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Description des crustacés

Nous étant chargé de la description des Crustacés, recueillis par MM. Hombron et Jacquinot , dans leur voyage de circumnavigation au Pôle sud et dans l’Océanie, nous nous sommes seulement attaché aux espèces qui ont été figurées par ces zélés naturalistes. Nous aurions désiré pousser beaucoup plus loin ce travail descriptif, mais des circonstances toutes particulières et par conséquent indépendantes de notre volonté nous ont obligé à nous borner aux espèces représentées, quoique la collection de crustacés formée par MM. les chirurgiens de l'Astrolabe et de la Zélée soit cependant considérable. Cinquante et quelques espèces appartenant pour la plupart à la section des Décapodes Brachyures, ont passé sous nos yeux , et quoique ce nombre soit bien restreint , cette revue cependant nous a permis de faire plusieurs remar-

Zonlogie. HI. 3* Partie. i

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ques fort curieuses sur la distribution géographique de ces quelques espèces et surtout sur la grande analogie de ressemblance que certaines d’entre elles présentent avec nos crustacés des côtes océaniques et méditerranéennes. Cette tendance à la répétition des formes semblables chez des animaux habitant des régions aussi éloignées géographiquement , mais aussi analogues sous le point de vue de la température , nous semble mériter de fixer l’attention des carcinologistes. Ainsi, dans la famille des Oxyrhynques, nous signalerons une espèce appartenant à la tribu des Maïens, quoique les crustacés composant le genre Maïa n’aient été connus jusqu’à présent que comme habitant les mers d’Europe. Une espèce faisant partie de cette coupe générique, Maïa australis, a été découverte dans la mer d’Australie, particulièrement dans les parages des îles Auckland. Ce crustacé rappelle tout à fait le Mata squinado (mais en petit) des côtes de l’Océan et de la Méditerranée, et le Maïa verrucosa de cette dernière mer seulement. Dans la famille des Cyclométopes , nous indiquerons le Platycarcinus Novæ-Zelandiæ , crustacé de la tribu des Cancériens, dont les espèces n’avaient été signalées que comme habitant les côtes océaniques et méditerranéennes , ainsi que celles des deux Amériques. Cette espèce qui a été prise dans la mer qui baigne la Nouvelle-Zélande, a une très grande analogie avec le Platycarcinus pagurus de l’Océan et de la Méditerranée,

le Platycarcinus irroratus de l’Amérique du nord et même le Platycarcinus longipes des côtes du Chili. Dans la tribu des Portuniens, nous mentionnerons le Portunus antarcticus qui a été rencontré dans les mers d’Australie, particulièrement sur les côtes des îles Auckland , et qui présente une très-grande ressemblance avec le Portunus puber de l’Océan et de la Méditerranée. Enfin , comme dernier exemple d’analogie de forme , nous citerons encore dans la section des décapodes Anomoures la Lithodes aniarctica , grande et belle espèce qui habite le détroit de Magellan , et qui ressemble beaucoup à la Lithodes arctica des côtes de Norwége et du Kamtchatka; cette Lithodes se plaît aussi dans la mer qui baigne les côtes du Chili , particulièrement à Chiloë , où elle a été rencontrée par M. Gay. Quant aux autres espèces ' nouvelles , elles ont leurs analogues dans l’océan Indien et dans les mers des deux Amériques, à l’exception cependant des Prionorhynchus qui n’ont encore été trouvés que dans les parages des îles Auckland, des Pelœus et des Domecia qui ont été rencontrés seulement sur les côtes des îles Sandwich, et enfin des Peltarion qui n’ont encore été signalés que comme habitant le détroit de Magellan , et qui représentent, dans cette mer le genre Atelecyclus de nos côtes occidentales et de celles du Chili. Telles

1 Les genres et les espèces portant nn t sont décrits pour la première fois dans ce travail.

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sont les quelques remarques que nous avons été a même de faire sur les crustacés recueillis au pôle sud et dans l’Océanie , et qui démontrent combien sont grandes, malgré les distances géographiques, les ressemblances de forme entre ces quelques Brachyures et ceux qui habitent nos mers. Il est probable que plus tard ces remarques prendront une plus grande extension, surtout lorsque d’autres recherches habilement dirigées dévoileront aux zoologistes les richesses carcinologiques encore inconnues des animaux marins nourris par les mers de l’Océanie et du pôle sud, et que l’on peut dire encore inexplorées.

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