‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 41 sur 63 · ECURIES · texte numérisé non relu

ECURIES

Géné dans la construction particulière du châtejm, Mansard put au moins, dans ses dépendances, donner carrière à son génie, et les Ecuries, placées entre les trois avenues principales du

CHATEAU DE YER.1AIT.I.ES. ' .'at

diàlean, de>inrcnl de superbes accessoires dighes de la grandeur de l’ensemble du palais. Suivant le projet de Mansard , ces bâtiments devaient être liés, en tpielque sorte, à ceux de l’avaril-cour par deux gîJeries qui auraient masqué entièrement les deux lignes de maisons qui bordent la [>lace d’armes d’une manière assez mesquine, surtout celles à gauclie, à cause de leur' enfoncement.

A peu près égaux en grandeur, et parfaitement symétriques dans 4a partie apparente de leur plan^ ces édifices ne doivent leur distinction en grandes et petites écuries, qu’à ce que la première logeait les chevaux de manège et de voiture d’apparat , et la seconde les chevaux-coureure , tant de trait que de chasse. Elles furent commencées en 167g, et terminées en i685. •;

Heureux dans la disposition générale du plan de ces écuries , ainsi cpie dans la distribulion des parties qui en composent les dépendances , Mau-» sai;d ne l’a point été dans scs élé*.ations, auxquelles on peut reprocher, avec raison , un style incorrect et peu sévère , l’absence absolue du caractère propre à ces sortes d’édificas, et, p;ir conséquent une physionomie vague et insignifiante , qui laisse même à deviner l’objet de leur destination. Les galeries voûtées déstinées aux chevaux , sont très-belles , surtout celles des petites écuries qui viennent aboutir à une salle circulaire. La

QLATniEME PKOMF.NADI.

vuîilc surbaissée qui couvrait celte salle, mcD»^ çant ruine, fut remplacée par iiue calotte à plein cintre, construite en boislé{;cr, suivant le pro cédé de Plnlii)crl Dcloi nie. Attenant anx grandes écuries, est un beau manège couvert, d’une construction nom elle, et (pii a soixante-deux toises de long sur neuf de large. L’esplanade qui est deri'ièie sert de maué'ge découvert.

LA VII.LE DE VEllS^ILLES,

Il nous reste à parler des édifices de la vile tk Versailles, parmi lesquels un grand nombre appartient aussi à la couronne.

f.a \ ille est naturellement partagée , parles larges avenues du cliâleau, en plusieurs (juartiers, que divisent des rues tirées au cordeau et (jui ont de six .à vingt toises de largeur. Parmi ses places, peu nombreuses mais régulières, ou distingue la place Daiipliine.

Entre l'avenue de Paris et celle de Saiut-Cloud, on trouve la \ énerle. Le tribunal civil siège aujourd’biil dans le pavillon du grand-veneur ; les autres bàtuncnls ont été réjvarés et rendus à leur première destination.

Dans le quartier de INotre-Danie , bâti sous Louis XIV, on remarijuc l’église qui lui donne son nom , et (juc ce monarque fit ériger, en i6do.

. tA YILUi DE VERSAIllES.

»nr les dessins de J. -II. Mansard, peu apres la destruclion de IVgUse de Saint-Julien , ancienne paroisse du village de Versailles. En i684, le roi posa la première pierre de Ci lie église , qui fut terminée en 1686. Son portail, d’nii goîit médiocre, est décoré des ordres doritjue et ionnjue couronnés d’un fronton ; deux campanilles termtncnt celte ordonnance dont les entre - colonnemenl» sont fort espacés. L’inlcneur de l’église , divisé en trois nefs, est décoré d’un ordre .dorique dcntlculairc. Le dôme , qui s’élève sur la croisée, paraît trop petit pour l’édifice qui a trente-six toises de longueur et dix-sept et demie de largeur. On y remarque une Assomption, par Michel Corneille, et quelques autres lahleaux estimés; ainsi qu’une statue de la Vierge et un monument en marbre, à la mémoire du ministre de Vergennes, exécuté par Biaise. .

Le Collège Boyàl occupe l’ancien cojivent des clianoinesses augustines; ilful élevé en 176C, sur IcS dessins de Ml(jne, architecte du roi- Cet édifice peut être compté au nombre des plus beaux en son genre que la France puisse ofirir , tant par son étendue, lu beauté de sa construction que par sa jolie église. 11 peut contenir quatre cents pensionnaires.

La façade de l’é'glise , située au fond de la première cour et vis-à-vis du l’entrée , est décorée d«

324 • ‘QtATRifcsra PROMEWADK.

quatre culuniies iuiiiijiies caiiiieiccs, couronnées d’uii fronton triangulaire dont le Ij riipan est orné , d’un bas-relief représentant la Foi , l Espérance et la Cliaiité. Sous ce péristyle est placé un bas-relief • relatif au but de la fondai ion de cct ancien couvent. L’intérieur, dont le plan est disposé en croix grecrpie formée par quatre' hémicycles , est dé-^ corc de vingt-six colonnes du même ordre; on y volt A ingt bas-reliefs , par Bocclardl , représentont l’iiisloire delayiergc.Les peintures de la coupole, par Briard, représentent l’Assomption. Lagrenéc le jeune a peint, dans les pendentifs, les quatre Evangélistes. Cette petite église , dont le plan est bien disposé , la décoration d’assez bon goût , le péristyle bien en proportion et d’un bel effet, peut, en ne considérant que le but de sa destina- • T tlon primitive, mériter le reproche de montrer trop de richesse, d’élégance , d’aflétcrle.même , surtout, dans sa décoration intérieure ; quoi qu’il en «oit, comme ouvrage de l’art, cct édifice ne laisse |ias que d’ètrc très-recommandable.

On voit dans ce collège, un superbe cabinet de physique ; un autre pour la botanique ; et le cabine|. d’histoire naturelle , qui était autrefois au château.

L’Hôtel actuel de la Piéfeclurc était jadis le garde-meuble de la couronne. Cet hôtel se compose de deux maisons construites eu 1780, sur les

IA Tlltï DE VERSAILLES. , 3a5

dessins de Heurtier et réunies intérieurement . La principale renferme une belle cour; sa façade, d’na assez bon style, a vingt-deux toises d’étendue. Les appartements^sont parquetés en bois des Indes.

Le Tliéâtrc fut construit en 1777 , par Doulléc, machiniste, sur les dessins de Heurtier, architecte. La façade, décorée simplement, est ouverte de cinq arcades dans son soubassement , qui porte un grand balcon formé de balustrades; un entablcmemenl ionique conronne l’étage supérieur; et un groupe composé de figures delbalie et de Mclpoménc, sculpté par Boullée, fi cre du machiniste , surnionlc et termine celte décora-

tion. L’intérieur contient luic salle circulaire à quatre rangs de loges et un assez beau foyer. Celle salle, décorée eu arabesque et dont le ]>larond, refait en 1788, 'représente un Véla^ est d’une disposition fort heureuse; elle peut contenir quinze cents s|)Cctateurs. Les dégagements , déjà trèscommodes , sont encore augmentés par deux jiassages latéraux qui communiquent de la rue des Réservoirs aux jardins.

L’Hospice de Versailles doit sa première origine à une léproserie qu’on trouve avoir existé en 1 35o , et qui fut ruinée durant les guerres de religion. Louis XIII rétablit cet hôpital , qui fut appelé la Charité, et loua,' pour-, cet effet , une maison dont Louis XIV fit l’acquisition eu 1707. ^

, QOATMÈBE PHOMÏNADE.

Treize ans après Louis XV érigea cet hospice en infirmerie royale, et lui donna trente-huit mille neuf cents livres; il fit alors commencer, sur les dessins de Darnaudin , un ti cs-hoau hAlinicnt d’ordonnance* dorique, que les malheurs des temps n’ont pas permis d’achever. Sa chapelle s’annonce avantageusement par un péristyle formé de quatre .colonnes d’ordre dorique romain, de vingt-cinq pieds de hauteur. L’iiilciieur, disposé en rotonde, est dfîcoré de quatorze colonnes du même ordre , qui forment une galerie circulaire , surmontée d’une coupole ornée de caissons et de rosaces. Cet hospice sert maintenant aux malades de Versailles, aux militaires , ai^ o^^iphclins des militaires, et aux enfants trouTcs;1i peut contenir deux cents lits.

Dans le bâtiment qu’occupoit encore, en i8i5, la manufacture d’armes, Son altesse royale , ma- dame la duchesse d’Angoulême, a fondé un hospice pour .des pauvres orphelins. La chapelle domeslicpic a été consti uite par M..Chàtelaiii. Celte petite nef ne reçoit que par lu voûte un jour mvsléiieux, et l’air s’y renouvelle au nioven de ventilateurs cacluis au pied des statues des «louzc A|)ôtres (jui la décorent’. Par leur dis|>osilion , ces •’ ventilateurs renvoient vers la voûte l’air Irais ou dcluirs, fjiift Celle-ci, à son tour, réllcchit sur les assistants , qui sont ainsi préserv es à la fois , et des

lA TILLE DE VERSAILLES. 32 7

«curants d’airs, et de la dislracliou que causerait la vue des objets eitéiiems.

Le quartier des Près, au nord du prcccilent, fut bâti sous le règne de Louis X\ 1 d’après les plans de l'ingénieur Lel)run; il ne contient auciia édifice public. Dans le \ieui Versailles, au midi du palais, on trouve les anciens Hôtels des Ministres, dont, pendant la révolution, on fit des casernes. Celui des Affaires Etrangères contient aiijourd’liui la bibliothèque publique , qui est composée el’euviron trente mille volvunes, et dans laquelle on remarque une collection superbe des plus belles productions delà typographie , et un cabinet d’hisrtoire naturelle. <

C’est aussi dans ce quartier qu’est ce Jeu de Paume que les cvcuemenls de 1 789 ont rendu si célèbre; on j lit les deux inscriptions suivantes, gravées sur une plu([ue de cuivre : ^ .

- « Les représentants des communes de France, consti- » tués', le 17 juin 1789, en assemblée nationale, ont » prêté ici, le ao du même mois, !• serment qui suit:

« Nous jurons de ne jamais nous séparer, et de nous » rassembler partout où les circonstances l’exigeront , > jusqu’à ce que la constitution du royaume soit établie, » et alTermic sur des fondements solitles.

» Placé , le ao juin 1 790, par line société de patriotes ^

02$ QL'ATniÈME PROMENADE.

» Ils avaient juréj ils ont accompli lenr serinent le a» » décembre 1791 , l'an 3 de la liberté.

n Par la société des amis de la constitution de

> Versailles. »

Le fjnnrticr Saint - Louis, bâti sous Louis XV sur l’emplacement d’un parc destine à élever des cerfs, s’étend au midi de l’avenue de Sceaux. L’église, sons l’invocation du roi saint, aujourd’hui cathédrale, en est le monument le plus remarquable.

La première pierre en fut posée par Louis XV, en 17^13, et la construction terminée en 1764. Mansard de Sagone, ou de Jouy, le dernier des ai cliitectes de ce nom célèbre , prouva , par cctie composition , que les talents ne sont pas toujours héréditaires dans les familles. Ln plan tourmenté de lignes comités en différents sens; la maigreur des ordres dorique et corintliien ^nl décorent la façade , et sur lesquels des entablements ressautés portent des fronlons mutilés; des campanilles de mauvais goût, et, s’il se peut, un dôme plus mauvais encore, sont un témoignage ostensiltledc cette décadence de l’art, justcincnt reproché au siècle de Louis XV. Si Mansard de Sa^ne voulut donner à celte composition la légèreté qui se remarque dans les églises gothiques, on ne saurait nier qu’il n’ait presque réussi aux yeux de la multitude ; mais à ceux tle l’architecte , qu’on ne saurait tromper, il est au contrairo

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