SECTION DES DÉCAPODES ANOMOIIRES
Famuis des APTEB.ÜÏ1I1S.
Tribu des HOMOLIENS.
GENRE LITHODES.
Latr. — Cancer Linné. — Inachus Fabr. — Maja Bosc.
LITHODES ANTAKCTICA.
Nicolet in Gay, Hist. fisica y politica de Chile, ZooL, t. III, p. 182 (1848).
PI. 7, fig. 1.
L. omnino rubra , digitis albicantibus ; tenta tam longa qaam lata , spinis brevibus armata, his ad latera elongatioribus ; rosira brevi , curvalo , anlice maxime aculo et non bifurcato , supra quadrispinoso ; pedibus minus clongalis quam in L. arctica, spiriosulis.
Hœc species nondum adulta spinosissima est.
Long. 14 à 16 cent., lat. 14 à 16 cent.
Le genre Lithodes , créé par Latreille et adopté par tous les carcinologistes , a été pendant longtemps représenté par un nombre fort restreint d’espèces. En 18Z|2, cette coupe générique a été augmentée d’une espèce à laquelle M. Milne-Edwards et moi nous avons donné le nom de Lithodes brevtpes , Arch. du Mus. . t. II , p. A63 , pl. 2k , 25 , 26 et 27. MM. Hombron et Jacquinot en ont découvert deux autres espèces pendant leur voyage de circumnaviga-
tion, dont l’une, très-grande, a beaucoup d’analogie avec la Lithodes arctita des mers du Nord , et dont l’autre, au contraire fort petite, est bien différente par sa forme de toutes les espèces jusqu’à présent connues.
Rouge; la carapace, aussi longue que large, est subtriangulaire, plus fortement bombée en dessus qne dans les L ■ arctica et brevipes ; la surface supérieure et les bords sont hérissés d un assez grand nombre d’épines plus petites et bien moins allongées que chez les Z. arctica et brevipes; de plus, elles sont moins nombreuses, plus régulièrement disposées que dans ces espèces, et entre leur base la carapace ne présente aucune trace de granulations ni d’aspérités, comme dans la Z. arctica, mais au contraire elle est tout A fait lisse, comme chez la Z. brevipes. Le sillon transversal séparant la région cordiale de la région génitale qui est confondue antérieurement avec la région stomacale, est beaucoup plus profondément marqué que dans les L. arctica et brevipes, et la fossette ovalaire que présente de chaque côté la région stomacale est beaucoup plus prolonde. Le rostre plus allongé que dans la L. brevipes, mais beaucoup plus court que chez la Z. arctica, est très-acéré à son extrémité et non divisé en deux épines comme dans cette espèce ; il est courbé en bas vers sa base , dépasse le pédoncule des antennes externes, et présente en dessus quatre épines dont les antérieures très-rapprochêes sont les plus petites. Les orbites sont bien moins distinctes que dans la Z. brevipes, et ressemblent à ceux de la Z. arctica avec l’épine qui occupe leur angle externe plus large A sa base que chez les Z. arctica et brevipes. Les régions ptérygostomiennes sont verticales avec la suture résultant de l’union de la pièce tergale avec les pièces épiméricnnes de ce bouclier moins profondément marquées que dans les Z. arctica et brevipes ; ces dernières sont fort curieuses, et au lieu d’être distinctement divisées en quatre ou cinq pièces comme chez la Z. brevipes, elles n’en présentent que trois, les autres étant fort étroites et très-obscurément indiquées. La première portion occupant les parties latérales de la bouche ,
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offre en avant un tubercule épineux au lieu d’une forte épine comme dans la X. ôrem/.ies,-deplus, elle est couverte de tubercules assez gros, arrondis, excepté ceux des pièces situées au-dessus de la base des quatrième et cinquième paires de pattes, qui sont très-saillants et spiniformes. Les yeux, beaucoup plus grands et beaucoup plus gros que dans les X. arctica et brevipes, ne dépassent pas tout à fait l’épine qui forme l’angle externe des orbites; ils sont tuberculés à leur bord antérieur avec le tubercule situé à leur côté interne épineux. Les antennes internes sont très-allongées et s’insèrent à nu â quelque distance en arrière et en dehors des pédoncules oculaires. L’article basilaire de ces appendices est cylindrique et moins épais que dans la X. brevipes ; les articles suivants ne présentent rien de remarquable; seulement le troisième est plus allongé que chez les X. brevipes et arctica. Les antennes externes s’insèrent presque sur la même ligne que les précédentes, mais beaucoup plus en dehors et sous la portion antérieure du test ; leur article basilaire, plus court que dans la X. brevipes, ne présente au côté externe qu’une épine comme chez la X. arctica ; leur second article est plus court que dans cette espèce , mais plus allongé que chez la X. brevipes ; leur troisième article ressemble à celui de la X. arctica; seulement il est plus épais que chez cette espèce et plus allongé que dans la X. brevipes ; quant à la tige terminale, elle est très-allongée. L’épistome est très-grand et ne présente rien de remarquable. Les pieds-mâchoires externes, plus courtset plus épais que chez laX. arctica, ont leur deuxième article fortement dcnticulé au côté interne ; le troisième article est légèrement tuberculé avec son côté interne et ceux des articles qui suivent fortement ciliés. Les pattes de la première paire, moins allongées que dans la X. arctica, mais plus longues et moins épaisses que chez la X. brevipes , sont armées d’épines assez fortes, mais moins cependant que celles de ces deux espèces. Les pattes des trois paires suivantes sont moins comprimées , moins allongées et bien moins grêles que dans la X. arctica avec leurs épines beaucoup plus courtes; il est aussi à noter que le tarse est aussi bien moins allongé que celui de la X. arctica ; celles de la quatrième paire ne présentent rien de remarquable. L’abdomen ressemble à celui de la X. arctica , si
ce n’est cependant que les épines qui arment le dernier segment sont moins longues, tandis que celles des autres segments sont au contraire plus allongées que chez cette espèce.
PI. T, fig. 1 . Lithodes antarctica une 1/2 de grandeur naturelle.
LITHODES ANTARCTICA ( Jmior ).
PI. 8 , flg !>.
Long. 17, 40 et 75 millim., lat. 12, 30 et 71 millim.
Lorsque cette espèce est jeune, elle diffère beaucoup de l’adulte ; mais quand on étudie comparativement les différents âges de cette Lithodes, on ne tarde pas à s’apercevoir que les épines très-allongées et nombreuses que présentent le rostre, la carapace et les organes de la locomotion ne sont, pendant le jeune âge, que les représentants des tubercules spiniformes de l’càge adulte. En effet, ces épines trèsallongées finissent par se raccourcir et s’atténuer tellement avec l’âge, que peu à peu elles se modifient en tubercules spiniformes ; de plus elles correspondent exactement à ces tubercules , et c’est ce qu’il sera facile de voir si on compare la figure 9 de la planche 8 avec la figure 1 de la planche 7.
Cette espèce, quoique très-voisine de la L. arctica, en diffère par des caractères bien tranchés ; en effet , dans cet anomoure, la carapace est aussi longue que large, le rostre est beaucoup plus court et n’est pas bifurqué à son extrémité, comme chez la L. arctica ; elle s’en distingue encore par les épines de la carapace , qui sont plus courtes et plus régulièrement disposées , et par les organes de la locomotion , qui sont moins allongés et moins comprimés. Elle res-
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semble un peu aussi à la L. brevipes, mais sa carapace est beaucoup plus bombée, avec son rostre terminé en pointe aiguë; quant aux pattes des deuxième, troisième et quatrième paires , elles sont beaucoup plus allongées que dans la L. brevipes , chez laquelle ces organes , au contraire , sont très -courts et épais. Elle a aussi un peu d’analogie avec la L. camschalica de Tilesius in Dehaan, Fauna Japonica, p. 217, pl. kl, fig. 1 ; mais chez cette espèce, le rostre est lisse et plus allongé, avec les épines qui hérissent la carapace et les organes delà locomotion plus grandes et plus nombreuses que dans la L, antarctica. Dans le jeune âge , cette espèce rappelle aussi un peu la L. histrix de Siebold in Dehaan , Fauti. Japon. , p. 217, pl. 48, fig. 1 ; mais dans cetle espèce, outre que le rostre est beaucoup plus court , il est à remarquer aussi que la carapace est plus large, et que les organes de la locomotion sont bien moins allongés que chez la L. antarctica non adulte.
Celle espèce, qui habite les parages du détroit de Magellan , a été prise à différents âges et en assez grand nombre. Les collections du Muséum possèdent un très-bel individu de cette Lit/iodcs, qui a été rencontré sur les côtes du Chili (Chiloë) par M. Gay.
Pl. 8, fig. 9. Lilhodes antarctica [junior) — 10, abdomen de la femelle vu en dessus.— 11 , le même vu en dessous.— 12, abdomen femelle jeune? vu en dessus. 13, carapace vue de profil. — 14, pied-màchoire externe.
LITIIODES GRANUI.ATA. f
Pl. 8 , fig. 25.
L. albido-cinerea ; testa longiore quam latiore , subtrianguliformi , omnino granulosa ; lateribus anticis spinosis, posticis
granulatis ; rosir o brevissimo , obscure truncato , scnsiter curvalo, supra trispinoso ; oculis magnis, pedunculis horurn sparsim luberculalis ; pedibus primi paris brevibus , granulosis, quarto articulo inlus forliter spinoso ; pedibus subsequentibus brevibus , supra granulosis, anlice postieeque spinosis; abdo mine omnino granuloso, pvimis tantum segmentis spinosis .
Long. 12 millim., lat. 10 millirn.
D'un blauc cendré. La carapace, plus longue que large , est sublriangulaire , arec les bords latéro-antérieurs épineux et les bords latéro-poslérieurs granuleux ; elle est iortement bombée , avec le sillon transversal séparant la région cordiale de la génitale profondément marqué ; elle est entièrement couverte de tubercules petits, serrés, à sommité aplatie et granuleuse, avec les parties latérales présentant de chaque côté antérieure ment une dépression fortement accusée. Le rostre est très-court, obtusément tronqué, sensiblement courbé en bas vers la base et surmonté de trois dents spiniiormes , tuberculces , dont les antérieures sont assez écartées , grandes , et dont la postérieure est la plus petite. Les orbites sont bien distinctes en dessus, mais en dessous elle manquent entièrement de parois , et leur angle externe est représenté par une épine conique , assez forte. Les régions ptérygostomiennes sont finement tuberculées, ainsi que les pièces épimériennes , chez lesquelles on aperçoit distinctement les sutures qui divisent ces pièces, comme cela a lieu chez toutes les espèces de ce genre. Les yeux, très-gros , assez allongés , dépassent le rostre ; leur pédoncule est épais et couvert de tubercules épineux, placés pà et là. Les antennes internes sont assez grandes, et leur premier article est le plus allongé 1 . Les antennes internes sont courtes, plus allongées cependant que les antennes externes, et terminées par un filet assez prolongé ; leur article basilaire est assez grand et épineux. Les pieds-niâclioires externes sont lisses, et ne présentent rien de remarquable. Nous ne comprenons pas pourquoi on a représenté le filet terminal de cet organe trifurqué , tandis qu’il est
* Il est probable que la figure 18 qui représente cet organe est inexactement faite.
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unique. Les pattes de la première paire sont courtes, ramassées et trapues ; les divers articles qui les composent sont couverts de tubercules à sommité aplatie ; le quatrième article est armé, à son bord interne, d’une crête épineuse; le cinquième article, lisse à son côté interne, avec les tubercules qui couvrent son côté externe plus allongés , plus épineux et moins serrés que dans les articles précédents, présente, sur son bord supérieur, une petite crête épineuse; les doigts, courts, robustes, fortement ponctués , parsemés de bouquets de poils rougeâtres, sont fortement tuberculés à leur côté interne. Les pattes suivantes sont courtes, robustes, ramassées, tuberculées en dessus, avec les bords antérieur et postérieur épineux; les tarses sont courts et épineux, seulement à leur naissance. L’abdomen est entièrement couvert de tubercules petits, serrés, à sommité élargie et aplatie , à l’exception des premiers articles , chez lesquels ce$ tubercules sont épineux. Les pattes de la cinquième paire sont lisses et ne présentent rien de remarquable.
Cette jolie espèce, par sa forme trapue, par la brièveté de son rostre et de ses organes de la locomotion , rappelle en petit la Lithodes brevipes que nous avons décrite, M. Milne-Edwards et moi, dans les Archives du Muséum, t. II, p. 463, pl. 24, 25, 26 et 27 (1841).
Cette espèce, dont nous ne connaissons que la femelle , habite le détroit de Magellan ; il n’en a été rencontré qu’un seul individu , amené par la drague, à une assez grande profondeur.
Pl. 8, fig. 15. lithodes granulosa grossie. — 16, antenne externe.— 17, la grandeur naturelle. — 1 8 , antenne interne — 19 , pied-mâchoire externe. 20 , abdomen vu en dessus. — 21, extrémité grossie de l’abdomen vue en dessous.
Famiiie des PTÉRYGÜRES.
Tbibu des HIPPIENS.
GENRE REMIPES.
Latr. — Souilla Pétiv. — Cancer Herbst. — Hippa Fabr.
REMIPES MARMORATU8.
PI. 8, (lg. 22.
R. testa elongata, angustaj cinerea, sparsim fusco-marmorata, transver sim rugala ; fronte angusta, in medio emarginata , angulis lateralibus rotundalis ; antennis internis cinereis, brevibus, glabris ; pedibus primi paris albidis , fusco-ciliatis cinereo~ que annulatis ; subsequentibus tantum cinereo-maculatis.
Long. 28 millim., lal. 12 mllllm.
Elle est beaucoup plus petite que le R. testudinarius. La carapace, cendrée , marbrée de brun çà et là , est régulièrement ovalaire, proportionnellement moins large que dans le R. testudinarius ; elle est couverte de petites rides transversales , non crénelées , légèrement arquées et plus serrées que celles du R. testudinarius. Le front est étroit, à angles latéraux arrondis, et assez profondément creusé dans sa partie médiane. Les yeux sont courts et plus renflés que ceux du R. testudinarius. Le bord orbitaire supérieur, très-finement crénelé, est assez profondément creusé. Les bords latéraux de la carapace sont parcourus par un sillon , qui présente des points assez forts et peu serrés. Les antennes internes sont cendrées, courtes, avec leurs filets terminaux multiarticulés beaucoup plus épais et moins allongés que dans le R. testudinarius; le filet interne, court, plus al- Zoologie. 111. 3' Partie. 7
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longé cependant que celui du R. testudinarius , est entièrement glabre 1 . Les antennes externes sont courtes , glabres , et plus allongées que celles du R. testudinarius. Les pattes antérieures sont grandes , blanches, annelées de cendré, a-vecles cils dont elles sont couyertes , bruns , allongés et assez serrés. Les pattes des deux paires suivantes, blanches, tachées de cendré, sont grosses, et le dernier article qui les termine est bien moins hastiforme que dans le R. testudinarius; ces pattes, comme celles de la première paire, sont hérissées de longs cils bruns; celles de la quatrième paire sont terminées par un article cylindrique , arrondi à son extrémité, et fortement cilié sur un de ses bords. Quant à celles de la cinquième paire, et qui n’ont pas été indiquées dans la fig. 22, elles sont assez longues, submembraneuses, et reployées sous les prolongements latéraux de la carapace. L’abdomen , blanc , taché de cendré, est assez grand, étroit, sensiblement rebordé sur ses parties latérales, qui sont ciliées de brun ; les appendices du pénultième segment ne présentent rien de remarquable et sont fortement ciliés de brun.
Cette espèce a été prise à Rafles-Baie (côte nordouest de la Nouvelle-Zélande).
PI. 1 , fig. 22. Remipes marmoratus grossi. — 23 , patte-mâchoire externe grossie. — 24, nous croyons que c’est le dernier article d’une patte de la première paire. — 25 , une patte de la quatrième paire ? — 26 , nous ne saurions dire quelle est la pièce masticatrice que cette figure représente , à moins que cé ne soit une portion d’une patte-mâchoire de la seconde paire ?
* La figure 22 de la planche 8 , représente ce filet hérissé de longs cils ; lês quatre individus de cette espèce qui ont été déposés dans les collections du Muséum et sur lesquels nous avons fait cette description , ont tous au contraire ce filet interne entièrement glabre.