre d'espèces deviennent libres avant leur entier accroissement, et que les autres sont fixées pendant toute leur vie par une grande surface de leur valve inférieure.

Si nous examinons les Huitres, nous en trouvons aussi dont le point d’adhérence est si petit qu’elles sont devenues libres avant leur accroissement complet : d'autres espèces, et c’est le plus grand nombre, restent toujours adhérentes. La valve inférieure est plus grande que la supérieure aussi bien dans les Huîtres que dans les Gryphées. Dans ces dernières le crochet de cette valve, au lieu de se prolonger en arrière d'une maniere irrégulière, comme dans la plupart des Huitres, se relève en se courbant tantôt au-dessus de la charnière, tantôt sur le côté. Cette courbure du crochet, qui se montre accidentellement dans quelques Huiîtres, et la courbure latérale, qui est constante dans quelques espèces du même genre, mais d’une manière moins prononcée, indiquent bien quelle valeur on doit donner à ce caractere, qui, en définitive, est le seul qui puisse faire distinguer les Gryphées des Huitres. Si nous voulons examiner la charnière, nous la trouvons identiquement semblable dans les deux genres ; il suffit, pour s'en convaincre, de comparer quelques espèces d'Huiîtres a long talon avec les Gryphées à long crochet, et les Huitres qui ont le crochet contourné latéralement avec celles des Gryphées qui sont dans le même cas. Quant à la forme et à la position de Linq eoioe musculaire, quant à la nature du test et a sa structure, il faudrait n'avoir jamais observé pour se refuser à reconnaître que, sous ces divers rapports, ces deux genres se ressemblent parfaitement. Puisque tous les caractères essentiels d’un genre se retrouvent dans l’autre, il nous semble que leur réunion doit être la conséquence de ce fait.

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